Celui qui porte la haine…
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Que peut-on construire face à la haine ?
Ce sentiment exécrable est à l’origine des guerres qui perdurent et détruisent des vies innocentes.
Même Socrate, victime de calomnies, n’a pas réussi à triompher de la haine.
Se pourrait-il que la haine omniprésente dans bien des discours ou des actes soit devenue l’unique passion en politique ?
Freud expliquait « la haine provient du refus originaire que le moi narcissique oppose au monde extérieur ».
La haine consiste en une passion qui contrairement à la colère s’enracine. Le haineux est toujours insatisfait, capable de poursuivre l’objet de sa haine au-delà de la mort.
Comme la haine est une passion méchante qu’il est difficile de s’avouer, on la recouvre de mots plus politiquement corrects, colère, revanche…
Le sociologue Jean Baudrillard estime que la haine est un reste d’énergie qui se concentrerait en une passion négative, un rejet, une répulsion. Une sorte de « je hais donc j’existe ».
La haine est un sentiment qui ne devrait pas se développer chez qui se dit démocrate et pourtant...
Il suffit parfois en politique ou dans la société tout simplement, d’exprimer ouvertement des désaccords pour la provoquer cette haine. Bien des personnes ici comme ailleurs ont vécu de brusques revirements qui les ont transformées en cible de ce triste sentiment.
Pourquoi considérer comme un nuisible à détruire quelqu’un qui ne partage pas vos opinions ?
Parce que c’est le seul moyen de survivre quand parfois le manque d’intelligence ou le besoin de suprématie enferme l’humain dans ses vérités inébranlables.
James Baldwin, écrivain américain qui avait vécu une relation difficile avec son père s’exprimait ainsi « J’imagine que l’une des raisons pour lesquelles les gens s’accrochent de manière si tenace à leurs haines, c’est qu’ils sentent bien que, une fois la haine disparue, ils se retrouveront confrontés à la douleur. »
Pour l’homme de gauche qu’était Sartre, la haine débouche sur un échec inévitable « le haineux ne connaitra jamais la paix ».
En cette époque trouble où les haines se propagent de par le monde il est intéressant de relire « Le mur ».
Reste à espérer que tel un virus destructeur la haine ne se communique pas et qu’Aristote avait raison.
« Celui qui porte la haine dans la cité s’en exclut ».
Marie-Gabrielle Gimenez
