Celui qui ne peut donner ne peut rien ressentir non plus.
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Nietzsche
Du 12 au 18 avril 2015 se tiendra la semaine du bénévole.
Nous sommes nombreux sur ce territoire à pratiquer à différents niveaux le bénévolat. Nous savons que le bénévolat prend du temps mais aussi qu’il a un coût plus ou moins important pour nos finances personnelles, faire des gâteaux, aller coller des affiches, téléphoner…
Nous n’hésitons pas, nous faisons vivre notre territoire, nous mettons des manifestations au service des habitants, c’est un peu notre contribution à la vie locale, une contribution solidaire et désintéressée dont la seule récompense est morale.
Deux exemples, « Pouss les Murs » et « Le Panier Villemurien » ne demandent pas à ce jour de subvention et chacun dans son domaine travaille à la cohésion sociale.
Bien sûr il est toujours possible de répondre que ces associations bénéficient d’aides communales à travers du prêt de matériel, prêt qui a aussi un coût. Mais cela ne suffira pas à minorer les engagements personnels, la volonté et la capacité d’investissement, l’imagination et la débrouillardise pour réduire les frais, malgré le découragement et la fatigue.
Etre écrivain public peut aussi être un acte bénévole…
Nous sommes nombreux, sans qualification extraordinaire, à avoir un jour écrit un courrier pour un voisin en délicatesse avec sa banque, souhaitant vendre un véhicule, quitter un logement ou remplir un de ces questionnaires administratifs rébarbatifs pour une retraite, une perte ou une recherche d’emploi…
Il suffit d’avoir quelques compétences pour rédiger, quelques supports pour argumenter et ils ne manquent pas, que ce soit sur internet ou sur des ouvrages spécialisés ou basiques très certainement disponibles à la médiathèque municipale..
Parfois le seul bon sens suffit et dans les cas compliqués il y a même des permanences juridiques gratuites et d’autres recours spécialisés…
Rémunérer une personne ou demander rémunération, serait ce un gage de déontologie ?
Bizarre conception de l’humain !
Etre fonctionnaire est-il pareillement gage de confidentialité et de respect ?
Il faut être malsain pour avoir l’idée de colporter quelques infos livrées en période de détresse lors d’un échange amical et solidaire. La discrétion n’est pas une vertu professionnelle. Pour preuve les données soi-disant secrètes qui s’étalent souvent à la « une » de nos journaux.
La mairie de Villemur emploie depuis plusieurs années une personne chargée d’assister les habitants en difficulté, jusqu’à maintenant elle semblait y parvenir. La détresse sur notre commune est-elle en voie d’implosion au point d’avoir recours dans l’urgence à un écrivain public rémunéré, peut-être faudrait-il se questionner et bien se questionner.
D’où vient le problème ? Existait-il sans prise de conscience, sans être entendu ?
Y avait-il des réticences pour dévoiler ses difficultés personnelles ?
Quelques heures par semaine sont-elles susceptibles de le pallier ?
A quoi sert le Centre Médico-Social de Bouloc ?
Pourquoi ne pas orienter vers des structures existantes les cas les moins compliqués ?
Par exemple, le Secours Catholique est à l’écoute de tous, les lundis de 14h30à 16h30 au 29 rue St Michel à Villemur. Ils se proposent d’aider à la rédaction de courriers.
De toute façon et là c’est l’expérience qui s’exprime, les gens en détresse se tourneront toujours plus facilement vers des connaissances proches qui assumeront pour partie et les réorienteront si nécessaire. Ils savent qu’ils trouveront plus qu’une oreille attentive.
Il faudra argumenter avec plus de conviction pour convaincre de la nécessité d’intervention d’un écrivain public rémunéré alors que tant de bénévoles capables de lucidité et d’impartialité, recensés où anonymes s’emploient à aider gratuitement. Il faudra aussi veiller à ne pas décourager ceux qui savent ce qu’est la solidarité désintéressée. Il en faut certes beaucoup pour les décourager mais l’usure c’est aussi humain…
Peut-être alors faudra t-il payer et encore payer, payer pour tout à une époque où de toute part il est clamé qu’il faut être prudent avec l’argent public, c'est-à-dire le nôtre, et que la solidarité est une priorité à remettre à l’ordre du jour…
Si la charité n’habite pas votre cœur, vous avez la pire des maladies du cœur. BOB HOPE
Marie-Gabrielle Gimenez
