C'était il y a un an

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Les rendez-vous du « Joli mois de Mai de l’Europe » se sont terminés ce jeudi 23 à Paulhac par une conférence débat faisant suite à deux jours d’exposition et d’animations ouvertes aux écoles du Pays.

Madame la Députée Européenne Françoise Castex et monsieur le Vice Président de la Région Midi Pyrénées en charge des affaires Européennes, Gérard Onesta étaient les intervenants de cette conférence-débat organisée par monsieur Didier Cujives président du Pays Tolosan, madame Geneviève Saint Hubert secrétaire générale de la Maison de l’Europe de Toulouse et Elodie Rouquié chargée de mission Tourisme et Culture.

Didier Cujives a remercié ses invités ainsi que Madame Saint Hubert pour son concours à la mise en place et à l’animation des deux jours qui se sont déroulés dans la salle des fêtes de Paulhac.

L’Europe vue du Pays Tolosan.

Didier Cujives a tenu à rappeler l’importance de l’Europe qui à travers les dispositifs tels FEDER et FEADER a apporté son soutien à des actions impulsées par le Pays.

Pour illustrer ses propos il a cité comme exemple les partenariats entre des communes du Pays et des communes Espagnoles, Autrichiennes et Tchèques via le programme Comenius Regio.

Sur de nombreux points les actions et projets locaux sont financés via la Région par des fonds européens.

Didier Cujives a ensuite donné la parole à Geneviève Saint Hubert pour expliquer le rôle de la Maison de l’Europe basée à Toulouse depuis 27 ans.

Par de multiples missions de formation mais aussi d’information, elle réalise un véritable relais entre le citoyen et les institutions européennes. (http://www.maison-europe-toulouse.eu/)*.

De la méconnaissance importante des actions qui peuvent être menées auprès des citoyens résulte une sous utilisation de l’outil Maison de l’Europe incontournable pour que le citoyen se rapproche de ces instances mal connues.

A travers des panneaux, livres et vidéos, c’est de manière ludique que quelques jeunes élèves du Pays Tolosan sont partis à la découverte de l’Europe.

C'était il y a un an

L’Europe vue par Gérard Onesta.

Dès le début Gérard Onesta a annoncé la couleur, il va parler un langage direct, d’où sa première remarque sur le slogan utilisé sur un panneau pour décrire l’Espagne « Ambiance Festive » qui pour lui au vu de l’actualité, mériterait d’être changé.

Oui, il faut le dire, la situation actuelle est difficile et incertaine.

Il rappelle un point important : selon l’OCDE, l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques, les pays qui décentralisent le plus sont les plus aptes à faire face à la crise.

Pourtant les finances européennes allouées aux Régions vont être revues à la baisse.

A travers l’actualité sur la fraude fiscale Gérard Onesta explique que les montants estimés de 1000 Milliards d’Euros par an sont supérieurs au budget alloué pour 7 ans aux régions.

Il revient sur la désaffection des citoyens pour le vote européen, pourtant il faut savoir que 2/3 des textes votés à l’Assemblée Nationale sont issus de textes ou de déclinaisons de textes votés à l’assemblée européenne.

Il est temps de franchir un pas et de se rendre compte de l’importance de l’Europe.

Gérard Onesta pointe du doigt le paradoxe que représentent les banques ; elles ont eu le soutien de l’Europe lors de la crise bancaire de 2008 pour être maintenues à flot et spéculent aujourd’hui sur les défaillances des pays membres de la zone. Elles maintiennent ces nations sous pression. Ironie du sort !

Un travers de l’Union est dénoncé, les sommes allouées pour les financements sont plafonnées à 1,24% du PNB de chaque pays membre, ce plafonnement ne peut être changé que par décision unanime, autrement dit jamais.

L’outil Européen est un bel outil avec un beau potentiel, mais pour cela il est indispensable de le faire évoluer.

Françoise Castex Députée Européenne nous livre son expérience.

Françoise Castex explique que, considérant le territoire de représentation d’un député européen (environ 10 fois celui d’un député national), elle doit reconnaitre ne pouvoir être à la disposition de tous ses concitoyens. Les députés européens en appellent aux élus locaux afin qu’ils soient porte-parole de leurs administrés.

Bien sûr elle se rend le plus souvent possible disponible quand elle est sollicitée mais cela reste insuffisant pour prouver l’importance de l’Europe aux citoyens.

Françoise Castex partage le point de vue de Gérard Onesta sur l’ensemble des points évoqués. Elle explique que la sensibilité du parlement européen est essentiellement libérale, que sur certains points il est difficile de faire comprendre les besoins nationaux, comme par exemple l’exception culturelle française face à l’hégémonie américaine.

Par exemple, dans le cas du mandat pour l’accord du libre échange EU-USA, l’audiovisuel est exclus.

Françoise Castex admet des erreurs commises au niveau européen, faut-il pour autant sanctionner par le vote le parlement européen ? L’élection doit être comprise comme un espoir.

Pour que les choses soient claires elle explique le fonctionnement de l’Europe en matière de décision politique.

Il y a trois instances : la commission qui propose les textes, le conseil européen constitué des chefs d’états ou des ministres des pays membres, et le parlement.

Le conseil examine le texte proposé par la commission puis c’est au tour du parlement.

Dans certains pays le mandat donné au ministre fait l’objet d’un débat au parlement national. En France ce n’est pas le cas.

Françoise Castex fait un aparté sur les « partis populistes » en grande majorité eurosceptiques. Pour former un groupe au parlement les tendances politiques des différents pays doivent s’unir ; défendant leurs intérêts nationaux les groupes dits populistes n’arrivent jamais à se stabiliser dans des unions.

Il faut visualiser l’Europe comme un projet global et non national.

Françoise Castex exprime le fait que l’Europe a besoin, pour compter sur la scène internationale, de se doter d’un budget à la hauteur, basé sur des ressources propres. Or, pour cela il faut éviter les politiques commerciales d’abaissement des droits de douanes, ce qui n’est pas actuellement le cas. (Ces droits constituent une part des ressources propres de l’UE)

Le budget européen permet comme l’a rappelé Didier Cujives dans son introduction, la mise en place de politiques d’échanges inter nations et des politiques de cohésion territoriales.

Si les budgets baissent toutes les subventions s’en ressentiront.

En conclusion il est important de se mobiliser sur le vote européen, de croire en l’Europe.

C'était il y a un an

Le temps des questions.

La parole est donnée à la salle, qui ne manque pas de réflexions et de questions sur ce sujet si important.

Différentes questions et remarques portent sur l’avenir des programmes inter-régions (Comenius Regio), la montée des populismes qui laisse perplexe, le programme socio-démocrate, l’opacité organisée par les médias accusant l’Europe des maux nationaux.

Sur les projets Comenius Regio, les deux intervenants ont répondu qu’ils ne peuvent subsister que si les financements sont à la hauteur, or ce n’est pas dans l’actualité européenne, ceci est valable également pour les programmes Erasmus et la PAC (Politique Agricole Commune).

Gérard Onesta cite l’exemple des OGM pour démontrer les failles du système européen. Sur la question du principe de précaution pour les OGM, dont le but était de responsabiliser les producteurs de semences et de les pénaliser si des dégâts étaient commis sur l’environnement. L’amendement a été rejeté. Il manquait 4 voix pour atteindre la majorité « qualifiée » des 2/3.

Il découle de cela une urgence à rénover les institutions européennes en faisant « un pacte de simplification » en modifiant le rapport d’1/3 de blocage, en intégrant une harmonisation fiscale, sociale et du marché du travail. Il faut instaurer une politique économique européenne avec des axes de coopération et de développement …

Cette notion d’urgence des réformes revient souvent dans le discours et représente un ultime moyen de redonner confiance en l’Europe !

IL est nécessaire de faire un gros travail de pédagogie sur le rôle de l’Europe, des parlementaires (nos seuls représentants élus au suffrage universel direct), de leur travail au quotidien. A ce sujet une question sur le rôle des élus locaux a été formulée : comment faire pour qu’ils abordent publiquement cette thématique et en l’absence de volonté y a t-il possibilité pour des citoyens d’obtenir des aides éclairées ?

Geneviève St Hubert répond que la maison de l’Europe peut intervenir sur des propositions construites pour faire de l’information locale, que bien sûr ils sont au service des élus qui comme Didier Cujives veulent faire appel à eux !

Le temps passe et Didier Cujives reprend une dernière fois la parole pour remercier Françoise Castex et Gérard Onesta pour leur présence et la pertinence de leurs propos, remercie Geneviève St Hubert pour son aide tout au long du mois de l’Europe et le public pour sa participation.

Avant de partager le verre de l’amitié il rappelle un certain nombre d’actions locales aidées par les financements européens.

*Maison de l'Europe - Centre d'Information Europe Direct de Toulouse Midi-Pyrénées.

Sébastien Gimenez.

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J
Je suis tombé par hasard sur cet article en faisant une recherche sur l'Europe.
Je ne suis pas de Villemur, je trouve très bien l'initiative qui a été faite chez vous et je trouverais bien que ce soit actuellement mis en place partout vu le manque de connaissance des gens sur les institutions européennes et vu les échéances électorale du mois.
Bien vu
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E
Une institution trop souvent méconnue ... bonne initiative
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