C’est l’histoire d’un gars…
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Que nous avons découvert sur les écrans en 2003 lors de la canicule qui a fait tant de victimes dans notre pays.
Visage poupin, tignasse brune, colère éclairée, fort en gueule…
Nous l’avons maintes fois entendu s’exprimer sur le malaise hospitalier, ciblant les failles de la Tarification A l’Activité (T2A), la toute puissance des mandarins, les avantages du service
privé, les incohérences de notre système qui conduisent droit à sa perte alors qu’ils ne fait pas de différence entre riches et pauvres et qu’à ce titre, pas seulement mais au moins à ce titre il doit être sauvé…
Comment oublier la tristesse de cet homme désemparé, ses larmes, alors qu’il venait de voir s’écrouler un pan de sa vie, de sa foi dans l’humanité lors des assassinats à Charlie Hebdo.
Lui qui disait d’une voix éteinte son impuissance à sauver ses amis, lui l’urgentiste toujours sur la brèche, lui qui avait échappé à la mort parce que ce n’était tout simplement pas son heure…
Il faut lire, relire son livre « On ne vit qu’une fois ».
A l’aube du retour de « Charlie Hebdo », à l’aube d’élections dont tout le monde semble se désintéresser, d’élections qui risquent par l’abstention de faire la part belle à un parti dont au-delà de la perte des valeurs morales il faut dénoncer les incohérences , il faut lire ce livre qui ne parle pas que d’un homme mais qui parle de la vie, de notre vie, des dérives que nous pouvons tous affronter.
Ce livre est une suite de questionnements, de propositions, d’attentes, d’incompréhension mais aussi d’espérance et d’optimisme. Une leçon de vie avec des mots simples par un homme qui côtoie la mort, qui la défie tous les jours…
Ce livre devrait être le livre de chevet de toutes ces femmes, de tous ces hommes qui disent vouloir gérer notre pays pour l’intérêt général.
Il n’est pas éminemment politique, mais tellement humain.
Beaucoup l’ont entendu Patrick Pelloux rendre hommage à la disponibilité, à la réaction certainement spontanée de l’homme François Hollande que Charb « aimait bien ». On l’a vu dans les bras du Président de la République, on avait le sentiment d’une réelle empathie qui nous le rendait sympathique ce président tant décrié.
Combien se sont interrogés sur la part de sincérité en repensant aux « sans dents ».
Un homme peut-il feindre à ce point face à un autre effondré dont les épaules aussi carrées soient-elles ne peuvent plus porter tant de fatigue et de détresse ?
A la lumière des évènements de janvier, ce livre apporte bien des éclairages sur notre société.
Il oblige à faire face à la surdité politique, à la solitude humaine, à l’inconscience, la bêtise pour rester correct, la misère morale, physique, l’enfance trop tôt perdue, le viol, les SDF…
Quelques extraits : « être journaliste, ce n’est pas être un justicier, ni un policier, ni un homme de pouvoir… » « Il faudra bien un jour se poser la question de l’efficacité des missions sociales pour aider la grande exclusion… »
Il faut lire aussi page 201 « une urgence psychiatrique : la politique » qui résonne lucidement et lugubrement même si la fin est raisonnablement nuancée.
Cavanna, la disparition de Cavanna « depuis Charlie Hebdo continue, fidèle à ses traditions avec les mercredis la conférence de rédaction. Est-ce Cavanna, ce courant d’air qui passe pour vérifier si nous pouvons faire rire les lecteurs, poiler la France et emmerder les cons ?
Restons toujours bêtes, parfois méchants mais toujours vivants. »
Les courants d’air se sont multipliés à Charlie Hebdo…
« ON NE VIT QU’UNE FOIS » Patrick Pelloux
Editions « Cherche-midi »
Préface de Charb, postface de Cynthia Fleury.
Prix : 18€50
