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Docteur Jekyll et Mr Hyde…

Les « gilets jaunes » seraient des inconscients prêts à persévérer dans la destruction de notre planète.

Les automobilistes, il faut donc les taper au portefeuille comme disent certains, pour les engager sur la bonne voie

Mais les gens ils ne sont pas si stupides que le pensent ceux qui disent gouverner le pays.

Ils ont compris que les taxes ne servaient pas vraiment la transition écologique, ils s’étonnent qu’on leur prenne sans cesse de l’argent pour les pousser à être vertueux alors  que pendant ce temps nos « élites » discutent TAFTA, CETA …

Ils se demandent pourquoi la société TOTAL part encore à la recherche de l’or noir puisqu’il est néfaste. Pourquoi elle  peut se permettre de détruire des écosystèmes en Guyane. Pourquoi elle n’est pas légitimement touchée au portefeuille elle aussi.

Les gens, ils se demandent pourquoi les gares ferment, pourquoi les services publics disparaissent alors que les impôts eux augmentent, pourquoi on les pousse à recourir de plus en plus à leurs véhicules pour aller dans les hôpitaux, au bureau de poste qui s’est éloigné, puisque c’est mauvais pour la planète de rouler…

Ils voient partout pousser d’immenses hangars logistiques pour stocker ces produits venus par la voie des airs ou par cargo et distribués sur le territoire par des flottes de camions.

Ils voient à la télévision se multiplier ces immenses bateaux croisières, véritables villes flottantes, dans lesquels ils ne voyageront jamais, entendent parler des déplacements en jets privés... 

Tous circulent avec du kérosène  non taxé.

Combien de puissants lobbyings pour tuer notre terre, pour détruire notre santé, pour décimer des peuples en polluant leur environnement, leur eau…

Combien de gilets jaunes trient consciencieusement leurs déchets, tentent de privilégier les circuits courts, n’utilisent plus de désherbants chimiques… ?

Combien ne demanderaient pas mieux que de changer de véhicule même s’il y aurait beaucoup à dire sur les véhicules électriques tant mis à l’honneur présentement et pas seulement au niveau de leur prix.

Combien encore se passeraient de longs trajets pour aller travailler mais n’ont d’autres choix que de s’éloigner des villes?

Et qui peut penser que des personnes vivent volontairement dans des passoires énergétiques difficiles et onéreuses à chauffer.

Et que dire de ces petits patrons qui font marcher l’économie, qui créent des emplois et payent sans cesse plus de charges sans avoir aucun droit en cas de maladie ou d’accident car ils n’ont pas les moyens de payer des assurances aux tarifs prohibitifs ?

Que peuvent-ils penser face aux gros du CAC40 ?

Quel mépris de dire il faut privilégier ceux qui travaillent à des retraités qui ont trimé toute leur vie.

La hausse des taxes agglomère toutes les déceptions, toutes les insatisfactions.

La colère s’est accumulée au fil des ans et là nous approchons de l’explosion. A l’origine elle n’était certainement pas manipulée cette colère mais nous ne pouvons savoir ce qu’il va en advenir.

BFMTV faisait hier le grand écart dans sa programmation,  François Ruffin et ensuite la réception des maires par Monsieur le Président de la République.

Nous n’avons pas résisté à écouter cette sorte  de débat entre nos élus.

Séduisant,  notre président, souriant, se voulant  pédagogue, pratiquant l’humour, résistant même à cette envie que nous aurions pu comprendre de faire taire ces maires bavards qui ne respectaient ni leurs consœurs ni leurs confrères ni lui le président.

Il y a eu de nombreuses questions pertinentes,  parfois un peu dérangeantes et l’interpellation d’un élu sur ses actes passés. Il a ignoré cette allusion M Macron.

Il serait anormal de faire porter la responsabilité de la situation sur le seul gouvernement actuel.

Il est tout aussi anormal comme l’a fait remarquer un maire que notre président oublie qu’il a fait partie du gouvernement précédent et de la sphère politique bien avant son élection. Bibi comme il s’est lui-même nommé n’est pas tout blanc.

Nous avons bien écouté car certaines questions nous renvoyaient à nos propres inquiétudes. Sur la loi Notre, sur la place des métropoles, des conseils départementaux, le pouvoir et le statut des maires,  sur l’immigration, la pauvreté et bien évidemment la transition écologique…

Sur la dotation globale de fonctionnement il reconnait qu’il reste beaucoup de travail à faire, d’ailleurs sur pratiquement tous les sujets il a mis en avant la nécessité de la concertation.

Nous sommes restés sur notre faim car si cette nécessité est revenue souvent dans les mots nous n’avons pas le sentiment qu’elle soit actuellement dans les actes mais rien n’est perdu a l’en croire.

A chacune et chacun il a laissé penser qu’en se rapprochant des ministères, des préfets, il y avait possibilité de trouver des solutions mais il n’a pas dit comment.

En contournant les lois obstacles, en les aménageant, en donnant des droits aux uns pas aux autres, serait-il possible de contourner toutes les réglementations, toutes les lois qui complexifient les gestions communales et intercommunales  ?

C’est vrai que nous ne sommes que des citoyens mais nous n’avons pas été convaincus par ces réponses. Il y a déjà des inégalités territoriales difficiles à gommer et nous n’avons pas le sentiment que les réponses apportées soient assez transparentes et concrètes pour réduire certaines fractures.

Elles dénotent une volonté de proximité qui ressemble à un leurre et rendra plus amers encore ceux qui y croient.

Par exemple, que doit penser Madame la maire de Laffitte Vigordane qui a souhaité des explications sur la métropole toulousaine et le département.

Sa question traduisait les inquiétudes de nombre d’élus de communes rurales, nous avons entendu que tout pouvait se discuter, qu’il fallait échanger pour construire harmonieusement le territoire sans laisser qui que ce soit sur le bas coté.

Cela parait tellement évident à dire mais à faire…

Sur la transition écologique il tente de se persuader, ou il l’est réellement, qu’il a pris les bonnes décisions. Il reste juste à expliquer aux réfractaires,  oui mais expliquer quoi, les injustices ?

Les contradictions et incohérences qu’il relève chez les gilets jaunes il ne les  voit pas dans ses décisions et dans celles de son gouvernement ?

Il va jusqu’à dire il faut partager les contraintes, où voit-il un partage ?

Alors bien conscients qu’il faut agir pour tenter de stopper le dérèglement climatique et toutes les catastrophes d’aujourd’hui et celles prévisibles comment agir ?

Comment sans ajouter de l’huile sur le feu refuser d’adhérer à des mesures injustes qui ne régleront pas les problèmes ? Comment éviter que le peuple, celui des métropoles, des villes, des zones rurales n’en arrive à se diviser et à faire plus encore le bonheur de l’oligarchie régnante ?

N’occultons pas tous les dangers de la division, son impact possible sur notre démocratie.

Notre président peut-il rester le Dr Jekyll des riches et le Mr Hyde des modestes ?

 

Marie-Gabrielle Gimenez

 

 

 

 

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