Il n’y a pire sourd…

Il n’y a pire sourd…

La ville bruisse de toutes parts, de la campagne c’est le départ,

Et ce ne sont quelques feuillus qui font tant de bruit dans les rues.

Ici on cause du commercial, si si c’est vrai ça va très mal !

Et il parait qu’en la cité deux gros discounts vont s’installer…

Certains se gaussent en un éclair, c’en est fini du char Leclerc.

D’autres plus tristes pensent aussi, petits commerces meurent ainsi.

Le grand Mc Do est annoncé, d’autres restos il rit au nez.

Près d’un collège, z’avez compris, y a pas photos, oui tout est dit.

A nos enfants vite expliquons, en quoi consiste le goût, le bon.

Il paraitrait, certains l’affirment, la qualité tente la firme.

Du profit faudrait-il croire qu’ils ne tirent toute la gloire.

Dans d’autres coins mieux informés on cause travaux, routes fermées,

Il semblerait qu’entre deux ponts l’un ne soit plus apte à fonction.

Il va falloir le réparer et pour cela faut le boucler.

Le pont Boudy a trop souffert ; reste qu’un pont ! mais c’est l’enfer !

Et le marchand de matériaux, faut déménager illico,

Il va partir sur l’autre rive ou des commerces sont en dérive,

Et la se pose la question ; pourront-ils survivre ou bien non ?

Et de la ville tout doucement se meurt le cœur déficient.

Les médecins atteints par l’âge perdent courage.

Des remplaçants il n’y en a pas, notre contexte n’attire pas.

Si la tension monte, hé bien, on recourra au chirurgien.

Avec le progrès facétieux, on greffe un cœur là où on veut.

Et la campagne bat son plein, on cause, on jure, et même on feint.

Moi je connais la solution, faut pas le croire, il n’est pas bon !

Il paraitrait qu’il a jeté quelques fervents un peu âgés.

Mais celui-ci est plus plaisant, il nous écoute… ou fait semblant.

Combien de listes en vérité vont se créer en la cité ?

Et vous alors, qu’attendez-vous, vous êtes engagés jusqu’au cou,

Engagés certes mais à quoi, à distinguer moi de surmoi,

A poser les bonnes questions et à chercher des solutions.

Engagés certes mais pourquoi ? Pour faire vivre notre foi.

Notre objectif en ces vieux murs est de chercher d’où vient l’air pur,

De faire vivre démocratie, de mettre fin à tout déni,

De faire comprendre au citoyen que bien, sans lui, on ne fait rien.

Vous restez donc de doux rêveurs face à la horde des beaux parleurs ?

Rêveur n’est pas approprié, certains nous pensent fous à lier

D’autres nous disent dangereux et seraient prêts à faire feux.

Certains signent nos pétitions en se brulant cré non de non.

Villemurmure, Villemurmeurt, il faut lutter avec ardeur,

De droite à gauche et sans banière, sans y chercher une carrière,

Car si la belle fête mille ans, elle a perdu bien de l’allant.

Marie-Gabrielle Gimenez

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Superbe prose ou poème, tout y est dit avec beaucoup d'élégance .
Merci Marie-Gab
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