Le temps des cathédrales.
-
Ces derniers jours le journal local consacrait des articles à deux villes, Bessières et Villemur, rapprochées par une intercommunalité.
Pour Villemur , à la une, le projet Brusson dont l’un des bâtiments était dans le temps qualifié de « cathédrale ».
https://www.ladepeche.fr/article/2018/01/28/2730649-pour-etre-sauvee-la-friche-brusson-doit-etre-amt
Sauver une partie des friches « Brusson » relève d’un véritable combat.
Combien d’années, combien de tentatives, de projets, d’échecs ?
Il y a les coûts mais aussi le PPRi qui conditionnent les projets.
Le PPRI, étranges directives qui ici interdisent, ailleurs autorisent sans que l’on puisse parfois comprendre les tenants et les aboutissants.
Après avoir récupéré une machine du siècle dernier servant à fabriquer le fameux « cheveu d’ange », Brussange entreprise située à Bessières, perpétue une tradition de l’entreprise « Brusson ». https://www.societe.com/societe/societe-brussanges-801092974.html
Bessières pense se tourner aussi vers l’avenir en favorisant l’exploitation au service de « l’agriculture » d’une centrale de cogénération possible grâce à un incinérateur jadis contesté.
Une « cathédrale » de tomates s’est ancrée dans la terre bessièraine, les tomates, elles, poussent dans de la laine de roche.
Nous avons hésité entre plusieurs qualificatifs concernant Monsieur Briffaud agriculteur, patron, voire entrepreneur tant son CV est éloquent.
https://dirigeants.bfmtv.com/Gilles-BRIFFAUD-4388186/
http://thepot.blog.lemonde.fr/tag/gilles-briffaud/
Ces productions de tomates hors sol subventionnées par des fonds publics ont déjà provoqué des colères, des incompréhensions, des indignations.
Il y a tout à gagner à être entrepreneur plus qu’agriculteur. D’ailleurs c’est un peu partout que ces entreprises liées à l’incinération de nos déchets voient le jour.
D’autres agriculteurs tentent de revenir à des cultures traditionnelles et respectueuses de l’environnement, tentent de réhabiliter des exploitations à taille humaine. Ils peinent à obtenir les aides promises.
Entre ce que nos élus vantent et ce qu’ils soutiennent il semble y avoir un immense fossé
A force de tourner en rond à la recherche de solutions pour éponger leurs dettes des « paysans » se suicident estimant ne plus avoir leur place en ce monde.
Faudrait expliquer les avantages de l’économie circulaire à tous ceux qui manifestent leur colère.
Bien sûr, les immenses serres sont sources de promesses d’embauche. Même si l’emploi n’est que saisonnier comment critiquer ces « Cathédrales » sans s’attirer les foudres de ceux qui sont en recherche d’emploi et ne demandent qu’à croire…
Il faudrait parler davantage de l’emploi crée par l’agriculture raisonnée, de ses retombées sociales et environnementales.
La tomate au joli et évocateur nom de « O Toulouse » sera certainement bien rouge et ornera quelques tables autour desquelles se retrouveront des décideurs et élus locaux.
Ses qualités gustatives arriveront-elles dans les assiettes familiales de ces mêmes personnes ?
En attendant ceux qui veulent vivre du travail de la terre voient rouge eux aussi et finissent même par entrer dans des colères noires.
Nous sommes malgré les apparences bien souvent démunis de pouvoirs
Nombre d’entre nous n’ont d’autre choix que d’aller vers ce qui leur semble le prix le plus bas. Il faut rester vigilant car souvent les prix pratiqués sur nos marchés sont moins élevés que ceux des grandes surfaces et la saveur et le rendu des produits parlent d’eux même.
Choisir les circuits courts, les petits producteurs, les petites exploitations quand cela est possible c’est préserver aussi notre capital humain et environnemental.
Entre cathédrales et chapelles locales, à chacun de choisir.
Voir aussi.
https://etpourquoipas81.wordpress.com/2018/02/01/serres-de-bessieres-une-immense-usine-a-tomates
Voir ou revoir le reportage :
Le monde en face
Les champs de la colère
https://www.france.tv/france-5/le-monde-en-face/393025-les-champs-de-la-colere.html
