UN AU REVOIR ET NON UN ADIEU
-
Par Catherine et Jean Philippe TIZON
Depuis quelques semaines, chères lectrices et chers lecteurs de ce blog citoyen, vous n'avez plus l'occasion de lire nos analyses, commentaires et autres traitements plus ou moins pertinents de l'information. Nous ne boudons pas. Cette situation s'explique uniquement par le fait que nous avons dû voguer vers d'autres cités pour des raisons professionnelles. Ainsi va la vie. Par contre, ce blog poursuivra son chemin avec les défauts de ses qualités et les qualités de ses défauts. Son ancrage à gauche -au sens gauche populaire- et une sensibilité chrétienne définissent sa ligne éditoriale. Un tel outil, d'éducation populaire n’entend servir telle ou telle démarche électoraliste. Au contraire, il doit rester sur ce territoire une veille républicaine pour mettre le doigt sur des pratiques allant à l'encontre d'une morale politique, de l’intérêt général, mais aussi sur celles innovantes issues de la création citoyenne et démocratique. Comme toute veille, il entend être indépendant mais pas indifférent à des orientations politiques d'où sa ligne éditoriale.
Depuis plus de cinq ans, ce support a informé, éveillé, questionné, grattouillé les consciences citoyennes, celles des élus et de décideurs divers et variés.
Nous sommes fiers d’avoir pu y participer avec nos différences, nos sensibilités.
L'engagement intellectuel, citoyen et désintéressé existe et nous l'avons montré et démontré. Tous ensemble, les « permanents » de ce blog, les collaborateurs plus occasionnels, et les lecteurs plumitifs avons commencé à libérer la parole sur ce territoire, soumis depuis trop longtemps à des potentats tant de droite que de « gauche ». Il faut continuer. Il ne peut y avoir de démocratie, de République vivante avec pour unique profil des individus / sujets subissant, tels des moutons, les diktats de la pensée dominante du moment et/ou de roitelets en mal de reconnaissance, de pouvoir voire en quête d'argent.
Le vote ou la fuite vers les sirènes du Front National demeurent une impasse politique, sociale ,parce que fondamentalement, malgré des discours contradictoires, il ne mettra pas en cause un système capitaliste aliénant avec sa quête frénétique d’argent, de pouvoirs absolus. Au contraire, l'Histoire en témoigne, il renforcera ce système en jouant de la passivité du peuple en attente d'un sauveur suprême, en fomentant les haines les plus viles entre telle catégorie et telle autre. Cette politique nous conduira jusqu'à une probable catastrophe. Sans être grand devin, le Bleu Marine donnera des bleus à l'âme de Marianne. Les récents propos de M Jean Marie Le Pen ne laissent planer aucun doute sur le fond de commerce de cette formation.
Au moment où cette planète compte trois cents millionnaires de plus donc x français, ce au détriment d'une répartition équitable des richesses, une telle formation au service du capital conduira les français à se révolter contre ...des boucs émissaires, là les juifs, ici les « arabes », les musulmans, ailleurs les pauvres qui parasitent la société, les petits contre les grands et autres variables pour entretenir toutes les divisions possibles et imaginables.
Il faut reconnaître que la droite UMP et son sous courant la droite populaire ont bien balisé le terrain en banalisant la haine, le discours sécuritaire, en divisant les français, en propageant la peur. Pendant ce temps, l'argent coulait à flot, pour quelques uns à guichet fermé, comme le laisse paraître les affaires en cours au sein de ce parti.
A gauche, François Mitterrand et ses conseillers d'alors portent aussi une lourde responsabilité morale. En autorisant et en favorisant le passage de Monsieur Le Pen sur les média publics, ils ont fait rentrer le loup dans la bergerie afin de diviser la droite et l'affaiblir. Le contrat est en passe de réussir définitivement mais à quel prix ? La maison commune sent le chaud, elle commence à brûler.
Devant l'état de déliquescence des valeurs républicaines lié au renoncement des engagements pris, au manque d'éthique, à la privatisation du pouvoir, à l'affairisme, le seul échappatoire, chers lecteurs, reste LA CITOYENNETE. Il revient tout à chacun de prendre en charge individuellement mais aussi collectivement pour non seulement REJETER une situation mais aussi pour CONSTRUIRE une autre société. Cela demande beaucoup de volonté et un peu de courage politique. L'abstention ou le FN ne peuvent devenir une solution en la matière
« DE L'UTOPIE REALISTE
OU DYSTOPIE ? »
Certains, en lisant ces lignes dénonceront la dimension utopique au nom d'un pragmatisme paravent d'une idéologie du renoncement. Renoncements malgré les engagements pris à une démocratie sociale, à de véritables contre-pouvoirs citoyens, à une mise au pas de la finance. De toute manière entre l'utopie réaliste de tendre vers plus… de partage des richesses, de justice, de fraternité et la dystopie du renoncement institutionnel, nombre de citoyens (nes) ont clairement choisi sur ce territoire.
SOUVENEZ VOUS, VOUS AVEZ PARTICIPEZ à bouger cette ville, cette Communauté de communes, les Institutions régionales et nationales.
- La lutte exemplaire des « molex » avec le soutien de la société civile a permis non seulement de maintenir une année de plus le site en vie, mais aussi à favoriser, en secouant le landernau, la création de VMI en obligeant le gouvernement sarkosyste à mettre la main dans le cambouis. Cette détermination se poursuit en Justice. Ainsi cette dernière vient de considérer que le plan de licenciement n'était pas justifié. Le temps de la Justice ne se veut pas celui du capitalisme. Celui-ci, tel un prédateur, fomente ses mauvais coups, ses crimes à la vitesse de l'éclair ou des placements des capitaux à la seconde numérique. Remettre l'humain au centre des décisions, l'idée grandit à travers le monde même aux USA. Sans cette détermination « molex villemur » serait passée dans les oubliettes des hold-up légaux et aurait conforté par le silence des pratiques de voyous. Tel ne fut pas le cas.
- La mobilisation de la société civile avec les salariés (es) de La Mie Occitane pour sauver leur outil de travail fut exemplaire. Une réussite tant que les uns et les autres sont restés unis et maintenaient un droit de regard sur l'évolution en cours. La dynamique de mobilisation combinée à l'élaboration d'un projet viable et à la recherche d'un repreneur (scop, privé ou autres) a permis non seulement de sortir des sentiers battus mais aussi de maintenir l'emploi, un savoir faire, durant deux années supplémentaires. La suite tout le monde la connaît, la division des salariés, le silence des institutions (dans quel but?) ont permis le départ des machines vers l'Espagne mais aussi détruit pour un temps la possibilité d'élaborer au plan local un circuit cours innovant entre les producteurs de céréales et une usine de transformation modernisée.
- Le rassemblement des parents d'élèves et de la société civile ont, par deux fois, empêché les fermetures de classe sur cette ville où la paupérisation culturelle dépasse la moyenne départementale. Les plus humbles, les mères célibataires, les grands parents, des personnes non concernées directement ont su non seulement dire non à l'injustice sociale mais ont fait reculer l'inspection d'académie et par conséquent le ministère avec ses ratios aberrants. L'idée de mettre les enfants au centre de l'école, de la cité a alors progressé y compris dans des consciences prêtes à la capitulation face aux injonctions du pouvoir national et de l'administration alors en place.
- La privatisation du ramassage des ordures ménagères, a été dénoncée par ce support numérique. Cette décision prise en catimini en plein été 2012 n'est pas à l'honneur des élus (es) qui l'ont votée. La politique du fait accompli avec les résultats que chacun connaît aujourd'hui conduit souvent les électeurs à douter du poids de leur vote. La mobilisation de citoyens a permis de mettre ouvertement cette aberration sur la place publique. Ces élus n'ont jamais été mandatés pour conduire une telle décision qui s’avère souvent déficiente. Les citoyens (nes) ont alors rappelé que les édiles n'étaient pas à leur compte mais bien au service de l'ensemble des personnes et à ce titre une concertation digne de ce nom avec référendum aurait du se tenir
Vous avez conduit d'autres formes d'action, il serait trop long d'en élaborer la liste. De mémoire, il faut souligner le merveilleux travail effectué autour de l'intergénérationnel, la création de « Pouss les murs » ou du souci de transparence financière et d'orientation politique (au sens associatif) par la publication sur blog des comptes et des débats lors des AG du comité des fêtes. Avec pour principe philosophique simple : l'utilisation de l'argent public doit être absolument tracée. Il appartient à la collectivité et non à quelques uns..
Illustrées par Jean de la Fontaine, ces mobilisations peuvent avoir pour morale : « Lorsque les moutons prennent conscience de leur nombre et de leur intelligence collective, les loups et autres renards repartent pour un temps bredouilles, la queue entre les jambes.
« UNE RESPONSABILITE COLLECTIVE
ET INDIVIDUELLE »
Le contexte dans lequel nous vivons aujourd’hui se veut d'une complexité absolue. Si par complexité, il faut entendre l’asservissement de l'humain au culte du veau d'or il devient alors urgent non seulement de s’indigner mais de résister à cette barbarie afin d'y mettre un terme.
Chaque citoyen (ne), militant politique, chaque élu possède une responsabilité en la matière. De terrain ou nationales, les implications de chacun afin de faire vivre les valeurs et l'éthique républicaines demeurent similaires et complémentaires.
Depuis des années, les tenants de l'ultra libéralisme entendent asservir notre culture, notre nation, nos valeurs. Notre idéal révolutionnaire (Liberté, Egalité, Fraternité) se confronte aux féodalités économiques. Ces dernières en dévalorisant la valeur travail conduisent souvent à une attitude quasi esclavagise des conditions de productions. Les tenants de ce système entendent tout corrompre, acheter les silences, détourner les regards.
Oser dire non, là ou chacun se trouve revient à passer de l'indignation à un début de résistance. Les petits ruisseaux d'aspiration à la justice font les grands fleuves de la métamorphose sociétale.
Les électeurs de gauche se sont exprimés lors des élections municipales et européennes en s'abstenant. Nombre de municipalités ont basculé de gauche vers la droite. Villemur a changé d’équipe mais reste dans une optique de centre droit. Donc acte.
Le déficit démocratique ne provient pas d'un changement d'élus mais bien del'incapacité de certains d’entre eux (sortants comme entrants) de pratiquer une autocritique constructive – et non flagellatrice- en s'interrogeant : « en quoi mon (notre) discours, mon (notre) comportement, mes (nos) décisions ont dérangé, mis mal à l'aise les citoyens ? Mes (nos) pratiques sont-elles dissonantes par rapport à mon (notre) appartenance politique ? Il revient aussi à s’interroger sur les représentations du pouvoir (pouvoir comme une fin en soi, comme un outil de transformation, comme un outil au service d'une citoyenneté (etc.) ?).
Une telle approche, se veut plus constructive que, par exemple, de rejeter ses propres erreurs sur le dos de support ayant permis l'expression et la mise en place de valeurs morales et de gauche. Il revenait un temps pour un certain Jérôme Cahuzac de rejeter ses propres erreurs sur la presse cause d'une « chasse aux sorcières ». Chacun connaît la suite.
« Un ancrage de gauche et chrétien ».
Ce blog entend défendre un ancrage de gauche populaire. C'est à dire une gauche qui entend valoriser une morale politique, le respect des différences, des fondamentaux de la république mais aussi une politique de répartition des richesses, de démocratie et de justice sociale.
La différence avec une droite républicaine défendant des pratiques similaires tient essentiellement dans la volonté de couper l'herbe sous le pied au système capitaliste en créant des régies, des SCIC ou en municipalisant certains services à l'instar de l'eau, du traitement des ordures ménagères, de la production d’électricité. Cette lutte commence là où nous vivons et travaillons
La dimension chrétienne se retrouve de son côté dans la capacité d'appréhender les systèmes en place sans juger les personnes qui en ont la charge mais bien en les interrogeant sur leur pratique. L'autre aspect vient de cette phrase : « on ne peut servir Dieu et l'Argent. L'un promeut l’émancipation humaine, l'autre sa soumission à une idole. Enfin, les Béatitudes demeurent une des sources de l'engagement humain, Heureux les affamés de justice, ils seront rassasiés....
Interpellant les pharisiens effarés, Jésus leur demande, à propos du paralytique : « qu'est ce qui est le plus difficile à réaliser : je t'absous de tes péchés ou lève toi et marche ? »
Savoir pardonner aide aussi à se mettre debout. Se mettre debout reste la première gestuelle pour apprendre à avancer. Ce blog a décidé depuis sa création d'aider les personnes à se mettre en marche et ce en conscience, tant pis pour nos pharisiens contemporains, de droite comme de gauche. Reste des « Nicodème ». Nous vous souhaitons bonne marche, bon vent à vous tous et qui sait sûrement à bientôt.
