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Hommage aux victimes des attentats : Homélie du Père Philippe.

Homélie de la messe pour les victimes des attentats à Paris

16  novembre 2015 en l'Eglise Saint Michel de Villemur

 

Chers frères et soeurs dans le Christ,

Chers amis et amies venus pour participer à notre prière, que vous soyez croyants ou incroyants

 

'Heureux ceux qui pleurent, ils seront consolés'

 

            Nous sommes avec ceux qui pleurent, avec ceux qui ont perdu l'un des leurs, avec ceux qui sont près de leurs blessés dont certains sont entre la vie et la mort.

            Notre solidarité doit être totale quelque soit nos opinions, nos traditions, nos différences, non foi ou notre incroyance. Elle s'est exprimée ce matin à midi sur la place de notre mairie mais aussi dans la France entière par médias interposés. Elle s'exprime ce soir devant cette barbarie, cette tuerie aveugle et folle. J'ai choisi de lire le texte des Béatitudes parcequ'il est la charte du bonheur proposé par le Christ et qu'il est exprimé par la magnifique peinture qui orne le choeur de notre église. Cette charte du bonheur inclut plusieurs éléments. Elle rejoint aussi la charte de notre nation.

 

1 – LA LIBERTÉ

 

            Cette liberté est exprimée dès le texte de la Création exposé par un l'auteur du deuxième texte de la Création dans la Genèse. Elle rappelle la célèbre histoire du fruit défendu. Dieu nous a créé libre. Mais la liberté a un prix. Il y avait un interdit, une loi qu'il fallait respecter : ne pas manger du fruit du bien et du mal. L'homme a bravé l'interdit : il s'est rendu compte de fait qu'il pouvait faire le bien ou le mal. C'est la leçon de l'épisode raconté. La liberté de l'homme exige une loi. Cette loi fut plus tard exprimée à travers les commandements donnés à Moïse dont l'une est fondamentale (comme les autres d'ailleurs) : 'Tu ne tueras pas'. Combien de fois les hommes ont violé cette loi. Encore une fois elle a été bafouée. La liberté est un bien précieux qu'il nous faut défendre et protéger. Parfois cela implique des sacrifices lorsque nous sommes lachement attaqués. Oui, heureux ceux qui défendent les valeurs du vivre ensemble dans nos différences, nos diversités, nos visages cosmopolites. Nous sommes tous des enfants de la terre. Pour le croyant nous sommes tous créés à l'image de Dieu, créateurs et responsables de la création, responsables de notre humanité.

 

2 – L'EGALITÉ

 

            'Homme et femme il les créa – à l'image de Dieu il les créa'. C'est ainsi que s'exprime l'auteur du premier chapitre de la Genèse. Dès l'origine l'homme et la femme sont égaux, dans la même dignité et dans leur complémentarité. Nous sommes invités à construire ensemble ce monde de justice. A deux reprise les texte des Béatitudes y revient 'Heureux ceux qui ont faim et soir de la justice' 'Heureux les persécutés pour la justice'. Personne n'est en droit de faire justice soi-même. L'horreur des attentats nous le rappelle. Tous nous avons la responsabilité de contruire la justice et en premier lieu dans nos familles. Pas de justice possible sans un respect des règles du vivre ensemble. Et dès notre enfantce,  les parents, premiers éducateurs, sont les premiers à donner les règles du vivre ensemble et du respect absolu de la dignité humaine. Il y a aussi des règles pour vivre ensemble. La justice consiste aussi à ne laisser personne sur le bord du chemin. Il s'agit de permettre à chacun d'avoir un travail, un toit, un lieu de vie. Que faire devant ceux qui ne respectent même plus la dingité humaine et sont même prêts à mourir pour un tel idéal ? Nous ne devons pas baisser les bras. Nous devons rester dignes et forts. Nous devons vaincre la peur pour que les hommes égaux en droit et en devoir puissent être debout et résistant face à ces déviances mortifères.

 

3 – LA FRATERNITÉ

 

            'Heureux les artisans de paix'

            Oui, nous avons à travailler pour que le dialogue, la compréhension, le respect puissent apporter des éléments de paix. Le 11 novembre, ici même, nous avons prié pour ceux qui sont tombés au champ d'honneur pour la paix. Puisse le sacrifice de ceux qui sont morts injustements car tous étaient innocents et sans défense permettre un grand effort de fraternité.

            'Aimons-nous les uns les autres' oui 'Aimons-nous les uns les autres. Cette grande demande du Christ reste essentielle pour que nous vivions ensemble, pour que nous fassions taire les paroles ou les actes qui risqueraient de nous monter les uns contre les autres. Les terroristes auraient alors réussi leur pari. Oui, ensemble restons forts et ardents à faire le bien. Le Christ est allé jusqu'au sacrifice de sa vie pour défendre la liberté c'est à dire le droit à la parole, pour défendre la justice parcequ'il est condamné injustement, pour défendre la paix car il a pardonné à ses bourreaux; A nous d'avancer dans cette espérance et dans ce travail commun de la fraternité.

 

            Il y a un mot que l'on ne peut pas entendre aujourd'hui, c'est celui de 'miséricorde'. Je sais qu'il est trop dur à entendre ce soir. Il y aura un moment où lorsque les terroristes auront disparu, il faudra reconstruire, retouner non pas à la tour de Babel, mais à la tour de l'Amitié, la tour du Don, la tour de l'Echange et de la Fraternité.

 

                                                                                                                      AMEN 

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