Désenclaver...
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Une politique de désenclavement digne de ce nom ne peut plus consister à couvrir uniquement et systématiquement le territoire d’infrastructures routières. Si elles se révèlent parfois indispensables, elles devraient s’accompagner de projets de territoires au service non seulement d’une croissance économique mais aussi de considérations sociales et de respect de ce qu’il est convenu d’appeler le développement durable.
Que signifie enclavement ?
Notre commune est souvent qualifiée d’enclavée.
Est-on seulement enclavé ou isolé lorsque notre territoire est coupé d’un système de relations établi entre les autres territoires ?
Si l’on se borne à considérer l’enclavement routier, faut-il l’observer par rapport à la proximité avec les autoroutes ?
Faut-il considérer les temps de trajet ?
Dans les années 95, déjà 20 ans, l’un des critères concernant le désenclavement était entre autre ce temps de trajet, il fallait mettre 45mn ou devoir parcourir 50km pour accéder soit à une gare TGV, soit à une deux fois deux voies soit à l’autoroute.
L’article 17 paragraphe I de la loi n° 95-115 du 4 février 1995 d’aménagement et de développement du territoire prévoyait qu’« en 2015, aucune partie du territoire français métropolitain continental ne sera située à plus de 50 kilomètres ou de 45 minutes d’automobile d’une autoroute ou d’une route expresse à deux fois deux voies en continuité sur le réseau national, soit d’une gare desservie par le réseau ferré à grande vitesse. »
Les autoroutes et le TGV constitueraient donc des gages d’une intégration au territoire national.
Inversement un isolement par rapport à ces réseaux ne permettrait pas de bénéficier de la dynamique d’ensemble de l’économie et de la société. Cela serait reconnu facteur de multiples difficultés.
Si l’on juge le désenclavement du territoire par rapport au critère des 45 minutes/50 kilomètres la France est un pays très largement désenclavé.
Combien consacrent 1heure 30 de leur temps en moyenne, pour se rendre soit à leur travail, soit sur les lieux de leurs études pour les plus jeunes ?
Constats, questions…
C’est super une gare TGV mais seulement si la fréquence des trains est adaptée pour rendre service aux habitants
Que dire de l’état du réseau routier secondaire ?
On peut toujours construire des infrastructures flambant neuf, si on ne considère pas le manque d’entretien de ce réseau…
N’est ce pas en 2006 que s’est réalisé le transfert de 17 000 kilomètres de routes nationales aux départements ?
N’y à t-il eu aucune aggravation des écarts entre les infrastructures des différents départements selon leurs moyens financiers et selon la taille du réseau à entretenir et à développer ?
Les modalités de compensation financière de ce transfert des routes nationales n’ont-elles pas créé des départements « perdants » et des départements « gagnants » ?
La détérioration du réseau routier secondaire n’affecte t’elle pas directement l’objectif du désenclavement du fait que les routes transférées sont généralement celles qui permettent de rejoindre le réseau structurant constitué des autoroutes et des routes à deux fois deux voies ?
Il semblerait que les moyens financiers aient essentiellement profité au renforcement des grands réseaux existants, reliant les agglomérations, au détriment des infrastructures permettant de relier des territoires à ces grands réseaux structurants, c’est-à-dire de les désenclaver.
N’est ce pas aussi en 2006 que l’Etat a décidé de privatiser les sociétés d’autoroute, se privant ainsi de financements après avoir financé ?
Et aujourd’hui…
Depuis plusieurs mois maintenant, on évoque jusque dans la presse l’état déplorable de nos routes secondaires. A quoi servira le constat…
Cet été, malgré la mise en pratique du 80km /h, les vacanciers sont de plus en plus nombreux à se tourner vers des itinéraires autre que ces autoroutes trop chères, souvent bloquées par des bouchons, des travaux annoncés bien entendu lorsque l’on est engagé.
On construit des infrastructures et par ailleurs on affirme que la voiture est vectrice de pollution. On prend des mesures restrictives, on complexifie les contrôles de véhicules pour pousser à renouveler le parc automobile sans considération pour les plus modestes qui ne pourront pas acquérir un véhicule dit « propre ».
Si seulement on leur donnait la possibilité d’emprunter des transports en commun, mais ça…
Nombreux sont ceux qui ont le sentiment de prêcher dans le désert.
Il faudrait reconsidérer le désenclavement et les moyens d’en sortir.
L’accessibilité des territoires passe t’elle par le tout routier, peut-on toujours penser rentabilité ?
Quel est l’avenir de l’alternative « chemin de fer » du transport routier collectif, du covoiturage?
Sans se vouloir dans une opposition systématique on ne peut adhérer aveuglément à la construction de nouvelles infrastructures. On se doit de tenir compte de la nécessité d’un véritable désenclavement durable, volontariste et réaliste qui n’oubliera pas les enjeux écologiques tout en travaillant au développement économique.
Tout considérer avec cohérence…
Il est facile de considérer le cas de notre Métropole et la polarisation des activités engendrée.
Il semble essentiel de déconcentrer les activités, c’est bien l’espoir des « Portes du Tarn », l’objectif affiché de l’autoroute vers Castres, la multiplication des ZIR, ZAC…
Attention à ce que l’aménagement du territoire ne devienne, si l’on n’y prend garde, un déménagement du territoire.
Par ailleurs des exemples démontrent que la corrélation est parfois fragile entre la réalisation d’une infrastructure et le développement économique attendu.
Les études réalisées à partir des données des autoroutes démontrent ainsi qu’un territoire en déclin économique structurel, et sans réel projet de reconversion, voit ces difficultés s’amplifier à l’arrivée d’une autoroute.
Dans certains cas les infrastructures de transport peuvent inciter à la périurbanisation, ce terme pour évoquer l’extension de quartiers à la périphérie des infrastructures. Cela peut avoir des conséquences environnementales dont on commence à prendre conscience, bétonnage, diminution des terres agricoles...
Plus on facilite l’accès aux grands centres et aux grands axes, plus les populations s’en éloignent puisqu’il est possible d’habiter plus loin tout en maintenant son temps de trajet quotidien. Il faut garder en tête le souci de protection des espaces.
Pour conclure…
Il serait intéressant de débattre vraiment des critères du désenclavement et de le faire avec différents acteurs locaux qui ont une réelle connaissance de la situation concrète de leur territoire et des attentes de leurs habitants.
Peut-être faudrait-il aussi réactualiser les données car on s’aperçoit lorsque l’on cherche un peu à comprendre que c’est avec des informations parfois erronées que l’on décide de notre avenir et à une époque où tout change très vite, où il est plus aisé de collecter différents paramètres, c’est plus que regrettable.
Autre constat, trop souvent l’enclavement numérique vient s’ajouter à l’enclavement physique.
Dans cette période de restrictions financières, peut-être faudrait-il aussi chercher à diminuer les coûts de réalisation des projets. Il serait ainsi possible d’améliorer aussi l’existant mais cela relève d’une réelle volonté politique.
De même pourrait-on se poser la question au niveau infrastructures des normes techniques. Elles pourraient être différenciées en fonction de la densité des trafics entre milieu rural et milieu urbain.
De nombreuses pistes de travail en commun…
