« Nous avons les élus que nous méritons »
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C’est sur France Inter que Monsieur Jean-Christophe Lagarde, Président de l’UDI et maire de Drancy, donc bien au fait de ce qu’il avance, a lancé cette affirmation récurrente.
Une fois la réaction épidermique apaisée, tentons de réagir à la sentence.
Les postulants se présentent aux élections pleins de bons sentiments, de bonnes intentions, de sollicitude, c’est sûr, ils nous comprennent.
Les périodes électorales sont fabuleuses, nous sommes entre amis, nous nous écoutons, voyageons dans le même bateau, elles font tomber bien des barrières.
Hélas, elles ne sont qu’éphémères, pas les barrières, non, non, les périodes, le bateau prend vite l’eau et cherchez qui se noie alors que d’autres gardent les confortables bouées…
Alors bien sûr, scandales financiers, concentration et confiscation des pouvoirs, clientélisme aidant, tout le monde jure, on ne nous y reprendra plus et…
Il y a les militants purs et durs qui ne dévieront pas d’un iota de la foi ancrée en leur parti, et puis il y a ceux qui deviennent des frondeurs, ceux qui changent opportunément de camps et la grande masse qui dans l’indécision se dit « si on essayait les autres ».
Et vlan, rebelote, ils sont pareils si ce n’est pire et c’est là que criant au scandale surgit le mirage de l’ange blond. Une sorte de Jeanne d’Arc pas en voie de sanctification, excusez nous Jeanne, elle va bouter les étrangers hors de France, rétablir la préférence nationale chère à papa…
Une caricature ! Êtes-vous bien sûrs ?
Mais revenons à notre sujet. Nous sommes mis en cause par l’affirmation en titre, que faire ?
Difficile de savoir tout autant que de jouer les naïfs. Difficile de connaitre tous les arcanes du pouvoir. Nous sommes humains, donc faillibles, il est parfois très dur d’imaginer la capacité de duplicité d’un élu déjà bien formaté. De toute façon même les plus honnêtes s’ils veulent survivre et prospérer, car la politique est une forme de CDI, tomberont dans la marmite et apprendront à nager, surtout pas à contre courant, quel que soit le courant. Entre amis on s’arrange toujours et sans compromissions, pas de mauvais esprit s’il vous plait !
Alors que peut faire le citoyen que l’on dit responsable de ses élus ?
Il tourne en rond, il se morfond, pauvre citoyen perdu dans le dédale politicien !
Il se décide, il opte pour le « tous pourris » et c’est terminé, plus question de se fourvoyer, il s’abstiendra, au moins il ne sera pas responsable de l’échec…
Il ne cautionnera pas, oh oh, le mot ressemble à une auto flagellation, voter ce serait cautionner les dérives, rien que ça…
Mais attendez un peu, ne pas voter c’est quoi alors ?
C’est cautionner la montée, toute relative, de l’épouvantail FN !
Ah c’est donc ça, il faut donc retourner vers les urnes pratiquer le « vote utile » si peu démocratique puisqu’on ne vote plus pour ses idées mais pour le candidat le moins pire comme ils disent…
C’est ce que à l’aube de ces départementales nous entendons, droite ou gauche, surtout pas les extrêmes dévastateurs.
C’est un peu, « Citoyens, prenez vos responsabilités » ou plutôt les responsabilités qu’au nom du politiquement correct, eux, nos représentants n’ont pas le courage de prendre car ces partis extrêmes, soit ils sont républicains, soit ils ne le sont pas et on les interdit.
Eh Marianne, il faudrait que tu tranches, toi une femme, tu as déjà su nous montrer ton courage, alors… bon, on en rediscutera, tu as raison, ne nous trompons pas ce serait trop grave.
Donc, revenons-en à notre cautionnement d’électeur. Si nous votons mal, nous sommes coupables, si nous nous abstenons aussi, bonjour le casse tête pour tous les citoyens indécis et désabusés.
Alors bien sûr, le FN , il a un indéniable avantage, il n’a jamais gouverné si ce n’est quelques villes de triste mémoire.
Si on occulte ses « valeurs » et le vide sidéral de son programme basé sur la sortie de l’euro et la haine de l’étranger, ah oui, le retour aussi de la femme au foyer, les questions sur l’homosexualité, l’avortement… il pourrait représenter une alternative.
« La politique, c’est des discours », c’est Emmanuel qui l’affirme, bien sûr la phrase est sortie de son contexte, mais ça Marine, elle sait faire, oratrice Marine, capable de susciter l’enthousiasme…si on n’approfondit pas les idées.
Il y a peut-être une autre alternative que le FN, c’est sûr elle est plus épuisante pour les neurones ainsi que physiquement, elle nécessite un grand investissement ;
Au lieu de se demander si nous sommes toujours en démocratie, revendiquons qu’elle ne se cantonne pas à la seule liberté d’expression, il faut aussi l’entendre l’expression du peuple souverain, responsable de ses élus.
Nous sommes collectivement capables, c’est important ce collectivement car c’est là que se trouve la force, dans le collectif. Elle mérite bien que l’on s’engage pour elle notre démocratie.
Ca y est la revoilà submergée par l’utopie !
Utopie, pourquoi ?
Souvenons nous de ce triste mois de janvier, faut-il attendre semblable catastrophe, semblable tristesse, semblable choc pour se dire que nous pouvons tous avoir la même cible, l’intérêt général, l’intérêt des générations montantes, dans la solidarité.
Quand un proche que l’on aime est malade, même gravement malade, on s’accroche à l’espoir, on cherche les remèdes, on lui tient la main, on refuse d’abdiquer.
Le moral est très important pour combattre la maladie.
Eh bien, notre démocratie elle souffre, elle est malade mais pas condamnée.
Nous n’allons tout de même pas la laisser sombrer dans la dépression de ceux qui disent que seule une bonne guerre pourrait changer la donne.
Bien évidemment qu’il faut la porter notre démocratie, que c’est un travail de tous les jours pour lutter contre tout ce qui la gangrène.
Une guerre, qui dit qu’une guerre serait un moyen de la vivifier, qu’en se battant entre nous peut-être, c’est elle qui vaincra. Il y a des maladies saprophytes qui se développent sur tout et se pérennisent.
Dépassons nos égos afin de ne pas ressembler à ceux qui nous gouvernent, à ceux qui ne doutent de rien et surtout pas de leur pouvoir.
Ne ressemblons pas à ces gens qui imposent sans dialogue, ne critiquons plus sans chercher des alternatives.
C’est compliqué, stressant de se vouloir responsable, mais quitte à l’être, comme l’affirme le titre, que ce soit au moins de nos actes et pas de nos délégations.
C’est à tous les niveaux qu’il faut lutter contre les arguments fallacieux qui tuent notre démocratie, nous engluent dans nos incapacités. Il faut s’intéresser aux lois, approfondir les textes, chercher des idées, des ouvertures, tenter de renouveler nos modes de fonctionnement parfois dépassés, rien n’est jamais acquis…
La politique doit redevenir un élan citoyen, alors nous aurons plus facilement des élus qui nous ressemblent.
Sur ce point, il y a une précision à apporter, une obligation même pour asseoir notre crédibilité. Nous devons rester intègres, honnêtes. Une erreur, elle peut se comprendre s’expliquer, personne ne détient toute les vérités, toutes les sciences.
Ce qui est primordial c’est de ne pas céder aux sirènes de l’argent roi, de l’argent facile, de la corruption.
Notre vie elle ne peut se résumer à notre pouvoir d’achat bien que nous ayons tous des besoins à satisfaire et même des envies. Il y a un juste milieu pour tout.
Allons-nous hésiter encore longtemps entre « oui nous pouvons » et « j’ai fait un rêve ». Vraiment ?
Rien qu’un rêve ?
Marie-Gabrielle Gimenez
