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Cher François

Ce n’est plus un secret, je vous aime…

Je vous aime parce que vous avez le mot juste.

Je vous aime parce que votre ton l’est tout autant, transmettant l’affection, la tristesse, la colère, les interrogations…

Je vous aime parce que même ironique, vous n’êtes jamais méchant, parce que vous savez traduire ce qui se cache au fond de nos petits cœurs sur des sujets sensibles avec compréhension et tendresse en vous interrogeant, en nous interrogeant…

Je vous aime et vous jalouse aussi pour tant d’intelligence et de courage.

La passion des mots au service des causes justes et de l’humain, pour nous faire réfléchir, tout en douceur, presque en nous charmant tel un magicien ou avec un humour même pas acide qui fait mouche…

Après avoir tourné le bouton de ce poste qui nous relie trop brièvement tous les vendredis matin, je pense encore à vous longtemps après, à vous et à nos maux portés par vos mots.

Vous ne saurez jamais cet amour platonique qui vogue sur les ondes cette indicible promiscuité, que nous sommes nombreux à partager.

Allez ne soyez pas modeste vous vous en doutez un peu.

Vous avez ce jour abordé les soucis financiers qui menacent la culture.

Ces soucis ne sont pas récents mais vont s’amplifiant, rejetant aux oubliettes forces initiatives heureuses et dans la précarité plus encore, de nombreux artistes et créateurs.

La précarité, ils sont plus nombreux à la côtoyer qu’à vivre de leur art.

Nous citoyens, la savons nous cette précarité bruyamment dénoncée par des manifestations colorées à chaque remise en question du statut des intermittents ?

Nous sommes avant tout des consommateurs de spectacles ignorant ce qui se passe derrière le rideau.

La vie joue parfois des tours bizarres et peut nous amener à la croisée d’un cheminement à toucher du doigt cette précarité du milieu artistique dont nous ne sommes pas.

Avec juste un peu de curiosité, vite mêlée d’intérêt, ici même sur notre territoire, il est possible de mettre un pied et surtout son cœur dans ce monde.

Il est possible lors d’une rencontre d’un soir de créer des liens, de côtoyer plus régulièrement la ténacité, le courage, l’abnégation, l’oubli  de ce monde de consommation du tout prêt  au profit de  celui de la débrouillardise, de l’imagination, de la créativité …

Elles sont loin les apparences lorsqu’on se donne juste un peu la peine d’entendre…

Sont souvent évoqués les revenus mirobolants de certains, le tapis rouge de Cannes…

 Bien des valeurs sont ailleurs, bien loin des paillettes trop brillantes et aveuglantes du «  Showbizz ».

C’est de cette culture de proximité, de territoire, de cette culture qui interpelle sous diverses formes au plus prés de chez nous que nous avons tous besoin, cette culture  que nous devrions tous défendre sans autre arrière pensée que de se dire qu’elle reste une nourriture indispensable de l’esprit et qu’à ce titre elle se doit d’être ouverte à tous.

 

Nous ne pouvons attendre sans réagir que l’inculture devienne « de masse ».

 

Mais vous le dites tellement mieux Monsieur François Morel…

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