TOURNER LA PAGE…
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Evidemment que toute défaite est dure à accepter, bien sur que cela fait mal. Une fois le choc passé, il faut tenter de l’analyser, cela aussi est difficile car tout un chacun réagit différemment.
C’est la faute des autres, de la conjoncture, ils n’ont rien compris !
Nous aurons notre revanche, coûte que cote, on va leur « pourrir » la vie…
Ou alors, plus calmement, il faut chercher au fond de nous, dans nos actes, les probables erreurs et lacunes.
Cela peut être très douloureux une confrontation honnête avec soi-même, pire qu’un duel avec autrui.
Et pourtant, si nous acceptions d’ouvrir les yeux, de reconsidérer nos certitudes.
Pourquoi tant de mépris, pourquoi avoir vécu les différences comme des dangers et non des complémentarités, le besoin de transparence comme des attaques personnelles, pourquoi avoir vécu l’autre, les autres en ennemis ?
Qui a le droit dans une démocratie de museler la parole sous de fallacieux prétextes ?
Comme la vie aurait pu être simple avec un minimum d’écoute, de respect, de proximité…
Mais nous sommes dans un autre monde, celui ou de telles questions ou affirmations sont puériles.
Un homme expérimenté a avoué, « En politique il faut d’abord détruire ses amis avant de s’occuper de ses ennemis »
Nous sommes dans le monde de la politique politicienne, tacticienne, œil pour œil, dent pour dent, tous les coups sont permis, rien à faire des individus, des valeurs indispensables pour les novices ou les gens probes.
Le citoyen, lui, il se questionne ; que suis-je dans ces batailles, qu’est ce qui l’emporte entre intérêt général et intérêts particuliers, intérêts partisans ?
Qui a la primeur, l’amour de soi ou celui des hommes ?
Le citoyen il est fatigué, déçu, fatigué de ces notions de plus en plus floues de droite, de gauche, fatigué de l’ancrage dans des certitudes jamais reconsidérées, tout ce qui vient d’un coté est pourri, tout ce qui vient de l’autre formidable.
Lui, il sait que tout est perfectible, lui il voudrait qu’on entende sa détresse…
Le citoyen il a soif de bonnes volontés désintéressées qui acceptent la confrontation des idées, le dialogue, qui comprennent son malaise.
Il en a marre des idées toute faites des préjugés généralistes qui détruisent le lien social.
Il voudrait qu’on lui parle, qu’on lui explique en conscience le pourquoi, le comment, il voudrait pouvoir tout seul se faire une idée sans dénigrement systématique, sans acquiescement béat au nom d’idées habilement instituées depuis des décennies.
Faire vivre un territoire au service de ses contemporains et des générations futures c’est un travail au quotidien, ancré dans des réalités de terrain, des relations saines.
Une dose de bon sens pratique, une dose de morale, un peu de cette utopie constructive tant raillée et des évolutions seraient possibles pour tous.
Cessons le mépris, faisons abstraction des rancunes, pansons les plaies, ouvrons le dialogue sans se renier, avec vigilance.
Continuons d’agir, de travailler, ne cédons pas à nos lassitudes si grandes soient-elles, mettons de coté nos déceptions pour construire l’espérance…
« La métamorphose d’un être obéit à plusieurs étapes d’évolutions successives.
La première phase est la prise de conscience qui entraîne la volonté de changement.
Dans la seconde phase, la chenille doit se purger du passé. Elle est prise de violentes coliques, diarrhées, de vomissements.
C’est une purification nécessaire mais douloureuse… »
(Encyclopédie du savoir relatif et absolu : Edmond Wells Tome VII)
Des maux peu sympathiques, et pourtant combien sommes-nous à avoir connu quelques malaises de cette deuxième phase ?
Combien sommes-nous à poursuivre la métamorphose ?
Combien pour tendre vers un monde plus juste, plus solidaire, pour un mieux vivre ensemble à construire ou reconstruire ?
Marie- Gabrielle GIMENEZ
