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Européennes en peine…

  • Un Oeil Sur Villemur
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Coup de semonce, résultat prévisible…

Le Front National est sorti gagnant de ce scrutin des européennes dans la  « Patrie des Droits de l’Homme ».

Arrivera t-il à former un groupe au sein de cette assemblée ?

Le résultat est là, beaucoup s’y attendaient, qu’ont-ils fait pour le combattre ?

La crise économique, la fin de la croissance dans notre vieux pays en perte de valeurs, le haut niveau du chômage… tout cela peut-il expliquer le résultat ?

Le Front National dit exprimer haut et fort le mal être des français et pour ce faire sans chercher de solution recevable et réalisable, accuse la mondialisation, les immigrés, les politiques au pouvoir…

En étant le seul parti à vouloir quitter l’Europe, il se différencie des autres et avec  l’arrivée du duo de  «  blondes de choc », moins polémistes que papa et papy, il arrive à fidéliser des électeurs en  désespérance.

Les français voteraient-ils donc pour le FN par défaut ?

L’UMP dont quelques membres ont l’inconscience de se réjouir de leur victoire devant le parti socialiste, est pris dans la tourmente des affaires. Les enjeux de pouvoir et les intérêts personnels ont pris le pas sur des notions républicaines.

Certains pour sortir du lot et gagner quelques grâces électoralistes n’hésitent pas à se rapprocher des thèses chères au FN, dé diabolisant ainsi ce dernier. Le prix à payer pour un petit pain au chocolat est fluctuant.

Le PS pour sa part peine à mesurer la profondeur du fossé qui se creuse entre des dirigeants sourds et des militants et sympathisants en attente d’actes forts correspondants aux promesses électorales.

Les adhérents ont-ils seulement été sollicités pour nommer les prétendants aux élections européennes ?

Ils sont pourtant nombreux au sein même du parti à crier qu’ils vont droit dans le mur, mais pas moyen de faire entendre l’ampleur du découragement. Ce sont pourtant pour beaucoup des forces vives de ce parti qui rejoignent les rangs du FN.

Hélas, ce ne sont pas non plus les autres partis de gauche qui attirent ces découragés du socialisme.

Les verts ont perdu un leader charismatique et paient leur collusion avec le PS, le Front de Gauche , fédérateur pour la présidentielle souffre entre autre d’une trop forte personnalisation de son leader qui se complet encore trop souvent dans la victimisation médiatique alors qu’il est en capacité de porter des valeurs essentielles à notre démocratie.

Il semble trop facile aussi pour nombre de politiques de mettre sur le dos de l’Europe des maux nationaux qu’ils s’acharnent à ne pas  considérer avec intelligence tant ils sont loin de leurs bases et ont oublié le bon sens commun. Ils renforcent ainsi les thèses erronées du FN qui se contente de condamner sans rechercher de solution.

De nouveaux partis de gauche  naissent, se veulent à l’écoute des citoyens, auront ils le temps de grandir ?

En fait, malgré les grands titres tapageurs,  «  séisme, tsunami, vague bleu marine », avec 56,85%, le vainqueur de ce suffrage reste l’abstentionnisme.

Bien plus qu’un désamour pour l’Europe, ne peut-on considérer la méconnaissance des institutions qui semblent lointaines et difficilles à appréhender.

Les citoyens se sentent déjà bien loin des élus censés être de proximité, alors que peuvent-ils imaginer et attendre de leurs représentants européens dont ils connaissent peut-être tout juste le nom ?

Nos voisins allemands reçoivent des informations régulières et peuvent appréhender la portée de leur vote. Chez nous la campagne s’est révélée peu porteuse, il est vrai que les municipales ont dangereusement  supplanté  ces européennes.

Et pourtant elles étaient importantes ces élections, nous avons laissé passer avec ce scrutin la possibilité d’influer sur la nomination du futur président de l’UE et de démocratiser ainsi le fonctionnement de l’Europe

Alors que l’ensemble des populations européennes souhaite une « autre Europe » l’abstentionnisme participe à laisser les représentants qui dominent l’assemblée depuis 12 ans largement majoritaires. Ce sont ces conservateurs qui ont mené jusqu’ici la politique ultra libérale avec comme conséquence une dérégulation qui sera fatale si le Traité Transatlantique vient à être voté sous sa forme actuelle.

Même sans plébiscite, ils ont été reconduits majoritairement et se battront pour imposer un Président consensuel.

La France sort affaiblie de ces élections et il lui sera difficile de s’imposer, de faire entendre sa voix.

Les électeurs déçus ont peut-être imaginé que ce vote FN européen n’impacterait pas directement la vie de leur pays, mais il se pourrait aussi que ce vote reflète un malaise encore plus grand qui laisse craindre de tristes  lendemains.

En fait on s’aperçoit que même dans des pays ou les taux de chômage sont inférieurs à 6%, les partis nationalistes ont progressé.  

Bien des problèmes doivent être réglés en Europe, que ce soit au niveau de la régulation de l’immigration, de la justice,  de la laïcité, de l’austérité, des droits du travail, de la santé…

Si tout cela n’est pas pris en compte avec lucidité, honnêteté, transparence et concertation, les nationalistes auront à cœur de jeter de l’huile sur le feu.

Et pourtant, au lieu de nous diviser, nous aurions tout à gagner à construire des solidarités, à abandonner la langue de bois pour aborder les vrais problèmes vécus par la majorité des citoyens.

Il y a bien des eurosceptiques mais ils ne sont pas contre l’Europe. Construire autrement notre Europe, c’est le challenge à relever pour endiguer la montée des nationalismes.

Utopie, pensez-vous ! Peut-être mais surement plus constructive que la méthode COUE appliquée par nos dirigeants.

 

Marie-Gabrielle Gimenez

 

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S
Une Europe en peine et un choix très difficile à accepter 70 ans après la libération.<br /> Une grande crainte à avoir et toute une mémoire à réactiver pour que le pire ne se reproduise !
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