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Le poids des maux…

Il fallait en ce vendredi choisir entre une pièce de théâtre à 19h30 et l’élection de Miss Haute-Garonne à 20h30.

Choix sibyllin où cornélien ?

Aux Greniers du Roy, les jeunes du lycée Clément Ader d’Athis-Mons, accompagnés d’ados villemuriens présentaient en avant première le résultat de leur investissement théâtral  « Il était une fois Ader ».

Au Gymnase de Villemur, de jolies jeunes filles postulaient pour représenter notre département.

Des espérances, des inquiétudes, de vives attentes et peut-être quelques espoirs déçus…

Des sentiments semblables pour des situations bien différentes, enfin appréhendées comme différentes dans une société aux multiples facettes.

Qui jouait un rôle, qui représentait le mieux notre jeunesse, quels étaient les maux les plus graves… 

Que réserve l’avenir à l’ensemble de cette jeunesse, a celle attirée par strass et paillettes qui  réfléchit, s’interroge tout autant certainement que ceux qui sur une autre scène  nous ont interpellés,  nous les adultes, ou pour le moins « les gens responsables des idées » les gens qui doivent « se gratter le cerveau » ?

Tous les ados réclament « je veux mon avenir, j’y ai droit… »

 

 

L’adolescence, une période où l’on se cherche, il paraitrait  que certains s’y complaisent…

Nos jeunes d’aujourd’hui rencontrent-ils plus de difficulté à entrer dans la vie active, leur avenir est-il plus sombre que celui des générations passées ?

 

Le débat mériterait que nous nous y attardions, que plusieurs avis éclairés par les ans et l’expérience se confrontent.

 

La pièce de théâtre interprétée ce vendredi soir comme les pièces présentées les années précédentes d’ailleurs, interroge les spectateurs qui ne sortent jamais totalement indemnes des représentations travaillées avec passion par ces adultes en devenir et toute une équipe d’encadrement qui sait écouter et entendre.

 

Yolande Germanicus, professeur de théâtre à l’initiative de ces rencontres avec le public villemurien depuis déjà 7ans nous parle de la pièce présentée vendredi dernier.

Le poids des maux…

Le projet :

 

En partant du thème : « Modèle et Marginalité » et avec pour support  le film d’Ennio Morricone : « Il était une fois dans l’ouest » ; les élèves ont construit un spectacle sur la vie dans leur lycée :   «  Il était une fois Ader ».  Le projet regroupe un travail théâtral et un travail sur des séquences  filmées dans le soucis de la non illustration.

Un professionnel du cinéma, écrivain et comédien : Jacques Dor a  accompagné ce projet. Mme Susic, professeur de français fait intervenir Jacques Dor dans ses classes. pour ma part, professeur de théâtre, j’interviens à l’atelier avec Milène Tournier, documentaliste et comédienne.

Ce projet a été travaillé au cours de l’année dans 4 classes et à l’atelier les mardis de 18h à 20h. Il est  finalisé par le stage intensif théâtre à Villemur sur Tarn du 18 au 25 avril 2015. Les travaux d’écriture et de séquences filmées dans les classes et le travail sur la pièce 2h14 de David Paquet  réalisés à l’atelier se réunissent.

Les 4 adultes intervenants se retrouvent, d’autres séquences filmées sur le vif, prennent place dans le montage.

Une première représentation a été donnée  le vendredi 24 avril aux greniers du Roy à Villemur sur Tarn et une deuxième se tiendra  le dimanche 10 mai à Athis-Mons dans la salle Ventura.

Le montage :

Il associe les travaux effectués avec Jacques Dor et YelenaSusic dans les classes : il s’agit de textes que les élèves ont écrits et de séquencesfilmées. Ensuite vient le travail qui a été réalisé à l’atelier avec un groupe de 16 élèves piloté par Yolande Germanicus et Milène Tournier : Le prélude est un texte de Joël Pommerat: « Je tremble », suivi du poème de Sony LabouTansi,  « il était une fois » ; qui encadre l’adaptation de la pièce de David Paquet « 2h14 ».

Les spectateurs entrent, et regardent les élèves attablés en V, un texte en voix off s’écoule au fil des images réalisées au lycée Ader. Ce moment nous place d’emblée au cœur des visions adolescentes. Ensuite les élèves offrent leur voix à un texte de Joël Pommerat, qui interroge le monde des adultes sur l’avenir, puis ils amorcent un poème de Sony LabouTansi,  avant d’inviter les spectateurs à prendre place face à la scène pour la pièce 2h14 de David Paquet.

Résumé de 2h14

2h14 nous invite à suivre six personnages dont les destins s’entrechoquent au hasard d’un drame qui les unit et les dépasse. Une femme s'avance sur le plateau. Elle porte un masque d'hirondelle. Et nous avertit d'emblée : elle n'est pas une tortue. Ce personnage énigmatique vient régulièrement ponctuer les parcours de cinq autres, quatre adolescents et leur professeur de français. Elle distille peu à peu des informations sur son propre drame et sur ce qui la relie à tous les autres protagonistes. Ceux-ci se croisent, se cherchent, se ratent souvent, grandissent. Tous n'ont qu'un seul désir : goûter au bonheur. Chacun y arrive comme il peut : Jade avale des vers, Berthier s'invente un handicap, Katrina opte pour un tatou, François ouvre des portes par milliers et Denis remet tout en question à cause d'une lasagne au sable. Leurs parcours fragmentés - parfois drôles, parfois graves, toujours surprenants - sont tissés avec grâce dans une structure kaléidoscopique qui culmine en un dénouement abrupt et déchirant, où toutes les pièces du puzzle s’assemblent et volent en éclat à 2h14. 2h14 l’heure de l’attentat.

2h14 explore ce moment charnière où l'on cherche, de façon souvent brouillonne et excessive, sa place dans le monde des adultes en tentant de ne pas leur ressembler. Des vidéos, des danses sont incluses dans l’adaptation de cette pièce, apportant à chaque fois une respiration et l’écho de la vie des jeunes pendant le stage. Une vie qui laisse l’espoir d’autres possibles à cette fin tragique.

Le spectacle s’achève sur la fin du poème de Sony LabouTansi et un chœur chanté. L’écriture belle et poétique de ce long cri d’alarme viscéral, permet un joli collectif qui fait résonner la chute de 2h14, tout en lui laissant sa puissance, car les mots de Sony sont forts et laissent vibrer toute cette violence de notre monde qui fabrique les exclus.

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