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Ma liberté de penser…

  • Un Oeil Sur Villemur

 

Mon ami Jean Philippe qui a tenté de m’inculquer quelques notions journalistiques, me dit toujours de ne pas utiliser la première personne pour m’exprimer.

« Le MOI est haïssable », voilà un sujet philosophique ardu.

Sans prétention, ni journaliste, ni écrivain, c’est juste un douloureux questionnement qui me pousse à m’exprimer en mon seul nom.

J’entends tellement de chose sur les religions, de réprobation, parce que par exemple  des chrétiens ont fait sonner les cloches  des églises en soutien à Charlie.

Ces réprobateurs semblent  considérer cela comme une injure à la mémoire de plusieurs des victimes, à leurs idées.

En tant que chrétienne, suis-je en droit de déplorer ô combien la mort de mes compatriotes.

Dois je culpabiliser, me renier, suis-je normale, acceptable ?

Tentant de cultiver ma foi, ai-je le droit de m’émouvoir, de pleurer pour Frédéric, Charb, Cabu, Tignous, Wolinski, Franck, Elsa, Bernard, Honoré, Michel, Mustapha, Ahmed …

Dernièrement, un copain apprenant que j’allais à la messe  s’est étonné : « comment peux tu être de gauche et aller à l’église ? »

Pas question en ces lignes de commenter mes divers cheminements, mes doutes, mes espérances, mes erreurs, mes forces …

Avant de voir un musulman, un juif, un chrétien,un protestant, un bouddhiste, ne peut on voir une femme, un homme, un enfant, un ado, un être humain tout simplement ?

Pourquoi généraliser, condamner ou absoudre au nom d’une appartenance ?

Tout être humain quelles que soient ses origines, sa  religion, son  sexe, a des failles, des forces, est perfectible.

Nous vivons avec notre héritage, notre éducation inculquée dès l’enfance. Libre à nous de les rejeter en totalité, en partie ou de les porter, de les transmettre.

Nous avançons en nous cultivant, par nos expériences aussi, heureuses comme malheureuses.

 Dès l’enfance, j’ai appris le respect, je l’ai souvent espéré en retour.

Comme tout un chacun, j’ai affronté des épreuves, des médisances, des injustices, qui soit poussent à la haine, soit fortifient dans le besoin de dire « plus jamais ça » pour les autres y compris.

Une devise simple est à cultiver, « ne fais pas autrui ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse. »

Avoir la foi n’oblige pas à être des « grenouilles de bénitier », des « béni oui oui »

Face à ce que traverse notre monde, le doute peut atteindre aussi ceux qui ont la foi. De nos jours encore on tue au nom de la religion.

Moi aussi j’ai ri  de certaines blagues, de certaines caricatures, de certains films sur la religion,   parfois j’ai ri jaune, pourquoi le nier ?

Je n’ai pour autant tué personne, j’ai réfléchi au bien-fondé de ce qui était dénoncé.

J’ai tremblé aussi pour ces humoristes, ces caricaturistes, les jugeant dingues de jeter de l’huile sur le feu, de prendre tant de risques.

Je ne rejetais pas leurs actes, leurs méthodes, je n’avais juste pas leur courage.

Elevée dans un pays libre j’ai peut- être oublié que la liberté d’expression doit se protéger tous les jours, se cultiver.

Elle est naturelle pour nous cette liberté d’expression même si on la trouve parfois trop policée, au nom du vivre ensemble, du politiquement correct.

En plus du talent c’est la force de Charlie d’avoir su dépasser ces notions, se libérer de toute entrave pour cibler les failles, appuyer là où ça fait mal avec ironie, provocation…

Quelques un d’entre eux, peut être tous d’ailleurs, se voulaient athées. C’était leur choix comme c’est le mien de croire que la religion porte des messages d’amour avant tout.

Que cessent les amalgames !

Il est possible d’aimer Brassens qui se disait anarchiste  et voulait bien mourir pour des idées mais de mort lente, on peut aimer Charlie et être croyant..

 Ce n’est pas au nom d’une religion qu’on ôte la vie, la lâcheté se cache sous bien des masques.

 

Marie-Gabrielle Gimenez

 

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