Buzet-sur-Tarn : intervention de Gilles Joviado au sein du SCoT Nord Toulousain
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Publiée sur son facebook, l’intervention du maire de Buzet éclaire son positionnement sur le développement espéré de sa commune et les espoirs portés au sein de l’intercommunalité et du département.
Jeudi 21 février : journée de lancement de la Révision du SCoT du Nord-Est
En début de matinée et à l’invitation de Monsieur Philippe Petit, Président du SCOT du Nord Toulousain, je suis intervenu afin de présenter la Zone Agricole Protégée (ZAP) de Buzet et les liens attendus entre la zone des Portes du Tarn et la ZAP. (Vous trouverez ci-dessous le texte de mon intervention).
L’objectif de cette journée était que les élus s’emparent pleinement de cette révision de SCOT. Au-delà d’un document technique, la révision du SCOT doit être le reflet d’une vision politique partagée de notre territoire.
Nos atouts doivent être mis en avant ; affirmer l’identité et les spécificités de notre territoire et penser notre territoire en interaction avec nos voisins : métropole toulousaine, Tarn, Tarn et Garonne.
6 thèmes transversaux devront être traités lors des travaux de révision du SCOT : organisation spéciale du territoire ; agriculture et environnement ; logement & densité ; économie & emplois ; équipements & services ; mobilité.
Après un travail des élus en atelier sur les différents thèmes énoncés ci-dessus où états des lieux et souhaits furent exprimés, les enjeux de territoires nous ont été présentés : plan de mobilité rurale ; formes urbaines et densité ; atouts, faiblesses, opportunités & menaces, quels enjeux pour notre territoire.
Nouvelle commune du SCOT du Nord Toulousain, Buzet a largement été mise en avant lors de cette journée : ZAP, formes urbaines et densité, Portes du Tarn et programme de logements sociaux Mesolia.
Le texte de mon intervention :
« La zone agricole protégée fait partie d’une vision globale pour notre commune.
La zone agricole protégée de Buzet a été créée par arrêté préfectoral en août 2017. Au terme d’une procédure débutée fin 2014, la première zone agricole protégée de notre département et la plus grande de France vit donc le jour : 1051 hectares au total.
Un petit mot sur Buzet qui est enfin dans le SCOT du Nord Toulousain depuis juillet 2018. Depuis 5 ans, nous avons acquis, bon gré mal gré, une grande expérience car nous avons travaillé et travaillons sur 2 SCOT différents, 2 intercommunalités, avec 2 départements, la région et bien entendu les services de l’État que je remercie.
Alors Buzet.
Buzet compte environ 3000 habitants (recensement terminé hier) et une population jeune : 400 enfants aux écoles (élémentaire et maternelle), le tiers des enfants du collège de Bessières sont des Buzétois. Situé à 25 Kms de Toulouse, nous avons 2 échangeurs autoroutiers qui desservent la commune, la RD 888 ainsi qu’une gare en activité.
La commune s’étend sur 3 000 hectares : 1000 hectares de forêt : la forêt de Buzet (dont la majeure partie de la forêt départementale (seule du département et classée premier Espace Naturel Sensible du département donc haut lieu de la biodiversité avec prochainement la maison de la biodiversité), le Golf de Palmola et une partie environ 400 hectares de forêt privée), 1400 hectares de terres agricoles, le tarn et nos 250 hectares de coteaux dont une partie appartenant à une association forestière.
Buzet est, de fait, le poumon vert du Nord-Est Toulousain.
Que représente l’agriculture à Buzet ?
Au niveau agricole, Buzet c’est : 1400 hectares cultivés répartis sur 46 exploitations, bien structurées (SAU moyenne 90 hectares), 80% d’exploitations « professionnelles », moyenne d’âge moins de 50 ans, production diversifiée (grandes cultures, élevages, maraîchage, arboriculture et bientôt vignes et glaces artisanales produites à la ferme), vente directe (viande, fruits, légumes), 92% des exploitations en phase de développement ou de croissance), 1051 hectares irrigables (plus de 30 pivots), 605 hectares drainés, 565 hectares en zone protégée production semence tournesol..., ASA d’irrigation et de drainage (25 irriguants), CUMA (19 adhérents).
En créant la ZAP, il ne s’agissait pas de faire de Buzet une réserve d’agriculteurs mais bien d’assoir un positionnement stratégique en terme économique, environnemental, historique et touristique pour Buzet tout en donnant la possibilité à notre agriculture d’être armée pour les grands défis de demain : transition agricole, développement des circuits courts etc etc.
Il ne faut jamais oublier qu’un agriculteur est avant tout un chef d’entreprise et qu’il est primordial qu’il ait les moyens de s’adapter aux évolutions parfois brutales de son secteur d’activité.
Cela passe par la préservation de l’outil de production agricole et des investissements réalisés au cours des 25 à 30 dernières années (remembrement, drainage, irrigation).
Le positionnement stratégique avec une vision globale ainsi décrit devrait permettre à Buzet de se développer sur ses atouts.
Pour nous, quand on a la chance d’avoir des atouts sérieux, le maître-mot est que le développement d’une commune ou d’un territoire doit partir de ses atouts et non d’une vision ex-nihilo, hors sol contre le territoire, en fait une simple et banale réplique de ce qui se fait déjà ailleurs. C’est aussi une question d’identité de territoire.
La création de la ZAP répondait à une volonté communale de disposer d’un outil de protection des espaces agricoles plus fort et plus durable que le PLU pour assurer le maintien d’une activité agricole dynamique sur le territoire.
Nous avions une double préoccupation :
1. Affirmer que le premier secteur d’activité économique de la commune était l’agriculture ;
2. Créer des liens directs ou indirects avec les activités et entreprises qui s’installeraient dans la future zone des Portes du Tarn (198 hectares au total dont 52 sur Buzet).
Nous avions développé, couplé au projet de création de la ZAP, un projet alternatif au projet initial des portes du Tarn : l’aïgopole qui s’appuyait sur les atouts du territoire, sur la problématique future du manque d’eau (plan Garonne 2050) et les besoins industriels de demain en la matière, besoins créateurs d’emplois de tout niveau pour nos populations.
À l’époque, nous imaginions l’installation d’un pôle de compétitivité sur l’eau aux Portes du Tarn.
C’est ce projet alternatif et cette ZAP qui me valent, entre autres choses, d’être ici parmi vous ce matin car j’étais le Président de l’association porteur de ce projet avant de devenir Maire de Buzet.
Bien que nous ayons toujours du mal à nous faire entendre, les porteurs du projet des Portes du Tarn ont revu, au fil du temps, leur projet pour tendre vers un projet de territoire tourné vers l’avenir.
Nous espérons qu’avec l’arrivée du conseil départemental dans les instances décisionnaires et le changement de gouvernance au niveau du département du Tarn, la zone des Portes du Tarn pourra enfin se développer sur des bases solides en lien avec notre agriculture et notre positionnement économique stratégique (eau, transformation agricole, produit agricole dédiés à la santé et aux cosmétiques, industrie en lien avec l’agriculture, la biodiversité, les transitions écologique et énergétique).
Le territoire de Buzet pourrait être et va être, je n’en doute pas, un excellent terrain d’expérimentation pour les industriels qui s’installeraient sur ces thématiques là sur la zone.
Il est grand temps que la commercialisation de cette zone créée en 2012 (il y a maintenant 7 ans) démarre enfin pour l’intérêt de notre territoire et les finances de nos concitoyens...
Le travail que nous avons accompli afin que la zone des Portes du Tarn ne soit plus une zone seulement tarnaise cherchant à bénéficier de l’attractivité de la métropole toulousaine mais devienne maintenant une zone portée par 2 départements, 2 communautés de communes et peut-être un jour la région donc une zone tarnaise et Haut-garonnaise suivie par la Région Occitanie.
Ce travail devrait contribuer au succès de la zone en liaison avec notre territoire et notre zone agricole protégée. »
Une phrase reste pour nous sibylline, elle concerne un projet de territoire tourné vers l’avenir, Terra2 est-il un projet d’avenir ?
Peut-il être intégré à un projet tourné vers une agriculture en mutation ?
« Bien que nous ayons toujours du mal à nous faire entendre, les porteurs du projet des Portes du Tarn ont revu, au fil du temps, leur projet pour tendre vers un projet de territoire tourné vers l’avenir. »
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