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ELECTIONS : REGARD CROISE SUR UNE « VICTOIRE » ET UNE « DEFAITE »

  • Un Oeil Sur Villemur

ar Jean Philippe Tizon

Les urnes parlent, mieux elles sanctionnent. Elles déjouent une  fois de plus les pronostics des instituts de sondage. La sondocratie subit une déroute supplémentaire, tout comme d’ailleurs la démocratie. Les citoyens (nes) ne se prêtent plus aux questions des sondeurs, elles et ils jouent avec la « médiamétrie ».

 Les français dans leur ensemble demeurent en quête de sens, de valeurs. Le peuple de gauche pratique la grève de l’isoloir, marre des discours sans lendemain, pis des pratiques dissociées des discours. Marre, de voir une institution PS de moins en moins socialiste pratiquer un « social libéralisme » autrement dit une politique de droite honteuse. Des voix plus nombreuses s’élèvent pour exiger dans ce fatras une recomposition de la gauche, des gauches. Les citoyens (nes) n’ont pas voté pour l’UMP ou pour le FN mais bien contre une politique antagoniste aux engagements pris. La méfiance de la politique -due  pour partie à l’amalgame politique/politiciens-porte le germe  de la défiance de la démocratie.

Au plan local les mêmes phénomènes produisirent-ils les mêmes effets ? Des facteurs supplémentaires interférent-ils  dans la victoire d’une équipe et dans la défaite d’une autre ? Regard Croisé.

 

Plus encore au plan villemurien qu’au plan national, il était difficile  de savoir ce qu’il adviendrait au second tour. Le premier  round électoral a exprimé un sérieux mécontentement avec 61%, chiffres cumulés des deux listes opposées à la liste sortante. Mais avec 39%, cette dernière même déstabilisée n’était pas encore à l’agonie. Avec un tiers d’abstentionniste, et presque 20% des voix obtenues par la liste d’Ingrid Terrancle, bien malin celui qui aurait pu prédire à ce moment là, la nette  victoire d’une des deux listes restées en course.

Trois variables intervenaient alors pour ce second tour :

  • la mobilisation ou non des abstentionnistes,
  • le maintien ou non de la liste conduite par Mme Terrancle avec l’incertitude sur les reports de voix
  • enfin le vote des électeurs foncièrement de gauche  (PS, PCF, écolo, FdG, etc) ne se retrouvant pas dans aucune des trois listes.

L’écart du premier tour, de 21 points avec trois listes, a été réduit au second tour à 9 entre les listes menées par messieurs Dumoulin et Boudet. Sans trop se tromper, il est possible d’affirmer qu’une large majorité de l’électorat de Mme Terrancle semble s’être rabattu sur monsieur Dumoulin et une forte minorité sur M Boudet. Ce phénomène se trouvât-il amplifié par la « charte » passée entre le conseiller général et l’ex adjointe au maire ? Cela reste difficile à évaluer.

Une partie de l’électorat de gauche a quant à lui voté blancs ou nul, une autre pour « Réussir Villemur » en espérant que l’équipe sortante ait compris le message du premier tour et enfin une minorité s’est prononcée pour « Villemur 2020 ».  Quant aux 4% de votants supplémentaires, leurs votes  n’influencent pas le résultat final. Un véritable glissement s’est produit en faveur de Mr Dumoulin

Les résultats cumulés Blancs ou nuls avec les voix de « Réussir Villemur » le prouvent. Malgré cette addition, la liste « Villemur 2020 » demeure en nombre de voix largement en tête

 « Une stratégie électorale illisible »

En plus des facteurs nationaux, les facteurs locaux n’ont pas manqué pour  agacer les citoyens. Le signe visible de l’hallali pour l’équipe sortante a  commencé au moment de l’éviction de madame Terrancle de sa délégation d’adjointe.  Cette dernière, stratégique, trouve alors le soutien de neuf colistiers et met en difficulté politique le Premier magistrat (1). Une situation qui a fini de fissurer la majorité du conseil et porte atteinte à la crédibilité de l’équipe sortante. Alors qu’une autre stratégie eut été possible. 

La suspicion a fait place en cours de mandat à l’adhésion du départ, au vu surtout des embarras majeurs  à informer sereinement la population sur les avancées exactes de certains dossiers. La langue de bois et une forme d’opacité se voulaient trop souvent la règle. Le pendant de cette pratique  conduit non seulement à gérer dans l’embarras un dialogue contradictoire, fût-il constructif-  mais aussi à ne plus entendre les demandes et les interrogations  légitimes des citoyens (nes). Cette forme d’autisme politique réduit les interlocuteurs (trices) en deux blocs, les « gentils » qui ne demandent rien mais qui n’en pensent pas moins et les « méchants opposants » qui osent soulever les différentes contradictions afin d’aider à construire au plus prés une cité au service des humains.  A cela s’ajoute le sentiment trop souvent exprimé par des personnes d’être méprisées. Une situation de ressentis, fondée ou non, qui a rafraichit rapidement les espérances soulevées  en 2008 au point que les « gentils » se sont clairement exprimés le 28 mars dernier sanctionnant de fait un état esprit plus qu’un bilan de réalisation.

Par conséquent, le vote villemurien se veut à la fois une sanction nationale à l’encontre de la gouvernance « socialiste » mais aussi une sanction sinon d’une  politique locale du moins d’une pratique politique.

 

Les meetings de « Réussir Villemur » renforcèrent le ressenti existant chez les électeurs tant par des débats ouvertement canalisés que  par une  stratégie électorale désorientante.

Ainsi trois points d’achoppement interpellèrent  alors les consciences villemuriennes.

Premier point. La diffusion du soutien affiché  de Pierre Izard et de Martin Malvy fût contreproductif sur plusieurs dimensions :

    - Bien qu’acteurs à partir de leur collectivité réciproque d’une certaine politique socialiste au sens philosophique du  terme -qui ne se veut pas sans contradictions majeures-,  ils se retrouvent dans l’imaginaire collectif coresponsables de   la dérive droitière du hollandisme ambiant et inscrit de fait  la municipalité sortante dans cette coresponsabilité

- Lors de l’élection de sa majorité  en 2008 le Premier magistrat se voulait « apolitique » ou du moins non encarté. Il lui fallait alors afficher une certaine neutralité pour piloter une majorité de centre droit qui allait du PS à l’UMP. Depuis 2012, la dimension apolitique devenant peu tenable à cause de l’existence de larges majorités socialistes dans le pays, monsieur le Maire se redéfinit comme social démocrate. Une définition particulière qui le situe paradoxalement  plus à gauche que le social libéralisme ambiant.

- enfin, le dernier élément contradictoire sur lequel les électeurs  ont achoppé porte sur la dimension anecdotique mais symbolique de l’âge des présidents de département et de région. Certains se demandent encore comment justifier d’un côté l’éviction des membres d’une liste sous  prétexte  d’un âge avancé et de l’autre revendiquer le soutien de piliers socialistes ayant  dépassé l’automne de leur vie. Bref, un comportement gérontovariable mal perçu

2)  Le deuxième point déconcertant, viendra  de l’insistance avec laquelle M Boudet entendait remercier M Fauré ancien maire PS et adversaire. Maintes fois, le patron de « Réussir Villemur » tenait à « rendre à César ce qui est à César » dans ce cas précis à « Jacques ce qui est du à Jacques ». Bref, tout un chacun se demandait, un bref instant, pourquoi durant deux mandats une telle hargne contre un Magistrat qui aurait donc fait son boulot d’élu. Au nom du respect humain, en quelques minutes la fameuse ombre  séparant les deux protagonistes disparaissait comme par magie. M Bolonini doit, depuis  l’Alsace, bien se marrer en croquant son bretzel …

3) enfin dernier point, au vu de l’orientation politique de centre droit de la gestion de la cité (accréditée par exemple par la privatisation du ramassage des ordures ménagères, le choix affirmé du soutien à la grande distribution,  le tout combiné à la difficulté de soutenir spontanément la lutte des « brussons »,celle  des parents d’élèves contre la fermeture de classe, (etc.) ) a fait croire  en l’existence d’une seule politique possible : une politique de droite . Entre une équipe de centre droit soutenue par un PS local désorienté et une de centre droit ayant un soutien UDI/UMP, les électeurs préfèrent dans ce cas l’original à la copie. Quoi de plus normal, qu’un élu estampillé de centre droit pour la conduire ?

« Du côté de « Villemur 2020 »

les ennuis commencent »

 

Mr Dumoulin a mené une excellente campagne électorale. Il  a su à peu près éviter les attaques de personnes  tout en donnant à sa démarche une véritable dimension d’écoute et de proximité avec les citoyens (nes).

Dans le contexte particulier de cette campagne tant au plan national que local, le conseiller général a joué habilement des mécontentements, des maladresses relationnelles voire des contradictions de la majorité sortante,  tout en repatinant à sa sauce  les réflexions constructives de supports citoyens.

Par contre, comme l’ancienne majorité, il crée l’illusion d’un certain apolitisme en ayant sur sa liste des personnes dites de gauche et d’autres militantes de l’UMP, tout en assumant, il faut le reconnaitre, son engagement de centre droit.

Redonner du sens, du lien, pour une cité « pacifiée » le tout en redonnant de l’écoute et la parole aux personnes, pourquoi pas ? Reste à mettre en place rapidement un tel dynamisme  en le définissant au mieux.

Un angle d’ouverture loin du « ne rien trop dire, ne rien trop faire » pratiqué dans l’opposition. Présentement, il ne peut plus être question de comportements apathiques. Ce blog a , à maintes reprises soit par ses écrits soit par des échanges directs, attiré l’attention du nouveau Premier magistrat sur ce comportement de silence qui contribuait, avec celui d’autres acteurs,  à l’entretien du déficit démocratique de cette ville. Après avoir promis l’écoute et la parole, le silence serait des plus mal venu,  quoiqu’il semble paradoxalement que le fait de ne pas s’exprimer durant ces dernières années ait été une stratégie  payante.

Cette équipe nouvelle se veut quasiment vierge en gestion politique d’une ville. Cela peut devenir une véritable  chance parce qu’un regard novice aide souvent  à appréhender les dossiers différemment, mais aussi inquiétant si la dimension culture politique reste trop faible voire trop contradictoire entre les membres de la majorité. Dans cette hypothèse, les cafouillages de départs, chose normale, peuvent devenir des tensions importantes à l’arrivée. L’exemple de l’équipe sortante en témoigne.

Reste, la dimension rupture symbolique de cette liste. 20 ans après avoir battu Léon Eechckoutte, Jean Marc Dumoulin pousse les derniers héritiers  et une certaine  conception du rapport  politique hors les murs.

Il demeure regrettable que cette « métamorphose » n’ait pu être conduite par une gauche unie débarrassée de ses fantômes  et ce depuis 2008. Il n’est pas toujours facile de tuer « le père » et encore mieux de changer radicalement de méthode de gouvernance.

La situation politique d’aujourd’hui, possède au moins un avantage, celui de la clarté politique. L’orientation politique de la ville continuera au centre droit avec un maire de centre droit

Reste bien entendu, la capacité des citoyens (nes) à interférer dans le fonctionnement de la cité (polis/ politique). La démocratie ne s’arrête pas le soir du second tour, bien au contraire. Elle dépend de la volonté individuelle et collective de lui donner le souffle nécessaire afin de conforter  la respiration de la vie.

 

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S
C'est du vieux ... Vous ressortez les archives ou faites un vide grenier ?
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O
Monsieur Tizon, dans votre analyse vous mettez en avant des arguments comme étant la seule vérité possible, entre autre en affirmant que les 4% de votants supplémentaires n’ont pas impacté qur grand-chose.<br /> Et si sans leur vote l’écart avait été non pas de 9% mais plus.<br /> Et si au contraire, le vote Terrancle s’était partagé plus équitablement et que ce soit principalement ces 4 % qui ont fait l’écart ?<br /> Des hypothèses nous pouvons en faire des dizaines, et vous en faites une que vous avancé comme étant la seule possible.<br /> Pour information, moi aussi j’ai fait une analyse, il y a eu un transfert d’environ 16% du vote Boudet vers le vote Dumoulin, cela ne veut pas dire que 16% de la population a glissé de la gauche à la droite.<br /> D’ailleurs la bonne question est quelle gauche ?<br /> Tout au long de son mandat, et encore plus pendant la campagne, Mr Boudet s’est montré étant au moins autant de droite si ce n’est plus que Mr Dumoulin.<br /> Donc à mon avis une grande partie des électeurs de gauche ont fait le même choix que moi, c’est-à-dire celui de la personne qui se montre la plus humaniste et apte à écouter et considérer ses concitoyens et pas celui qui ignore ces cons de citoyens.<br /> Pour rappel Monsieur Tizon le second tour s’est passé le 30 Mars et non le 28 Mars (se sont clairement exprimés le 28 mars dernier) soyez prudents !<br /> Dans les points que vous évoquez comme étant responsables de la défaite de Mr Boudet j’en rajouterais un qui me semble plus important que vous l’imaginez, mais bien sur comment le considérer quand celui-ci n’a rien à voir avec un fait politique mais simplement humain.<br /> Monsieur Dumoulin a été raillé pour avoir très régulièrement proposé des rendez vous citoyens autour de grillades « merguez saucisses ».<br /> Bien sur ca fait rire, surtout au sein de l’équipe réussir villemur, mais à aucun moment ces personnes se sont posés une simple question, n’est ce pas plus pertinent de dépenser de l’argent à aller voir les citoyens au tour d’un pot convivial et ainsi se montrer proches d’eux, que de dépenser des sommes importantes dans des beaux dessins sur des plaquettes onéreuses !<br /> Pour ce qui est de l’héritage de Monsieur Eechckoutte Monsieur Dumoulin l’a repoussé aux portes de la Mairie mais il reste encré dans le hall de la maison du peuple et peut à tout moment reprendre de la force.<br /> La prudence reste de mise, surtout pour une jeune équipe, qui est je pense prometteuse.<br /> Enfin pour conclure Monsieur Tizon, avec tout le respect que je vous dois, vous critiquez le coté aléatoire des analyses des sondeurs, mais sur bon nombre de points vous n’avez pas montré plus de précision lors de votre analyse des résultats, en privilégiant une hypothèse au détriment de bien d’autres.<br /> Cordialement.
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