Conseil Communautaire du 7 juin 2018 : « Les portes du Tarn » : Un pari sur l’avenir…
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Vivre sur un territoire harmonieusement développé, porteur d’une vitalité créatrice d’emplois, n’est ce pas le rêve de tout citoyen normalement constitué ?
Oui très certainement. Du rêve à la réalité il y a souvent bien des embuches, des obstacles à franchir.
En tant que simples citoyens nous ne détenons pas toutes les informations, toutes les données, toutes les ficelles d’une gestion complexe mais nous savons que gouverner c’est prévoir et que prévoir ce n’est pas évident.
Tout bouge très vite, les lois et directives se succèdent à un rythme effréné, se contrarient parfois compliquant encore les situations.
Quand on se tourne vers le riche passé Villemurien on se prend à rêver et à se demander comment en est-on arrivé là ?
On voudrait tellement croire à une possible revitalisation de notre secteur excentré, on voudrait tellement avoir confiance dans l’avenir, on a vécu tant de désillusions…
Peut-être est ce aussi cela qui nous pousse à la méfiance, cette méfiance bien ancrée quand on aborde le sujet des « Portes du Tarn ».
Qui ne risque rien n’a rien dit-on, en la circonstance peut-on se permettre de risquer beaucoup pour ne rien avoir ?
Sans chercher de malsaine polémique c’est un peu la question que l’on se pose et nous risquons fort de ne jamais avoir les réponses puisque l’engagement de Val’Aïgo court jusque dans les années 2040. Reste à espérer que cet engagement ne plombera pas plus encore le devenir de notre territoire.
Ce dernier conseil communautaire nous est apparu déconcertant si l’on se réfère au précédent au cours duquel nos élus dans une belle unanimité marquaient leur opposition à une intégration au SMIX avec les conditions telles qu’elles étaient posées.
Dés le départ regrettons de ne pas avoir la possibilité de connaitre les termes des statuts, de n’en avoir que quelques bribes apparemment essentielles.
Reconnaissons qu’il est compliqué de communiquer clairement sur un sujet qui devra être retravaillé durant les 18 mois à venir bien que le vote de ce soir acte l’entrée de notre interco dans le SMIX.
Bien sûr que c’est étrange de dire oui avant d’avoir tous les éléments mais apparemment on peut en déduire que quelques assurances ont été données et puis de toute façon si on veut délivrer la commune de Buzet, il n’y a pas d’autre solution.
Nos voisins Tarnais retireront leur action en justice et nos amis Buzétois pourront d’ici à peu près le mois de septembre reprendre le cours de leur gestion plus sereinement.
N’allez pas croire qu’il y aurait là une forme de chantage, ce serait de la malveillance, ne manquaient d’ailleurs que le vote de notre intercommunalité pour ces fameux statuts du SMIX.
Lors de ce conseil les débats ont été directs, l’expression libre et cela mérite d’être relevé non exclusivement par des élus.
Monsieur le Secrétaire Général de la Préfecture était excusé, absent pour cause de déplacement du Premier Ministre en visite dans la Métropole Toulousaine.
Monsieur le Président de Val’Aïgo assurait cependant de son engagement « sincère et véritable » au nom de l’Etat.
Il poursuivait en qualifiant l’ordre du jour d’hyper intéressant et très fondateur pour le territoire tout en rappelant la complexité technico financière du premier dossier à l’ordre du jour. Il remerciait ensuite tous les acteurs qui ont participé à faire avancer les choses en apportant leurs compétences, leurs connaissances.
Messieurs Raysséguier et Oget ont participé à des actions plus spécifiques sur le décryptage du dossier et Monsieur Joviado a su mettre ses talents de communicant au service de la cause.
Rappelons les deux enjeux, l’entrée de Buzet dans l’intercommunalité et la participation de Val’Aïgo au SMIX.
Il est affirmé qu’il y avait une volonté de dissocier les deux sujets.
(Y sont ils arrivés nos élus ? Pas sûr mais ceci n’est qu’une réaction personnelle)
Monsieur Dumoulin a expliqué que la frontière administrative entre les deux départements pouvait hypothéquer le travail. De plus il y a pour lui une cohérence certaine et une évidente complémentarité au retour de Buzet dans le giron de la Haute-Garonne.
L’obligation imposée par la loi NOTRe du seuil des 15 000 habitants semble par ailleurs respectée même sans le secours de Buzet.
Nous ne reviendrons pas sur toutes les interventions individuelles mais allons tenter d’en tirer l’essentiel qui peut se résumer dans la nécessité d’intégrer le SMIX, pour des raisons géopolitiques.
Ils croient nos élus en la capacité d’irriguer vers l’autoroute nos actions économiques, en l’opportunité pour redynamiser notre territoire d’une emprise foncière plus importante au service des entreprises, en la capacité de rester dans la course grâce au SMIX…
Il faut augmenter la capacité de recevoir des entreprises, ne pas se contenter d’une politique résidentielle.
Et de revenir sur l’échec d’implantation d’une entreprise sous-traitante d’Airbus qui n’aurait pas trouvé dans notre secteur d’emprise foncière suffisante. Nous qui avions cru comprendre que c’était pour un problème d’accès à internet qu’ils étaient partis vers des lieux câblés, décidément dur dur de suivre le fil…
« Si on ne va pas dans le sens d’une ouverture, chacun fait dans son coin et on y mange de l’argent » dixit Monsieur Dumoulin.
(Cela, il y a longtemps que nous simples citoyens l’avons compris, d’où notre confiance dans la volonté de cohérence des SCoT donnés harmoniser les territoires tout en évitant le bétonnage inutile et en préservant l’environnement. Cependant, aller dans le sens de l’ouverture ce n’est pas se plier aux exigences des autres, mais sûr que ça c’est enfoncer une porte ouverte, nos élus le savent…
Par ailleurs pensent-ils vraiment nos élus que le département du Tarn est à ce point coopératif et ne rechignera pas à orienter vers nos zones des entreprises en quête d’installation ?)
Un consensus se serait dégagé depuis le dernier conseil communautaire, il y aurait un peu plus de transparence du côté Tarnais, les conditions d’entrée dans le SMIX seraient plus acceptables et favorables…
Il resterait encore 18 mois pour parfaire les équilibres, lever les incertitudes financières et travailler sur la représentativité.
Le renfort du département est une chance. Monsieur Oget met en avant l’exemple d’Eurocentre et le travail commun de la région et du département.
(Pour les « Portes du Tarn » nous cernons mal le positionnement de la région, et le département de par la loi NOTRe doit se limiter à l’octroi des aides à l’immobilier d’entreprise, à la voirie et au tourisme…)
Monsieur Lavignolle, élu de la minorité de Bessières apporte la note interrogative dans les réflexions.
Non opposé à l’entrée de Val’Aïgo dans le SMIX, il dit manquer d’informations chiffrées, du fameux prévisionnel qui inquiétait nos élus lors du conseil précédent, il rappelle que l’engagement financier de notre intercommunalité dans le montage est d’environ 11%.
Il semble énervé par l’absence d’interlocuteur de proximité et dit l’importance d’un soutien professionnel en accompagnement.
Il considère comme un risque le montage à la carte avec les transferts de compétence et souhaite une prudence financière.
« Il est vrai que lors du dernier conseil Monsieur Raysséguier souhaitait cette même prudence et évoquait la fragilité financière de notre intercommunalité. »
Un élément semble rassurer nos élus, les délibérations doivent être adoptées à une majorité représentant 85% des suffrages exprimés.
La représentativité se décompose ainsi.
Sur les 16 élus qui forment le comité syndical, 6 délégués sont issus du département du Tarn, soit 37%,3 délégués pour le département de la Haute-Garonne soit 18,7%, 2 délégués pour Val’Aïgo dont un siégeant également au Conseil Départemental soit 12,5%, et pour finir 5 délégués au titre de la CCTA soit 31,25%.
Au total donc, 5 élus pour la Haute-Garonne avec un élu qui votera sous deux casquettes différentes et 11 délégués pour le Tarn ???
(Souhaitons-lui de ne pas avoir à faire face à des choix cornéliens, et projetons-nous dans l’avenir. Qu’arrivera t-il si le conseiller départemental n’est pas du même bord politique que le président du conseil. Quoique, quel est en fait le destin du Conseil Départemental 31 ?)
En pourcentages, CCTA plus CD 81 représentent 68,25%, CD 31 plus Val’Aïgo 31,2% mais ce qui reste important à retenir c’est la nécessité de blocage de 85%.
En fait qui pourra bloquer en cas de nécessité ?
Attendons de pouvoir prendre connaissance des statuts du SMIX.
Le vote ayant eu lieu avec deux abstentions, la parole a été donnée à Monsieur Joviado qui après avoir salué la capacité de débat au sein de Val’Aïgo a estimé que la politique allait reprendre le dessus dans le projet avec le soutien d’experts.
Nous restons pour notre part difficiles à convaincre que le choix d’intégrer le SMIX soit une véritable volonté. Sous le vocabulaire policé, se voulant optimiste se cache peut être une obligation de choisir. Choisir entre un pari risqué sur le SMIX et permettre à Buzet d’intégrer notre intercommunalité ou attendre pendant des mois encore la décision du Conseil Constitutionnel. Décision dont on peut aussi craindre les conséquences avec quelques recentrages sur le respect entre autre de la loi NOTRe.
En cette époque d’appels incessants au respect de l’argent public, c'est-à-dire le nôtre, reste à espérer que nous ne faisons pas un saut vers l’inconnu avec le risque d’impacter négativement nos finances intercommunales déjà précaires.
Un pari reste un pari.
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