Quand on est en souffrance, le cabinet est-il la solution ?
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Depuis les lois de 1992 et 1999 les intercommunalités n’ont de cesse de grandir et de se voir transférer des compétences autrefois du domaine communal.
La loi NOTRe qui ne l’est pas vraiment est venue complexifier davantage encore le domaine en redéfinissant les compétences de la région, du département de l’intercommunalité.
Le dernier conseil communautaire de Val’Aïgo confirme une situation financière délicate. Vous pouvez retrouver le compte-rendu succin sur le site intercommunal.
Nous ne complèterons pas les informations, ne nous positionnerons pas sur les réactions des uns et des autres. Nous revenons seulement sur la remarque, réitérée plusieurs fois au cours de précédents conseils, d’un élu villemurien qui à déploré le manque de communication, nous dirons d’information, émanant de la structure intercommunale.
Pourquoi ?
Le programme qui accompagne chaque élection est une sorte de contrat passé entre élus et électeurs, si une des clauses n’est pas remplie il faut expliquer pourquoi. Nous avons manqué d’information sur les évolutions de notre intercommunalité.
Il aurait été bon pour une meilleure compréhension de la situation actuelle que soient publiquement exprimés quelques éléments importants et ce en toute transparence.
Cette communication aurait pu prendre la forme de bulletins semestriels, de réunions publiques dans plusieurs communes.
Il nous sera opposé une fois encore le peu de participation des habitants à ce genre de rencontre. Nous répondrons, peu importe, chacun ses choix mais au moins elles auraient eu le mérite d’avoir été proposées.
Trop tard ???
Nos élus intercommunaux semblent s’orienter vers la recherche d’un cabinet d’expertise fiscale et juridique.
Ce dernier serait en charge d’examiner rétroactivement sur deux ans la situation de Val’Aïgo et de faire une prospective et un accompagnement afin de rétablir la situation financière sur les trois ans à venir.
Avec cette aide nos élus pourront dessiner notre avenir, redresser la situation mais aussi étayer des choix insufflés par cette expertise.
Nous avons souvent estimé qu’un audit avant le début de chaque mandature pourrait être intéressant, son coût nous a souvent été opposé.
Pourtant d’après monsieur Raysséguier il ne serait pas prohibitif en rapport du service rendu. A se demander pourquoi il a fallu attendre d’en arriver là, pourquoi cette proposition n’a pas été émise par monsieur le maire de Bessières bien plus tôt.
En fait, a quoi servira le recours à ce cabinet, nous ne nous avancerons pas sur la réponse bien qu’elle nous brûle les doigts ou le clavier…
Monsieur Raysséguier mettrait en avant notre défaut de toujours extrapoler, nous exprimons juste nos inquiétudes, nos doutes…
Sans aucune aide nos élus auraient pu nous expliquer.
Les efforts pour ne pas augmenter les impôts face à la baisse des dotations.
La loi NOTRe et l’obligation de grandir, les transferts de compétences les choix effectués, les avantages et les contraintes de la fusion avec Buzet…
L’option mutualisation des services, personnels et machines, concrètement, chiffrer les économies faites…
Il aurait été intéressant de faire un point sur des charges qui peuvent paraitre lourdes mais qui s’avèrent indispensables pour maintenir le lien social, construire des solidarités…
Quand nous évoquons le SMIX, bien peu de personnes savent de quoi il s’agit, pourtant l’adhésion à ce syndicat de gestion des « portes du Tarn » n’est pas sans incidence sur nos finances.
Idem pour la délégation de la compétence d’octroi d’aide à l’investissement des entreprises consentie au département, c’est quoi ce truc se demanderont quelques habitants.
Et encore et toujours pareil pour la loi GEMAPI, cette loi quelque peu imbuvable bien que concernant les cours d’eau, cette loi qui fait se profiler une taxation supplémentaire dont le coût, s’il est voté, pourrait varier jusqu’à 40euros par habitant.
A quoi servira cet argent ?
Le bilan de la délégation de la collecte des déchets ménagers aurait permis de dégager si ce choix avait conduit à des améliorations, d’en connaitre le coût, de parler des évolutions à venir…
Nos élus auraient pu évoquer publiquement combien la multiplication des Zones d’Intérêt Régional, des Zones d’Aménagement Commercial peut desservir des territoires pour en avantager d’autres ?
Ne faudrait-il pas davantage de cohérence dans tous les choix d’implantation, plus de respect des objectifs ?
Nous ne reviendrons pas sur tout ce qui aurait pu être fait, expliqué en matière d’inadéquation entre les charges croissantes et les recettes.
La dictature de la transparence ? Non !
Un travail de pédagogie qui est une ardente nécessité voire une obligation. Il ne sert à rien de dire oui mais, les gens sont habitués à trop de services et patati et patata…
Ca ne sert à rien si ne sont pas clairement expliqués les coûts des choses, les choix à effectuer.
Ca ne sert à rien de faire des reproches sur d’éternelles exigences alors que par ailleurs nos finances sont engagées sans que nous soyons informés.
Le dialogue devrait être constant avec tous les citoyens, cela fait partie du contrat démocratique conclu entre élus et électeurs.
Si les citoyens se désintéressent c’est leur choix mais il faut leur proposer de participer à des échanges.
A quoi bon ?
C’est un moyen d’expliquer concrètement que la somme des intérêts particuliers ne sert pas toujours l’intérêt général. Un travail compliqué nous en convenons, un travail de longue haleine, un vrai travail politique qui doit donner des éléments pour aider à comprendre la situation du territoire.
On nous opposera peut-être, qu’il est impossible de toujours se soucier de l’opinion des administrés, sous peine de remise en question permanente, tant les opinions sont rarement unanimes.
Positionnement quelque peu simpliste.
Apprendre à réfléchir collectivement avec objectivité et bienveillance de tous les cotés peut permettre de dégager des valeurs communes au service de l’intérêt de la collectivité. N’est ce pas en s’unissant que nous prenons de la force ?
Ne sommes-nous pas nombreux à vouloir construire des projets dans le but d’améliorer encore et toujours ce vivre ensemble si souvent mis en avant ?
Tenez, prenons une fois encore le sujet du SMIX, nous avons ressenti comme une obligation d’y adhérer, allez, osons aller plus loin, même comme une forme de chantage…
Qui a eu le courage d’en parler ouvertement, d’expliquer aux habitants certains désaccords avec la méthode, qui ?
Pourquoi les habitants concernés n’ont-ils pas eu toutes les informations nécessaires pour juger de la pertinence de cette adhésion ?
Si nos élus nous avaient témoignés une parcelle de considération n’auraient-ils pas dû nous expliquer tout cela au lieu de nous laisser chercher les informations.
Pour comprendre de quoi il s’agissait, nous avons du nous rendre à une réunion publique à Buzet. Cela, bien avant que ne soit réglé le problème posé par le Tarn à l’intégration de cette commune dans notre intercommunalité.
Un cabinet d’expertise financière et juridique indépendant aurait peut-être été utile pour anticiper les risques d’adhésion à cette zone!
En conclusion…
La notion de proximité est souvent évoquée quand il s’agit d’élus locaux.
Cette proximité les électeurs y sont sensibles. Nos élus locaux ne devraient jamais perdre de vue le rôle qu’ils ont à jouer pour intéresser les citoyens à la vie publique locale.
Ne sont-ils pas les mieux placés pour tenter de fédérer les énergies, pour conduire la concertation entre les différents partenaires acteurs et animateurs de la vie publique locale ?
Une défaillance à ce niveau est préjudiciable à la confiance accordée.
A quoi bon s’étonner ensuite de l’abstention, crier au désintérêt des électeurs ?
Reste à espérer que les habitants de Val’Aïgo seront à l’avenir mieux et plus informés, que les choix pour notre territoire ne se feront pas sans nous, avec le seul recours à un cabinet d’expertise financière et juridique « indépendant »…
