L’information devrait toujours être au conditionnel…
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Il faudrait toujours s’en souvenir, seul un citoyen honnêtement informé se positionne en connaissance de cause.
La démocratie ne peut se nourrir que d’informations non faussées et la responsabilité de celui qui la fournit est engagée. Libre à chacun ensuite de se l’approprier, de se questionner en son âme et conscience, d’extrapoler, voire déformer…
Vérité et transparence sont sœurs de la démocratie.
L’information peut se heurter au « politiquement correct » qui voudrait que l’on dissimule parfois afin de ne pas troubler la tranquillité, la morale bien pensante.
Tellement plus facile de se croire au pays des bisounours comme disent certains.
Nous venons de vivre le poids des lobbyings qui ont cherché à museler certaines informations à travers la loi Macron. Et pourtant combien étaient-ils à se mobiliser pour la liberté d’expression ?
Il faut avoir grandi dans le sérail politicien pour ne pas se heurter de tels revirements.
Un vent frondeur s’est levé et a fait heureusement échouer la tentative. Ne nous endormons pas, il y aura récidive. Et puis ce vent frondeur que peut impulser la presse, il se devrait de souffler en maintes occasions…
L’information est aussi souvent défigurée par des intérêts personnels. Sans mentir effrontément il est aisé d’aménager la vérité, d’en faire une propagande avec la notion péjorative que ce mot comporte.
Propagande avec des chiffres exacts mais savamment exploités et difficilement contestables par qui ne détient pas tous les éléments à considérer.
Tout le monde sait par exemple la fragilité des sondages et l’interprétation qui peut en découler.
Cela est d’autant plus facile si l’information s’adresse à un public déjà gagné ou non initié et par conséquent incapable de discerner le vrai du faux.
Pour informer il faudrait se baser sur les faits, les faits seulement, évacuer l’émotionnel, le ressenti, la possible rancœur, l’espérance aussi.
L’espérance, elle nourrit mais peut aussi altérer la claire vision des choses.
A force de se vouloir positif, le risque peut survenir d’occulter des dérives.
Se vouloir méfiant peut aussi pousser à noircir le tableau.
Il faut laisser la liberté de penser et pour cela ne pas tronquer l’information.
L’opinion ne devrait jamais prendre le pas sur les faits en matière d’information. Cette conception reste à l’épreuve de l’humain.
Comment rester de glace en certaines situations lorsque l’on a innocemment cultivé la foi dans la morale et le respect de valeurs aujourd’hui si facilement bafouées.
Reste que se vouloir porteur d’information est une terrible responsabilité dont il faut lucidement garder conscience quand on veut préserver son intégrité.
Quand l’on est honnête, conscient d’être berné, manipulé, ou dans l’incertitude, il serait peut être préférable d’abdiquer plutôt que de courir le risque de devenir à son tour manipulateur.
Mais peut-être serait-il bon aussi de réfléchir encore: « C'est quand on n'a plus d'espoir qu'il ne faut désespérer de rien. » Sénèque.
Marie-Gabrielle Gimenez
