Premier tour des élections municipales
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SÉVÈRE GIFLE POUR LA MAJORITÉ SORTANTE MAIS RIEN N'EST JOUÉ
Par Jean Philippe TIZON.
Les chiffres se veulent sévères surtout en politique. Un tiers des électeurs villemuriens ont fait la grève des urnes. Presque 5% des votants ont exprimé un vote nul. Les listes d' oppositions de centre droit devancent largement (60,70 %) la liste sortante de Monsieur J. C. Boudet à participation socialiste ( 39,32%). L'absence d'une véritable liste de gauche et citoyenne contribue également à la baisse de mobilisation de l'électorat. Reste un second tour difficile pour lequel, au contraire des apparences, rien n'est encore joué.
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% par rapport aux exprimés (2 803) |
% par rapport aux votants (2 938) |
% par rapport aux inscrits (4 346) |
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I. Terrancle 541 voix |
19,3 |
18,41 |
12,45 |
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J. C. Boudet 1 102 voix |
39,32 |
37,5 |
25,35 |
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J. M. Dumoulin 1 160 voix |
41,38 |
39,48 |
26,69 |
Le résultat se veut sévère. La majorité sortante vient de ramasser un gifle magistrale. Le maire sortant obtient 39,32 % des exprimés, soit un petit quart des inscrits (25,35 % - voir tableau-). Pour autant, la réussite des deux autres listes de centre droit cumulant presque 61% des voix dépend de la capacité ou non de la liste « Réussir Villemur » de mobiliser les abstentionnistes, de « retourner » les électeurs -voire des candidats- des autres listes mais surtout de sa capacité à pratiquer une autocritique constructive.
La stupeur
Bien entendu, la stupeur, l'amertume se lisait sur le visage des colistiers de messieurs Boudet et Regis. « Je ne comprends pas pourquoi ils ont mis Dumoulin en tête alors qu'il ne fait rien » s'exclame un adjoint sortant.
Une amertume compréhensible pour un élu qui a fait un vrai boulot et qui a su intégrer petit à petit dans sa démarche une certaine concertation avec les différents acteurs de son secteur de compétence.
Mais le véritable enjeu pour l'équipe sortante n'est-il pas également de comprendre les raisons de la seule véritable amertume audible le soir de ce premier tour, c'est à dire celle des citoyens(nes) ?
Monsieur Dumoulin, malgré une certaine absence politique, capitalise, en plus de son abord sympathique, le rejet d'un type de fonctionnement structurel, initié sous une autre époque mais toujours présente.
Cette capitalisation s'en retrouve confortée par la liste d'opposition d'élus (es) issus(es) de la majorité qui ont dénoncé des pratiques qu'ils jugent inadmissibles. Madame Ingrid Terrancle et son équipe, dont le Premier adjoint sortant, n'ont pas fait pour ce premier tour de chauffe de la figuration.
Pour les électeurs, la majorité sortante souffre d'une double ambiguïté politique. La première est venue de l'exclusion/ départ de la maire adjointe à l'urbanisme qui reçut alors le soutien de neuf colistiers. Pour l'électeur, il n'y a pas de fumée sans feu. La seconde provient du retour en grâce de l'ancien Maire socialiste de la Ville. Ce dernier a été encensé par J.C. Boudet lors de son dernier meeting au travers de répétitifs : « il faut rendre à César ce qui appartient à César ». Une position incompréhensible pour l'électeur qui se souvient des diatribes contre l'ancien maire, son « ombre » et le déficit démocratique du mandat..
Enfin, sur le plan stratégique, il n'était pas forcément bienvenu de distribuer dans les boites aux lettres le soutien de deux élus socialistes majeurs mais sur le retour en ce temps de reniement des engagements pris par le gouvernement « de gôche» en place ; même s'il faut le reconnaître les politiques conduites par les instances départementales et régionales se veulent dans leur ensemble, non sans contradiction, socialiste au sens philosophique.
Pas d'ancrage à gauche.
Le ras le bol des affaires, la crise économique, le nombre croissant de millionnaires, le partage éhonté de dividendes, la fuite fiscale de 80 milliards/an des plus riches et/ou des grosses sociétés affectent, au vu de l'affaire Molex, aussi les électeurs villemuriens et donc leur confiance dans la démocratie délégataire. Ils ont voté massivement pour le changement, ils obtiennent une continuité politique avec son lot de régressions économiques et sociales.
Les républicains du coin doivent s'estimer heureux de ne pas avoir eu une liste FN sur la ville parce qu'elle aurait sûrement fait du mal. Les prochaines élections européennes devraient en donner une idée.
L'autre difficulté pour les électeurs sincèrement de gauche provient de l'absence d'une politique de gauche et citoyenne sur la cité. Comment peuvent-ils se reconnaître dans trois listes de centre droit (1) avec ou sans participation socialiste ?
Comment peuvent-ils se reconnaître dans la privatisation des collectes des ordures ménagères, dans le vote des élus présents de dotations horaires anachroniques en conseil d'administration face aux besoins réels du collège A.Camus, dans la difficulté majeure de pratiquer la concertation voire de pratiquer une démocratie plus participative par crainte du l'échange contradictoire ou de perdre « ses » prérogatives, etc ?
Le manque de volonté politique du PS local de conduire une liste de rassemblement à gauche ouverte à des personnes de la société civile crée l'impasse actuelle. Il va revenir aux citoyens, aux républicains, de combler ce vide et aux militants socialistes de remettre en marche leur maison en se posant trois questions majeures en cette période jauressienne, « que veut dire être socialiste et de gauche ? Quelle est la représentation du peuple et sa place dans cette pensée ? Les pratiques actuelles sont-elles foncièrement socialistes ou tiennent-elles d'une stratégie opportuniste peu claire ?
Dimanche, deux ou trois listes de centre droit seront en lice. Le danger de cette semaine porte sur une campagne de « tout sauf machin (e) » dans laquelle la vie des villemuriens, avec les questions de politiques d'intégration des populations récemment arrivées, de la politique jeunesse et d'éducation populaire, de lutte et de prévention de la délinquance, du vivre ensemble (etc?) auront encore moins de place.
Enfin, reste l'incertitude de vote des électeurs de gauche qui auront à se prononcer sur la forme et non le fond entre un homme ou une femme, la bonhomie et l'austérité, entre la zen attitude et l'agressivité de certains colistiers... Ou à voter blanc.
Quels que soient les vainqueurs ou les vaincus de dimanche soir prochain, une élection n'atteint rien de vital au titre de la personne, sinon parfois un peu d'égo écorné. Par contre, au regard de ces quelques rares candidats toujours en colère pour qui, à l'instar de Sartre « l'autre c'est l'enfer », il serait de bon conseil de leur rappeler qu'à poursuivre en ce sens, l'enfer ne serait plus les autres mais eux-mêmes.
Reste une bonne nouvelle, ce blog citoyen entend, quel que soit le vainqueur, poursuivre son activité d'éveil, de poil à gratter et d'information dans le respect des personnes et de notre ancrage à gauche et de sensibilité chrétienne. La démocratie passe par la capacité des individus à se l'approprier.
1) Par centre droit, il faut entendre orientation politique et non une critique à l'encontre de l'intégrité de personnes qui ont eu le mérite de se présenter.
