Cesser de vivre pour ne pas mourir !

  • Un Oeil Sur Villemur

Cesser de vivre pour ne pas mourir !

 

Coincée dans son fauteuil

Elle ne dort que d’un œil

Qui, fixé sur la porte,

Implore qu’on la sorte

De cet endroit maudit

Où elle finit sa vie.

Les jours passent semblables

Il est bien lent le sable.

Elle se croit oubliée

Face à ce sablier

Qui rythme notre vie.

Tiens, ce n’est que midi.

Un plateau sur la table,

Plus ou moins convenable.

Elle n’a pas d’appétit,

Elle,  ce qui la nourrit

C’est de voir ses enfants

Même de courts moments,

Ou une aide soignante

Qui rentre souriante,

Apporte un peu d’humain

Dans ce triste train train.

De ce virus maudit

Elle n’a pas tout compris.

Elle sait qu’on en meurt,

Est-ce que ça lui fait peur ?

Virus est assassin

Solitude ne l’est moins.

Quelque part elle est morte,

Qui vivrait de la sorte ?

Elle, c’est la personne âgée

Dans sa chambre enfermée.

Il y a le téléphone

Qui lui au moins résonne

Et la ramène au monde.

De précieuses secondes!

Raisonnent dans sa tête

Qui est encore bien faite

Des tas d’informations

A donner le bourdon.

Ailleurs d’autres s’inquiètent

Et sont toujours en quête

Pour savoir son état.

Va t- elle bien ou pas ?

Ils sentent des indices

Qui disent qu’elle glisse.

Mais y a le règlement,

Face aux sentiments.

Ils attendent impuissants

Qu’on l’ouvre à deux battants

Cette cruelle porte,

 Avant qu’elle ne soit morte

Seule,  là dans son coin,

Que son œil soit éteint.

Le téléphone sonne

Il n’y a plus personne…

 

Marie Gabrielle Gimenez

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