Ami socialiste, entends-tu les cris sourds du pays que l’on saigne… ?
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Par Serge DAVOUST.
Lors des dernières élections municipales, le parti socialiste a payé le prix fort de ses reniements entrainant dans sa chute toute la gauche. Les socialistes ont-ils tiré les leçons de ce scrutin. ? Le doute subsiste au regard de certaines réactions de socialistes villemuriens ou nationaux et encore plus au regard des réponses politiques du Président de la République qui renforce les politiques d’austérité au lendemain des élections au son d’un « je vous ai compris ». Heureusement, certains socialistes s’insurgent, mais d’autres baissent les bras. Quelques uns, écœurés, quittent leur parti.
Il ne suffit pas d’être « un bon gestionnaire qui mouille sa chemise » pour être réélu maire comme le laissait entendre J.C Boudet lors des meetings de soutien de sa liste. De tels hommes, notre pays en compte beaucoup, de tous bords politiques. Pierre Cohen, l’ex-maire de Toulouse, en fait aussi partie. Il a pourtant chuté comme beaucoup d’autres. Les revers des maires socialistes et plus généralement des maires de gauche ont pour cause essentielle le mauvais bilan du gouvernement Hollande. Chacun devrait prêter l’oreille aux propos de Pierre Cohen qui ouvertement a mis sa défaite sur le compte de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault, à qui il a demandé de : « tirer au plus vite les enseignements ». « Il faut être lucide face à cette déferlante bleue qui n’a pas épargné Toulouse : c’est une gifle sans précédent ». Il faut reconnaître qu’il n’a pas été entendu, tout comme le peuple de gauche… qui veut une politique de gauche.
Le message gouvernemental porté par les médias tend vers la méthode Coué, « il ne faut pas vous inquiéter. On va mieux vous expliquer notre politique ». Il ne s’agit pas bien entendu d’un simple problème de communication ou de casting. Les citoyennes et citoyens loin d’être idiots, ne sont tout simplement pas d’accord, ce pour une raison très simple : les politiques que mène actuellement le gouvernement Hollande vont à l’encontre de leurs intérêts.
Pourquoi cette obstination à faire une politique de droite ? La nomination de Valls comme Premier ministre en est une dernière illustration. Les citoyens (nes) constatent que le Parti socialiste a cessé le combat contre les inégalités et pour plus de justice sociale. La liste des renoncements se veut si longue ces derniers mois que cela donne le tournis aux électeurs qui ont cru dans ces promesses. Et ce n’est pas le pacte de « responsabilité » qui rassurera ceux qui veulent un changement dans leur vie maintenant.
L’impression que le gouvernement et le Parti socialiste aient abandonné toute analyse des rapports de forces se généralise. Pourtant la société est traversée par des intérêts contradictoires, notamment économiques. Dans ces rapports de force sociaux, la gauche devrait être du côté des salarié(e)s, des plus pauvres et non du coté des possédants du capital et de l’oligarchie.
Le Parti socialiste doit assumer aussi la responsabilité d’avoir fait reculer les idées de gauche dans les têtes et dans les faits lorsqu’il parle par exemple du coût du travail au lieu de parler de la richesse qu’il constitue et du coût – exorbitant – du capital. Il a fait reculer les idées de gauche en ne s’opposant pas à la finance et au Medef et en les considérant comme des partenaires privilégiés.
Cette même formation dit encore : « c’est difficile, on n’a pas le choix ». Mais s’il n’y a pas d’alternative, à quoi cela sert de faire de la politique ? En donnant le sentiment qu’il n’y a pas d’autre voie possible, il renforce la désespérance et les partis de droite.
Le PS se veut-il encore cet outil de transformation de la société qu’il prétendait représenter ? La question se pose dorénavant avec force. Reste à espérer une réaction vive du peuple de gauche. Le travail de refondation est immense. Il devient urgent de reconstruire une gauche qui porte une alternative sociale, économique et écologique.
En premier lieu, il revient à tout à chacun, hommes et femme de se rassembler pour résister à la politique d’austérité. Politique qui n’a jamais permis à un pays de s’en sortir. Ensuite, il reviendra à ces femmes et à ces hommes d’élaborer les conditions d’une alternative aux politiques néolibérales.
Electeurs ou abstentionnistes, citoyens dont le cœur porte à gauche ; socialistes, verts , communistes… ou sans étiquette, il devient urgent d’échanger et de se rassembler- pour construire une véritable alternative de gauche, républicaine et démocratique
