CHRONIQUE D’UNE MORT ANNONCEE…
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Pour désendetter l’état ou des collectivités territoriales il parait qu’il faut déléguer des secteurs, sous diverses formes, Partenariat Public Privé par exemple à des multinationales. Au bénéfice de qui ?
Le 17 septembre 2014 l’autorité de la concurrence publiait un rapport afin de dénoncer les avantages consentis aux géants du BTP et à leurs actionnaires au niveau autoroutier. Monsieur Dominique de Villepin à l’origine de la privatisation, avec son ministre de l’économie Monsieur Thierry Breton, répondait ce vendredi 10 octobre sur France Inter aux questions de journalistes et d’auditeurs ;
En 2008, la Cour des Comptes reconnaissait que céder pour 14,8 milliards d’euros les infrastructures revenait à brader le patrimoine routier de la France. Précisons qu’à l’époque la perte pour l’état était estimée à 1 milliard d’euros par an, représentée par les dividendes liés aux participations de l’état.
Les sociétés d’autoroute ont été privatisées au moment où elles commençaient à être rentabilisées.
Le chiffre d’affaire des concessionnaires, VINCI, EIFFAGE… progresse régulièrement. Sept années après la privatisation les dividendes reversés aux actionnaires s’élevaient à environ 14,9 milliards d’euros.
Les coûts de fonctionnement eux sont à la baisse, 17% d’effectifs en moins, mieux encore, les sociétés auraient droit au crédit compétitivité emploi…
Peut-on considérer comme le fait l’autorité de la concurrence, comme activité de « service public » l’activité autoroutière ?
Aujourd’hui pour pallier la suspension de l’écotaxe pour les poids-lourds, la ministre de l’écologie Madame Royal évoque un prélèvement exceptionnel sur les 2 milliards de bénéfice net des sociétés d’autoroute.
Les contrats sont bien ficelés et si l’Etat voulait ainsi procéder, il serait condamné à indemniser les sociétés.
De même Michel Sapin, ministre des finances ne semble pas envisager de prolonger de plusieurs années les concessions. En fait c’est surtout l’Europe qui pourrait s’opposer à cette nouvelle faveur.
Qui comblera le manque à gagner de la suspension réitérée de l’écotaxe ?
Qui paiera l’indemnité à verser à Ecomouv, société franco-italienne qui avait mis le dispositif en place.
La rupture de ce contrat conclu sous la présidence de Monsieur Sarkozy pourrait couter aux environs d’1 milliard d’euros.
Reste à espérer que les tribunaux contrôleront la juste mesure de l’indemnité en rapport avec la réalité de l’investissement déjà effectué par Ecomouv.
La Fédération Nationale des Travaux Publics pointe déjà du doigt le risque de dégradation de la qualité des infrastructures et la destruction d’environ 6200 emplois.
Vous avez certainement deviné qui va payer ces atermoiements ?
Une fois de plus le citoyen consommateur.
Comme dit M De Villepin, « De toute façon les automobilistes râlent toujours ! »
Est-ce râler que de poser le constat de l’amateurisme ou pire, face aux importants lobbyings ?
Marie-Gabrielle Gimenez
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