Entre grains à moudre et valse des maux
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En peu de temps, deux discours, l’un émanant d’un maire accédant pour la première fois à la fonction, l’autre d’un Premier ministre depuis longtemps pressenti.
Des hommes de chair et de sang expliquant avec des mots forts, des voix émues, des accents de sincérité et un certain lyrisme qu’il faut croire en eux. Face à la souffrance, ils veulent parler « vrai », en appellent à la confiance comme pour éradiquer cette méfiance tueuse d’espérance. Ecoute, dialogue sont mis en avant…
Auraient-ils enfin compris ces hommes, chacun à leur niveau, que les citoyens se détournent de querelles stériles, qu’ils attendent que toutes les bonnes volontés travaillent dans le même sens, celui de l’intérêt général, au mépris des intérêts sectaires mais non des divergences de fond à analyser et à discuter.
Monsieur Dumoulin dit vouloir apaiser – pacifier dans son jargon- un territoire, Monsieur Valls, dit avoir le cœur battant…les deux discours en appellent à l’affect.
Tous deux évoquent l’intégration dans notre pays de citoyens nés à l’étranger.
A relever que dans une mairie, l’un a pu s’exprimer dans un quasi silence tendu mais respectueux, l’autre dans cette assemblée censée nous représenter a affronté un chahut puéril et indigne qui ne grandit pas nos représentants.
D’un coté, 11 socialistes et 6 écologistes se sont abstenus, de l’autre 6 élus de la nouvelle minorité.
Suspicieux, les citoyens demandent à voir…
L’un d’eux devra agir vite, l’autre repousse le changement à 2015, 2016, voire 2017…
Des dates lointaines qui localement nous ramènent à un possible collège.
Pourquoi un tel parallèle ?
Parce que ce dimanche nous avons entendu quelques commentaires dubitatifs, quelquefois ironiques…
Bien sur, en démocratie on se doit de tout écouter, de tout entendre mais logiquement, en toute impartialité nous nous devons aussi d’attendre avant de juger le travail d’un homme, d’une équipe pis de les dénigrer en tant que tel, qu’il soit de droite ou de gauche. Il est terrible dans notre démocratie déclinante, dans notre république à bout de souffle de constater la pauvreté de la pensée politique et l’émergence d’attaques sournoises sur les personnes. Une sorte de « peoplelisation » peut-être recherchée, qui détourne des vrais débats de fond.
Pour redonner du lustre républicain, il devient nécessaire que nous soyons non seulement prudents sur les dires et pratiques des uns et des autres mais aussi que nous jouions notre rôle citoyen en nous attachant aux idées tout en portant haut et fort nos espérances de gauche. Cela, en donnant du temps au temps dans une mesure raisonnable.
Marie-Gabrielle Gimenez
