Elections départementales. Le second round ?
-
Le tableau ci-dessus rappelle les résultats des cantonales de 2008 pour Villemur avec comparaison des résultats de ce premier tour sur un canton qui serait identique.
Parfois, les chiffres peuvent se passer de commentaire tout en interrogeant.
La candidate socialiste d’alors, Claudine De Truchis, connaissait le terrain, avait des positions affirmées en matière sociale, savait ce que signifiait proximité.
Elle ajoutait à tout cela une certaine modestie permettant d’écouter tout le monde sans mépris.
Pour conclure, les histoires de personnes et les polémiques stériles n’étaient pas son propos, son objectif étant de s’attacher avec lucidité aux attentes de la population.
Il est possible d’argumenter que le sinistre Molex est passé par là, que Brusson a continué sa descente jusqu’aux enfers, que la gauche est au gouvernement, qu’il y a eu « Charlie » et de tristes amalgames…
Le mode de scrutin peut interroger, tout comme le redécoupage et la volonté de parité.
Peut-on se féliciter de survivre au micro séisme Front National ?
Nous devons tous balayer devant notre porte. Parti communiste, front de gauche gagnent trois petits points.
Il est difficile d’expliquer à des personnes en souffrance qu’ôter les moyens de survivre à une partie de la population ne diminuera en rien leur détresse à elles.
Que si il y a triche, cela est simple à déterminer avec une réelle volonté politique et qu’il est par trop facile de stigmatiser des individus et de ressortir les mêmes arguments aux moments cruciaux sans avoir rien fait pour combattre toutes les fraudes.
Des fraudes, il y en a qui sont bien plus perfides que celles mises constamment en avant.
Qui durant cette campagne a parlé de s’attaquer à la finance ?
Qui a tenté d’expliquer les rouages de l’Europe, ennemi numéro un d’un certain parti, pourtant combien de subventions ?
Un parti qui n’hésite pas à affirmer qu’ils sont élus européens non pour changer et construire différemment l’Europe mais pour la détruire.
Qui a porté au niveau local le débat sur ce Grand Marché Transatlantique (TAFTA) qui impactera même le département sans parler des petites entreprises et de l’agriculture dans notre milieu encore rural.
Réagir avec colère face au désarroi en donnant des pouvoirs à un parti qui stigmatise, trompe et sème la haine ne peut se concevoir sans réfléchir qu’un jour, tout un chacun peut être victime de cette haine, de cette stigmatisation, de cette tromperie.
Il ne faut jamais oublier le passé, il est source de réflexion quand on a des ancêtres qui ont combattu et fuit le fascisme. Notre pays en compte beaucoup.
Tout cela ce ne sont que des mots faciles à mettre en avant. Quand on a ce qu’il faut pour vivre il fait bon parler solidarité à des jeunes en recherche d’emploi, à des ouvriers , des agriculteurs menacés, à des artisans ployant sous les charges et les directives non imposées aux grands patrons, des retraités qui vivent chichement après avoir travaillé toute une vie et nous en oublions bien sûr…
Mais qui dit qu’il n’y a pas aussi un vécu, un vécu difficile qui malgré tout rejette la haine des autres car elle n’a jamais conduit vers le meilleur la haine.
Pas question de jeter l’opprobre sur des électeurs, des citoyens en perte ou en recherche de repères.
Qui serions nous pour nous permettre de donner des leçons ?
Nous sommes conscients de notre peu d’importance, nous ne voulons être rien d’autre que des vecteurs de paix sociale, d’unité et de recherche des vraies valeurs humaines en conscience des dérives actuelles.
Rejeter la faute sur les politiques c’est aussi facile lorsque l’on n’est pas aux manettes. Cela doit-il empêcher de faire face et de s’interroger et d’interroger ?
Entendre Monsieur le Président du Conseil Général en partance expliquer la nécessité de la défense du service public et avoir subi en catimini la privatisation de la collecte des ordures ménagères, l’entendre expliquer les points forts du numérique et subir la fracture criée haut et fort depuis 2008...
Répondre à des contestations sur des chiffrages en mégotant entre subventions et contributions en jetant en pâture en la décrédibilisant une jeune élue pas vraiment au fait des pratiques politiciennes, en passant sous silence la prise de position d’un élu de gauche qui ne se renie pas…
Entendre en présence d’un « syndicaliste » CGT un ancien sénateur dénoncer ces « communistes » qui n’ont d’autre ligne de mire que Monsieur Macron, il est vrai grand bienfaiteur de la classe ouvrière…
De même, que dire entre autre à la droite qui semble ne pas craindre la future métropole, qui veut sécuriser à l’aide de caméras qui ne remplaceront jamais l’humain ?
Des caméras reliées où, à quelques boites privées qui appelleront la gendarmerie en sous effectif. Il faudra déposer une plainte qui aura aussi peu de chance d’aboutir que celle portée pour l’incendie Brusson.
Un incendie qui restera impuni, une impunité qui ne trouble pas plus que cela tant à droite qu’à gauche.
Il faut cesser de prendre les citoyens pour des imbéciles. Le cumul des mandats, les affaires, les oligarchies, le sentiment d’être la dernière roue du char, la perte de morale, de valeurs, l’insécurité tant physique que financière et toujours pour les mêmes…
Il est certes plus facile de dresser un constat que de trouver les bonnes solutions qui satisfassent démocratiquement le plus grand nombre.
Le coup de semonce donné lors de ces élections doit faire réfléchir tous les citoyens, tous les démocrates.
Des élus honnêtes et responsables, il y en encore, à droite comme à gauche, alors redonnez du sens à la politique, au mot démocratie. Cessez les querelles de personnes, les mépris sexistes, échangez sans haine, ironie. Ne laissez pas croire que seul battre l’autre, l’ennemi vous stimule. Que sont les citoyens ?
Avez-vous enfin réalisé où nous mènent les dérives ?
Vous vous dites de proximité mais vous êtes trop nombreux à mépriser le peuple, à vouloir l’infantiliser par des consignes de vote en inadéquation avec tout le discours tenu hors et durant les périodes électorales.
Que croyez vous que les combats de coqs au sommet de l’Etat puissent construire ?
Dites leurs vous à ceux qui sont au sommet, si vous avez enfin compris, vous qui vous dites nos représentants que nous n’en pouvons plus.
Les électeurs ils sont plus nombreux que vous ne le croyez à être matures et hélas vaccinés.
Leur reste à prendre avec force leur place citoyenne, à être des acteurs de leur devenir sans s’accommoder de mirages par trop simplistes, sans se satisfaire de délégations.
Les élus en quête de pouvoir sont prêts à tout changer, quand ils sont au pouvoir pas grand-chose ne change, parfois c’est même pire, une seule constante, l’appropriation du pouvoir, ils se pensent et se veulent indétrônables…
Il serait dommageable que dans cinq ans, dix ans nous fassions encore le même constat qu’il y a dix ans, cinq ans, aujourd’hui, où que nous n’ayons même plus le droit de le faire ce constat…
Nous pouvons comprendre la nécessité de réformes d’un monde qui change mais elles doivent se faire avec justice et équité dans le respect de notre devise, liberté, égalité, fraternité, cette devise qui porta si haut notre France….
Marie-Gabrielle Gimenez

