Tous dans le même Bateau ?

  • Un Oeil Sur Villemur
Tous dans le même Bateau ?

Les déboires de notre ex ministre de l’écologie sont ils révélateurs des travers de notre démocratie ?

Il n’y a pas eu comme pour d’autres de tergiversation sur sa culpabilité.

Elle n’a pas respecté l’esprit d’équipe, elle est démissionnée.

L’esprit d’équipe, cette belle notion qui laisse imaginer la fraternité, la solidarité, l’ouverture.

Une équipe où tout un chacun s’exprime librement, où la hiérarchie est celle des valeurs.

Pour pérenniser une équipe, il faut dialoguer, échanger, instaurer un respect mutuel tant sur les idées que sur l’individu …

Combien sont-ils à se questionner sur cet esprit d’équipe qui va être mis en exergue au cours de l’année 2014, période électorale et électoraliste.

Respecter l’esprit d’équipe est ce se renier ou privilégier les valeurs auxquelles on a adhéré en rejoignant un groupe ?

L’esprit d’équipe peut-il, doit-il nous conduire à renier sans malaise nos convictions ?

Toute critique est-elle interdite ou est ce le fait d’exprimer publiquement son désaccord qui est condamnable ?

Ton Président, ton maire, ton chef, tu l’aimes ou tu le quittes …

Nombreux sont ceux qui ont vécu ce genre de situation et ont dû choisir.

Certains ont tenté de garder leurs valeurs, de convaincre de la nécessité de leurs actions, du bon sens de leur vision.

Il est difficile de lutter contre des égos, contre un intérêt autre que général.

Le découragement pousse parfois à la démission, cependant que d’autres, soit ingérables soit pugnaces, portent sur la place publique le désaccord.

On ne doit dire trop haut le fond de sa pensée, et les voila démis de leur fonction.

A quel titre, il est toujours aisé de trouver une raison vérifiable ou non.

Parfois on ne vous « jette » pas. Par contre, quand la personne sait trop de choses, détient des secrets, elle devient dangereuse … Alors, la stratégie d’évitement consiste à la mettre petit à petit sur la touche, à lui ôter toute prérogative, à retoquer ses dossiers. Au bout d’un temps certain, elle passe de statut d’indispensable à celui d’incapable, inutile, voir bien pire.

Nous n’évoquerons pas ceux qui même en désaccord restent solidaires d’un équipe et livrent à l’interlocuteur dubitatif des raisons plus ou moins acceptables, des projets à mener à bien… nous n’évoquerons pas non plus ceux qui restent car la place peut servir des intérêts inavouables.

Le citoyen préoccupé de l’intérêt général, sans ambition particulière, peut il encore faire partie d’une équipe ?

Certains se préoccupent du rejet syndical, du rejet politique, est-il utile de chercher bien loin les raisons, les citoyens sont désabusés, s’estiment impuissants.

Reste à espérer que le cas de madame Batho n’accréditera pas la rapide sentence « tous pourris !». Qu’il n’accréditera pas le combat de celle qui vient de perdre son immunité parlementaire pour des propos inacceptables. Reste à espérer que les électeurs en perte de repère seront conscients du danger que peut représenter une blonde quand elle est armée d’une ambitieuse intelligence.

Ce d’autant qu’elle a beau rôle à crier haut et fort qu’il n’y a pas de moralité en politique.

Reste à espérer que madame Batho est dans l’erreur, que la baisse de 7% du budget alloué à l’écologie ne signifie pas que c’est le parent pauvre.

Que son respect pour dame Royal qui a commencé sur son fief une certaine révolution écologique ne lui a pas été fatal. De 40 ans, le délai d’arrêt des centrales nucléaires est passé à 60, le débat affirme la puissance du lobbying du gaz de schiste.

La crise ne peut justifier le mépris du principe de précaution.

Souhaitons que la nomination de Monsieur Martin, hardant pourfendeur des OGM ne soit pas un leurre pour ceux qui croient.

Notre seul espoir de voir enfin respecter notre planète peut il se résumer à faire confiance à la seule commission européenne prise dans les frasque d’un accord de libre échange avec les USA dont les signes extérieurs d’amitié consiste à espionner ses alliés!

Quelle planète, quelle République allons-nous laisser à nos enfants, quelle morale est-on en droit de leur inculquer et de défendre?

Dans un tel contexte de déliquescence, une question se pose avec vigueur : pouvons-nous seulement nous contenter de rester uniquement des donneurs d’alertes pis des justificateurs de l’injustifiable ?

Marie-Gabrielle Gimenez

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Personnaly © 2014 -  Hébergé par Overblog