Aujourd’hui comme hier…
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Et pendant des heures pourraient disserter,
Nombre de philosophes et d’esprits éclairés
Sur la dure sentence par Stendhal énoncée.
« La parole a été donnée à l’homme pour cacher sa pensée. »
L’expérience aidant, nous voilà convaincus
Que ce don se révèle ma foi, fort répandu.
Vivre en société impose convenances,
Et il faut de tout mot peser les conséquences.
Nous sommes, malgré tout, quelque peu énervés
Qu’un langage étudié formate les pensées,
Que la langue de bois voile réalités.
Euphémismes, oxymores et même pléonasmes
Deviennent pansements, subtiles cataplasmes,
Pour mieux cacher les maux de nos sociétés.
Un chat n’est plus un chat mais devient un minet !
Déjà en son époque, dénonçant le fléau,
Jaurès, le grand Jaurès avait le verbe haut.
« Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots »
Avec notre intellect au raz des pâquerettes,
Nous voudrions remplacer, même si c’est incorrect,
Le verbe de la phrase évoquant le pouvoir.
Nous le remplacerions justement par vouloir…
Politiciens, journalistes, experts, elle est longue la liste
Des démagogues servant l’autel capitaliste.
Nous sachant imparfaits, sans fort jeter la pierre,
Nous souhaitons relever quelqu’autres vilains travers.
Assurer qu’on ne peut critiquer, condamner
Les actes de ces gens qu’on dit bons à jeter,
Et agir face à eux de manière hypocrite,
Leur accordant en plus quelques actes émérites.
Avoir double langage n’endort pas tout le monde.
En quelques esprits déçus c’est colère qui gronde.
On ne peut aujourd’hui avec de beaux discours,
Vider les mots de sens, malgré leurs beaux atours,
Espérer endormir, convaincre voire soumettre.
A vouloir feindre l’ange on décuple la bête…
On ne peut dire rouge et vert le lendemain,
Ca ne saurait tromper, même un daltonien.
Mais arrêtons ici de noircir le tableau,
Versatilité, hypocrisie, inconscience, il y a trop de maux
Le pire étant sans doute ce qu’on nomme égo…
Marie-Gabrielle Gimenez
