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CULTURE, À FOND LE FOND…

  • Un Oeil Sur Villemur

Sport et culture, même combat !

Je lis, j’entends et j’écoute l’idée que le sport est culture. Ainsi, il ne faudrait pas les dissocier, disjoindre ou sectoriser. Notons que je n’ai encore jamais entendu, mais vous non plus, que la culture serait du sport. Cela fonctionnerait dans un sens mais pas dans l’autre.

 

C’est ici, précisément, que je remet en cause ce postulat. Comme chacun sait : un postulat est une proposition qu’on présente comme devant être tenue pour vraie, sans la démontrer. (ex : le postulat d’Euclide)

 

Alors démontrons plutôt…

 

Prenons un cas concret : le cyclisme car tout le monde à un jour enfourché la petite reine. Voici un club de cyclisme. Il y a des vélos de course, des vétérans, des gens vêtus de couleurs vives  bariolées, des jeunes dans la force de l’âge. Ils parlent techniques, vitesses, poids, entrainements. Ils comparent leurs biorythmes. Certains énoncent des dates de course à venir ou passées.

On s’entraine, on se prépare et on se focalise sur le rendement du tour de pédalier. Les dents des plateaux sont comptées avec minutie. Ici, on fait la course. C’est-à-dire que l’horizon est la première place. L’objectif est de gagner et la modalité est la compétition que ce soit en solo ou en équipe, par âges ou catégories.

 

Par le fait, la performance est le cœur du sujet avec une écoute de soi-même exclusive. Forcément, le résultat est personnel. De même, l’objectif est “toujours plus loin, plus haut, plus vite…” C’est le règne du quantitatif insatisfait. Celui de l’ego par la force des choses car il s’agit de se dépasser soi-même. Donc, là, le partage n’est même pas évoqué durant une nanoseconde car partager in fine, c’est perdre.

 

Nul besoin d’aller plus avant… la culture est complètement étrangère à ce fonctionnement et pour une raison simple : le fait culturel est dans l’acceptation de l’altérité au travers du dialogue. Deux éléments, l’altérité et le dialogue, formant deux piliers fondateurs à la nature intrinsèque de la culture. Clairement, ils sont absents de  cette forme de cyclisme vouée à la compétition.

 

La compétition est un repoussoir de la culture car tout simplement, il n’existe pas de podium en culture, même métaphorique. Ceux, qui font la culture, construisent un projet de vie, un chemin. Il se trouve que ces chemins sont faits pour être empruntés par qui le souhaite, librement, à son rythme, selon ses capacités. La culture n’est pas “performante”, “compétitive” ou régie par des règles communes plus ou moins strictes. Même si aujourd’hui,  on est tenté d’y accoler, de force, cette mentalité pyramidale ; il est impossible d’y arriver… même en rêve. C’est le problème des pédagogies différenciées que l’on tenterait de quantifier par celles des sciences. Ce serait absurde et pourtant certains s’y essayent encore à cette heure.

 

Alors pourquoi, s’ingénier à amalgamer culture et sport puisque de toute évidence leurs natures non seulement sont différentes mais s’opposent en objectifs ?

L’amalgame ne vient  pas de la culture et du sport mais du sport et l’activité sportivité.

 

Reprenons-notre exemple du club cycliste. Cette fois il s’agit d’un club rétro. Le plaisir est de voyager à travers la campagne, à son rythme, entre amis. Les hommes sont à bretelles et à moustaches. Les femmes aux lèvres carminées sont vêtues de petits hauts à pois. Les vélos sont lourds mais élégants. Ces vénérables deux roues sont choisis pour leurs allures, leurs charges historiques et non leurs performances. On part tôt et on arrive… quand on arrive. On s’arrête, on visite une église, pause au bord de l’eau. Plus loin, un petit musée ou bien une ruine donnant l’occasion de  prendre de nombreuses photos pour mémoire, pour apprendre, pour partager. Certains dessinent sur un carnet de voyage personnel ou prennent quelques notes pour un futur un article sur un blog, par exemple.

 

Là, oui il y a, naturellement, au travers de cette activité sportive, une affinité avec la  culture et même plus : ici, le périple fait culture. C’est la raison pour laquelle il faut distinguer le sport de compétition du sport d’agrément. Le deux existent mais un seul a des affinités avec la culture. On devine aisément lequel.

 

Vous croyez que cet exemple du vélocipède est un cas difficile à généraliser ? Et bien non, ce serait même une règle d’or. Sur notre territoire, au Filhols, chaque année à la même période des centaines de coureurs parcourent notre campagne. Lorsqu’à la fin, le moment de l’interview arrive ces deux catégories se côtoient, plutôt étrangères l’une à l’autre. Le compétiteur fait une performance qu’il recherche d’abord pour lui même. Il parle, de difficultés techniques, de chronos, de tracés, de ravitaillement et de ses performances passées et futures. L’hédoniste oriente immédiatement le discours sur la convivialité, le paysage, l’entraide et le bonheur d’avoir participer à un bel évènement. Entre temps, le compétiteur est rentré chez lui…

 

Donc est-ce que le sport est de la culture ? La réponse est clairement non s’il s’agit de compétition car leurs natures sont trop divergentes. En revanche, les activités sportives, sources  de partages et d’accès à des savoirs autres que l’activité sportive, sont pleinement culturelles. En général, il s’agit d’un sport d’agrément, un sport qui ne met pas en avant les performances physiques ou mécaniques mais l’altérité.

 

Ceci est applicable pour les sports mécaniques, le ski, le parachutisme, etc.

Ce qu’il faudrait retenir est que là où il y a compétition, le fait culturel est inexistant.

 

Qui se souvient des vainqueurs des Olympiades de la Grèce Antique ? Pourtant, nous pouvons tous citer des dizaines de personnages grecs antiques sans effort. A méditer.

 

Thierry

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Pas d'accord concernant les Filhols. Même s'ils parlent "technique" les premiers participent à la fête tout comme les autres, et après course, prennent l'apéritif, parlent du paysage et des monuments qu'ils ont vu et mangent avec les autres concurrents. Pourquoi croyez vous que depuis 5 ans le vainqueur Damien Bevenot revient participer à la course ? pour la prime, il n'y en a pas, c'est surtout pour ce charme et cette convivialité qu'on retrouve aux Filhols et pas ailleurs. Admirer un paysage c'est aussi de la culture
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