Moins Je Cultive, une histoire de blé ou d’herbes folles... ?
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« L’histoire communément admise des Maisons des Jeunes et de la Culture veut que ce soient les mouvements de jeunesse, certains mouvements de résistance et certains syndicats (la CGT et la Confédération Générale des Agriculteurs) qui se regroupant, aient ainsi créé la République des Jeunes, véritable préfiguration de la FFMJC. » (Extrait de l’histoire de la FFMJC sur le site internet : htpp://ffmjc.free.fr)
Nous sommes nombreux à avoir fréquenté les MJC dans notre jeunesse. Dans cet endroit génial nos origines n’étaient pas plus jugées que nos acquis, seul notre développement personnel importait.
Les cas dits « sociaux » y trouvaient leur place et ne dégringolaient pas dans la délinquance. En ce lieu se côtoyaient les esprits subversifs et la citoyenneté, tout finissait par s’amalgamer dans un esprit républicain qui se passait de discours .Esprit qui se concrétise aujourd’hui encore par ce besoin de donner à travers l’investissement de nombre d’entre nous dans le milieu associatif que nos élus se plaisent parfois à remercier ou à exploiter.
Aujourd’hui, les MJC peuvent choisir entre deux fédérations pour les représenter :
La Fédération Française des Maisons de Jeunes et de la Culture (FFMJC)
La Confédération des Maisons de Jeunes et de la Culture de France (CMJCF)
Ces deux fédérations sont en capacité d’aider citoyens et pouvoirs publics à travailler ensemble, à porter des projets, développant ainsi des initiatives propres à renforcer la démocratie.
Nous parlerons de démocratie tout simplement et non de démocratie participative sorte de pléonasme formalisé qui, même si nous l’utilisons, a quelque peu le don de nous hérisser.
Soit la démocratie s’épanouit avec tout ce qu’elle comporte de droits d’expression, de dialogue, d’écoute, de concertation qui se traduisent par des faits et dépassent les mots, soit elle n’est à travers le terme participatif qu’un leurre qui perdure et est entretenu depuis trop longtemps. Un slogan électoraliste accommodé aux sauces trop fades de droite et de gauche.
Appelons en encore à l’optimisme, un jour peut-être pourront nous évoquer une démocratie réellement représentative un peu plus savoureuse.
Mais revenons aux valeurs et rôles des MJC.
Outil social incontournable elles favorisent l’émancipation, l’autonomie des individus par l’éducation, la culture, permettant ainsi de construire une société plus épanouie et plus solidaire.
Parce qu’elle est ouverte à tous, qu’elle respecte les convictions de chacun, le pluralisme des idées dans une ambiance conviviale, une MJC demeure un indispensable lieu de partage, d’apprentissage, de développement de cette laïcité dont tout le monde s’empare depuis les douloureux événements de 2015.
En contribuant au renforcement des liens sociaux elle est un pilier de cette laïcité, porteuse et fondatrice de nos valeurs républicaines.
Dans les milieux ruraux ou périurbains, souvent enclavés, la MJC constitue un moyen d’organisation du temps libre. Par les locaux mis à disposition, la reconnaissance de l’expression de la jeunesse elle peut éviter bien des conduites à risques et constituer un rempart contre les incivilités.
Elle peut aussi favoriser l’intergénérationnel à travers ses projets et dans cette société du « chacun pour soi » être un élément fédérateur de la population dans son ensemble. N’était-il pas agréable de côtoyer localement lors de « Enfantasia 2015 » des personnes âgées du foyer logement qui avaient fait l’effort de suivre cette marche dont le but était de sensibiliser aux problèmes d’environnement ?
Nos ainés ont bien des choses à transmettre à nos jeunes et à nous-mêmes. Chacun s’enrichit du savoir des autres, de l’approche des autres. N’est-il pas prouvé et reconnu que nos enfants influent sur nos rapports à l’écologie, sur notre sagesse au volant ?
Une MJC garde un rôle primordial dans la formation de nos jeunes, elle participe à en faire des citoyens qui s’investiront dans la vie de leurs cités, dans le domaine associatif, qu’il soit culturel ou sportif.
Ils sauront privilégier le « faire ensemble » à la place du faire avec, et les projets réalisés en commun.
Une MJC agit en partenariat avec l’ensemble des collectivités locales et territoriales et joue un rôle actif dans l’élaboration des projets associant élus et citoyens. Par la concertation avec les élus et les personnes investies elle doit construire un projet porteur, efficace et financièrement accessible à tous. L’argent ne doit pas être un élément discriminant
En cette période de mutualisation des moyens et des effectifs humains au niveau des collectivités, la politique enfance jeunesse pourrait unir et dynamiser un territoire. Voilà une prise de conscience aisée, reste à dépasser les égos, les querelles de clocher partisanes et là ce n’est pas gagné.
Il serait pourtant urgent d’admettre que de telles attitudes détruisent notre démocratie.
Aujourd’hui en bien des lieux des MJC sont sacrifiées au nom des difficultés de financement.
Si L’ETAT porte une grande part de responsabilité, au niveau local il y a des choix politiques essentiels à effectuer et il ne faut pas se tromper. Faire vivre et perdurer une MJC en est un.
Aucun élu ne peut ignorer ce que représente bien au-delà de la symbolique une MJC.
Trop de citoyens ont oublié mais sauront se rendre compte, si elle disparait, de la place qu’elle occupait. Il peut être compliqué de construire « autre chose ». Tout détruire coûte souvent plus cher que faire évoluer. La nouveauté pour aussi attractive qu’elle soit, perd souvent de son attrait. Une MJC porte des valeurs indestructibles.
Gérer une commune ce n’est pas seulement construire, ce peut être aussi consolider l’existant.
Invitons tous les élus qui spontanément ont mis leur cœur en bandoulière en se déclarant « CHARLIE » à se saisir des crayons collectés pour redonner de vives couleurs aux valeurs essentielles que portent les MJC.
Une MJC peut disparaitre du paysage, elle restera gravée dans les mémoires et pas seulement dans celles des gens dits de « gauche ». Aucun discours aussi porteur soit-il ne remplace les actes.
Les MJC comme l’ensemble des développeurs culturels devraient être épargnés des pures contingences financières, au nom des valeurs universelles qu’ils transmettent, valeurs bien loin du secteur mercantile dans notre pays où déjà le service public, dans le sens de service au public fond comme neige au soleil.
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Les MJC en danger face à la crise
Nées après la Seconde guerre mondiale pour élargir l'horizon des classes populaires, les maisons des jeunes et de la culture vivent des jours difficiles. La crise met à mal leurs projets. L'id...
http://www.francetvinfo.fr/economie/crise/les-mjc-en-danger-face-a-la-crise_1290605.html
