Et si nous partions en voyage…

Le bonheur est à la Tour, cours y vite cours y vite.

Le bonheur est à la Tour, cours y vite il vaut le détour…

Une poésie détournée pour une invitation à un voyage initiatique magique, nous serons pardonnés…

Oui, il faut courir à la Tour de Défense de Villemur pour pénétrer en voyageur choyé en Pays Dogon.

Certains pensent que les plus beaux voyages se font par la fenêtre, c’est parce qu’ils n’ont pas eu la chance de parcourir le monde photographique offert par Monsieur Alain Gateau.

Et si nous partions en voyage…

Homme passionné, il a eu l’opportunité et la volonté de partir à la découverte de cette partie du pays Malien et mieux encore en citoyen investi dans le partage il n’hésite pas à nous donner le bonheur de marcher sur ses pas avec forces envies de communiquer, talents de conteur mélangés aux talents de photographe…

Des sourires enfantins, des tristesses aussi, des reflets qui ne trompent pas dans les regards, des vécus qui transparaissent, la fierté, non, la majesté d’un patriarche, le port de tête royal de belles jeunes femmes et puis des paysages…

Des paysages qui laissent augurer de la difficulté d’y vivre mais qui révèlent bien plus qu’une aridité de prime abord.

Ils révèlent l’intelligence des hommes qui les peuplent, se sont adaptés au fil du temps, y ont construit toute une culture et y perpétuent des rites où la nature tient la place qu’elle aurait dû conserver par ailleurs.

Parfois le soleil semble briller trop fort, parfois le visiteur s’interroge sur les effets pervers d’un orage pourtant salutaire, des contrastes, des lumières, des couleurs qui dépaysent…

Et puis il y a l’art, les rites et coutumes de ce pays Dogon porté sur la scène publique il y a à peine un siècle par Monsieur Louis Desplagnes puis Monsieur Marcel Griaule et la mission Dakar Djibouti (1931-1933).

Si dés la porte franchie nous partons en voyage, nous pouvons aussi prendre le temps de lire les fiches mises à disposition par ces amoureux investis de ce pays. Avec force pédagogie ils nous entrainent à l’aventure et lors du vernissage trois personnes passionnées ont su nous faire partager leurs émotions et leurs envies d’approfondir cette culture à la fois si lointaine et si proche.

Ce monde semble bien loin de notre modernité mais les rapports humains, leur complexité, le rapport à la nature laissent pensifs ceux qui veulent encore se retourner vers un passé pas si lointain.

Le peuple Dogon lui, entretient avec vigilance et respect des coutumes ancestrales, du moins pour le moment…

L’art est présent à travers statuettes et masques, des masques aux significations bien particulières et adaptés à toutes les situations de la vie comme celui représentant un lièvre « Dyommo »qui guide les hommes perdus.

Et si nous partions en voyage…

Lors du vernissage nos élus se sont révélés sensibles au « Toguna » ou case à palabre, lieu présent dans tous les villages et qui consiste en une pièce très basse soutenue par huit piliers en pierre ou taillés dans du bois. Cette pièce ouverte de tous cotés abrite les rencontres entre les hommes qui détiennent un pouvoir décisionnel.

Si les débats dégénèrent, que l’un des protagonistes s’énerve un peu et se lève brutalement pour exprimer son désaccord ou quitter les lieux, sa tête heurte le plafond. Il semblerait que cela soit suffisant pour ramener à la sagesse, nous voilà méditatifs…

Des têtes cabossées seraient-elles mieux faites et plus aptes à entendre raison ?

Pas si sûr lorsque l’on constate les effets dévastateurs de quelques égos malmenés…

Et si nous partions en voyage…

Il ne faut surtout pas passer sous silence le rôle des associations dont nous reparlerons et le travail accompli pour aider les habitants du pays Dogon à mieux vivre en améliorant des conditions d’hygiène et de développement, incitant les autochtones à participer à leur devenir. Peut-on avoir envie de quitter de tels lieux, de laisser sa famille si ce n’est pour fuir la misère ?

Il faut plusieurs visites pour découvrir la richesse de cette exposition et de ce « Pays Dogon » alors rendez-vous à la Tour de Défense jusqu’au 17mai, du lundi au vendredi de 15h à 18h et le samedi et le dimanche de 10h à 12h et de 15h à 19h.

Un grand merci aux porteurs de ce projet et à tous les artisans de sa réussite.

Pour ceux qui le souhaitaient, la soirée s’est prolongée dans l’accueillante salle d’Usinotopie avec la diffusion d’un film documentaire réalisé par Christian Lajoumard.

Nous avons fait connaissance ou redécouvert dans son cadre de vie, Yaya Coulibaly, marionnettiste et magicien renommé.

Un autre voyage passionnant pour clôturer cette fin de journée riche de découvertes, de dépaysements et d’interrogations sur nos modes de vie et nos mentalités…

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