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Cessez de nous prendre pour des c--- avec un grand C.

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  • Politique

 

Charte de déontologie : En voilà une formule dans l’air du temps !

Les doigts pris dans le pot de confiture, deux élus toulousains regrettent d’avoir profité de quelques faveurs, ils ne sont hélas pas les seuls.

Le remède, une charte de déontologie à signer par tous les élus.

La morale, les lois établies, le simple bon sens commun et le respect d’engagements pris en conscience  seraient donc insuffisants.

Une charte ne se respecte pas forcément si ceux qui la signent ne font pas preuve d’honnêteté et de loyauté, il faut avouer qu’y accoler le mot déontologie lui donne indéniablement de la gueule, une charte de déontologie, ça sonne bien mais trop souvent creux.

Nombre de professions s’honorent de la formule. Du fonctionnaire au médecin, au pharmacien en passant par les experts géomètres, comptables, les notaires, les avocats, tout ce beau monde et plus encore peut se référer à des chartes de déontologie.

Empêchent-elles les dérives ?

Quelques scandales révèlent l’inefficacité de telles mesures.

Il faut cesser de nous prendre pour des imbéciles, de jouer avec de beaux mots en les vidant de leur sens, de s’en parer comme d’une auréole.

Quelle légalité à une charte, fusse t’elle de déontologie ?

Tout un chacun devrait respecter les engagements liés à la profession, à la fonction, sous peine de sanction incontournable. Croire en cela c’est hélas  faire preuve de naïveté où d’une incorrigible foi en la justice des hommes tant il y a de domaines dans lesquels l’absence outrageuse de moralité autorise trop de compromissions.

Si le peuple vit un sentiment d’inégalité devant les lois c’est qu’il subit ou a connaissance de défaillances coupables.

Prenons le cas des élus, tous se devraient sans nul besoin de charte de déontologie de respecter les promesses de campagne  où d’expliquer clairement, publiquement, les difficultés rencontrées.

Certains qui se sont déclarés un temps femmes et  hommes de bonne volonté, de consensus, prêts à travailler pour développer harmonieusement un territoire ne devraient pas céder à la rancœur, à des déceptions issues de scrutins peu valorisants.

Il est en algèbre un moyen mnémotechnique infaillible pour se souvenir de la prépondérance des signes +et -.

Les amis de mes amis sont mes amis.

Les amis de mes ennemis sont mes ennemis.

Les ennemis de mes ennemis sont mes amis.

Les ennemis de mes amis sont mes ennemis.

 

Cette méthode, porteuse en algèbre, se révèle pernicieuse pour les politiques qui  privilégient  des intérêts partisans où remettent à l’honneur  des querelles de clochers un temps dénoncées plutôt que de travailler pour les citoyens et l’ensemble du territoire qu’ils sont donnés représenter…

Peuvent-ils sincèrement imaginer que les citoyens les jugeront uniquement sur leur efficacité faisant fi de leur morale ?

Qu’un individu se décrédibilise maladroitement  tout seul où qu’il le soit par d’habiles manœuvres n’a guère de conséquences que pour lui. Si la personne concernée se trouve être une ou un élu(e) c’est bien plus grave car la fonction élective est aussi éclaboussée. Le risque survient de décourager des citoyens au nom d’égos surdimensionnés, d’intérêts individuels  qu’aucune charte de déontologie n’aura le pouvoir d’encadrer.

 

Dans la Grèce antique étaient nommés « barbares »ceux qui n’avaient pas su organiser la vie en communauté au sein d’une cité, ceux qui vivaient dans le désordre voire l’anarchie.

Serions-nous entrain de devenir des barbares ?

 

Mon éthique est simple à énoncer.

A : N’augmente pas (si tu le peux) la quantité de souffrance.

                                      B : Essayons de faire quelque chose de l’homme.

 

Paul Valéry

 

 

 

Marie-Gabrielle Gimenez

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