Face au miroir
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Il faut être bien fou
Pour applaudir à « Nuit Debout ».
Ces gosses sont des fainéants,
Voire des délinquants.
Qu’on mette un coup d’arrêt
Aux cumuls de forfaits.
Ceux qui cassent du flic
Cassent le mouvement,
Détruisent biens publics,
Détruisent savamment.
Personne n’est d’accord,
N’adoube la violence,
Mais peut-on sans remord
Et les faire en conscience,
Les amalgames faciles
Qui sèment désunions,
Et refuser tranquilles,
De leur donner un nom.
Leur enlever la chance
Aux jeunes trublions
D’avec persévérance
Avoir des convictions.
Ce que nous même, on n’ose,
A coups de démissions.
Ils sont bien trop gênants
Ces jeunots, ces jeunettes.
Ils disent aux gouvernants
Qu’ils ne font plus recette.
Qu’ils ont abandonné le rôle
Que la démocratie leur avait confié.
Que leurs flots de paroles
Masquent des lâchetés.
Que les écarts se creusent,
Hélas de jours en jours,
Et que c’est une épreuve
Que de les savoir sourds.
De gentils politiques
Voudraient à coups de triques
Faire cesser les bruits
Qui gênent les nantis,
Inquiètent gens paisibles
Qui ont tout réussi,
Qui se veulent invisibles,
Protégeant leurs acquis.
Ce n’est pas de la France
Une image correcte
Juste quand la relance
Devrait pointer sa tête.
Mais ils n’y croient plus guère,
Nos jeunes effrontés
Qui vivent en galère
Depuis nombre d’années.
C’est souvent qu’avec l’âge
Nous guette le naufrage.
Qu’on oublie qu’autrefois,
Nous même avions la foi.
Voulions changer le monde
Et le rendre meilleur.
Nos jeunes se morfondent
Mais on n’est plus des leurs.
Peut-on sans larmes au cœur
Dresser un tel constat ?
Rejeter leurs ardeurs,
Rejeter leurs combats ?
Rejeter tout en bloc,
Une forme de troc
Qui oublie les valeurs,
Fait prévaloir les peurs.
On n’est pas opprimés,
Qui voit des oppresseurs ?
Une vieille idiote ?
