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Conjuguons le verbe réfléchir à toutes les personnes, tous les temps, tous les modes.

Au passé…

Il est déjà bien loin le temps des « rédactions » où nos enseignants souhaitaient que l’on réfléchisse à des sujets « bateaux », « si vous étiez riche », « que pensez-vous du progrès », « qu’est ce que l’amitié » ? « Que représente pour vous l’hiver »…

Nous  avions alors fermement tout autant que naïvement  l’intention de changer le monde et monsieur l’hiver pour nos âmes sensibles n’était qu’un vilain. Déjà des personnes mouraient de froid, déjà !

 

Parfois on reste d’éternels adolescents, cela aide à de dépasser nos déceptions, entretient notre foi dans l’homme en général.

 

 

Au présent…

Envahis par la compassion, l’incompréhension, il faut garder l’espoir de le changer ce monde, tout autant aujourd’hui qu’hier.

Nous ne sommes pas devenus riches, nous sentons impuissants face aux pouvoirs financiers  qui dictent bien des conduites mais nous persévérons dans nos idéaux.

Ah,  être de toutes les batailles, de toutes les luttes pour l’égalité, contre la discrimination, la déshumanisation de cette société !

N’est pas l’Abbé Pierre ou Mère Theresa qui veut.

Bien des paramètres, des peurs entrent en ligne de compte et l’on s’oblige quelquefois  à devenir plus raisonnable.

Raisonnable, un vilain mot face à ce monde qui voit ressurgir de vieux démons, un vilain mot incompatible avec des sentiments passionnés.

Mais, est -ce perdre son âme, oublier son sens du devoir, de la solidarité que ne pas s’insurger sans réfléchir ?

Etre moins intempestif, moins rageur signifie-t-il que l’on oublie ses convictions profondes ?

Dernièrement, en entendant Monsieur le Président de la République rendre hommage à Madame Simone Veil, évoquer son engagement pour les droits des femmes, nous n’avons pu nous empêcher, face à la situation actuelle, de trouver cela insupportable et plus encore.

Combien de femmes tentent d’échapper aux humiliations, violées, battues ?

Combien, quitte à mourir, font le choix de la fuite  et serrant leurs petits dans les bras, montent dans des embarcations de fortune ? Combien de migrants meurent en mer ?

A-t’on le  droit de juger les dirigeants d’un pays limitrophe qui en  a accueilli de nombreux sans remettre en question nos propres  décisions ?  De  faire croitre les dissensions ?

Dans combien de villes de notre pays donnera t’on le nom de Madame Simone Veil à une rue, une place, une école ou, comme à Bordeaux ou chez nous, un pont ?

Cette décision n’est pas anodine, elle se doit d’être un engagement à la fraternité, à la solidarité, au respect de tous. Elle doit empêcher l’oubli, apprendre à réfléchir, infléchir, sans fléchir  afin que nous ne revivions pas une période de haines et de divisions.

Nous avons de la mémoire et l’indifférence n’est pas dans notre nature.

Parfois nous le regrettons, tellement c’est compliqué de se vouloir juste dans l’action, de faire face à des jugements hâtifs, qu’ils concernent autrui ou nous-mêmes.

 

Au futur…

Depuis longtemps maintenant, nous essayons d’assimiler, et c’est compliqué, que nous nous devons de raisonner en termes de territoires et non plus de périmètre communal.

Les lois s’empilent, s’enchevêtrent, se contredisent parfois, s’amendent…

Les compétences des uns et des autres, tout comme les habitudes sont chamboulées.

Sur certains sujets, en certaines circonstances des frontières se dressent encore et toujours  entre les communes d’un même territoire.

On évoquait avant des querelles de clochers, les clochers n’ont  plus rien à voir là dedans, il y en a 17 dans notre unité pastorale. Unité pastorale…

 Respecter la personnalité  de Madame Veil, garder en mémoire son passé, ses souffrances, son œuvre, son abnégation,  c’est aussi  travailler encore et toujours inlassablement à construire l’Europe, à tendre vers un monde plus juste, plus solidaire, plus respectueux de tous.

L’Europe un vaste sujet pour notre futur.

 

Au conditionnel…

Oui, un vaste sujet si l’on considère la difficulté de construire à un moindre niveau.

Vivre sur un même territoire devrait engager à réfléchir ensemble, travailler ensemble, se solidariser, et éviter de céder à la tentation, de médire, de mentir, au risque d’alimenter des incompréhensions, des rancunes stériles.

Mettre toujours en avant ses convictions sans prendre le temps d’écouter les autres, dénigrer tout ce qui ne correspond pas à nos attentes sans expliquer le pourquoi et le comment il serait préférable d’agir, est ce la solution ?

Se refuser par ailleurs  à entendre par principe, rejeter les idées parce qu’elles viennent de personnes dont on n’apprécie pas les méthodes, est ce porteur pour l’intérêt général ?

Tout le monde gagnerait à vivre sur un territoire apaisé ?

Cela ne signifie pas qu’il faille tout accepter de part et d’autre, juste discuter, échanger, tenter de comprendre avant d’acter une décision.

Oui il est difficile de se vouloir juste et solidaire tout en restant prudent pour ne pas ouvrir de « boite de pandore » préjudiciable.

 

Et si nous tous, élus comme citoyens,  mettions en avant une volonté, celle de bâtir un territoire où l’entraide ne serait pas une notion vague portée par les discours où l’intérêt général serait primordial où  l’on pourrait s’écouter et peut-être s’entendre…

Si  les frontières fondées  sur des égos, des réactions politiciennes, des ambitions personnelles s’effaçaient…

 Ne serait ce pas le plus beau et le plus constructif   des pieds de nez que l’on pourrait faire à ceux qui prospèrent sur les haines, les rancœurs, les désunions ?

Ceux qui restent aux aguets, attendent le moment propice.

La réflexion ne suffit pas toujours, les réponses restent trop souvent éludées. Restent alors  les rêves, on a souvent besoin d’un brin d’adolescence…

 

 

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