Villemur sur Tarn. Procureur pour l’école publique…
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Villemur sur Tarn. Procureur pour l’école publique…
A Villemur la lutte contre la fermeture d’une classe recommence. Enseignants, parents, élus locaux, citoyens se doivent de s’unir face à l’obstination de l’académie.
Non c’est non !
Baisse des effectifs prévue pour l’année à venir égal un poste fermé et nous n’avons que faire des prévisions à la hausse pour l’année suivante.
Toutes les argumentations, aussi fondées soient-elles sont balayées par la dictature des chiffres.
Doit-on en déduire comme le font les parents que nos bouts de choux ne sont que des numéros…
C’est triste mais…
Ceux qui ont eu à affronter une fermeture de poste savent combien les chiffres sont considérés quand il s’agit de fermer un poste, combien ils sont dédaignés ou contournés quand la nécessité d’en ouvrir un est bien réelle.
Est-il utile d’évoquer la situation actuelle ?
Peuvent-ils se contenter d’ignorer les répercussions de la pandémie sur la scolarité de nos gamins, sur leurs jeunes cerveaux obligés d’intégrer des consignes difficiles à respecter, subissant des contraintes qui ne favorisent pas la sociabilisation.
Ca y est nous voila une fois de plus procureur.
Après tout, un procureur n’est-il pas chargé de défendre les intérêts de la société.
Existe-t-il un plus grand intérêt que l’avenir des générations futures ?
Et leur avenir passe par les apprentissages primordiaux délivrés par l’enseignement.
Nous avons eu la chance d’apprendre à lire, à écrire, à compter, dans les écoles de la République avec des enseignants investis.
De ces enseignants qui ont à affronter bien des soucis au sein même de l’institution sans doute plus encore aujourd’hui qu’hier.
Leur objectif c’est d’apprendre les rudiments, les bases et bien au-delà, à réfléchir, analyser…
Pour que les enseignants puissent accomplir cette mission il leur faut des moyens.
Des classes surchargées ce n’est pas l’idéal pour transmettre le savoir, les méthodes d’apprentissage et c’est durant les premières années que s’éveille l’envie d’apprendre, de découvrir, d’approfondir les connaissances.
Notre ministre de l’éducation nationale et toutes les personnes travaillant sous ses ordres ne peuvent ignorer l’attachement de notre président aux belles lettres et aux intellectuels. Enfin à ceux qui ne le contrarient pas trop.
Tous les enfants ne deviendront pas des intellectuels au sens entendu du terme, la richesse d’une nation c’est la diversité des êtres, des talents multiples et le respect de chacun.
Dans leur devenir il y a bien des paramètres à considérer.
Quitte à être procureur, déplorons le peu de considération accordé aux requêtes des parents, des enseignants, ici comme ailleurs.
Il y en a des « ailleurs » pour lesquels nos ministres se vantent de débourser d’importantes sommes, de veiller à ce qu’il y ait des enseignants, des éducateurs…
Nous nous réjouissons et apprécions à leur juste valeur tous les efforts consentis pour « l’égalité des chances ».
En bon procureur nous souhaiterions plaider pour une forme d’équité qui consisterait à écouter tout le monde, ceux qui crient très fort comme les autres dont les voix portent moins…
Notre commune comme bien d’autres en milieu dit « rural » a besoin de considération. Les parents d’élèves, les enseignants, les élus locaux sans doute, sont à même d’expliciter les efforts consentis pour accueillir dans de bonnes conditions des enfants allophones, pour faire progresser les niveaux en essayant de faire suivre tout le monde sur le chemin de la réussite, dans une ville où la précarité existe aussi.
Il est reconnu que le niveau scolaire va en s’améliorant. Comment accepter le risque de freiner l’évolution en augmentant les effectifs par classe.
Déshabiller Pierre pour habiller Paul, peut-on considérer cela comme une solution quand on dit vouloir porter l’égalité des chances en délivrant un enseignement de qualité, dans de bonnes conditions d’apprentissage ?
Des statistiques ont démontré combien il était difficile pour les enfants des classes moyennes, des classes défavorisées d’accéder aux classes préparatoires puis aux grandes écoles. Ces milieux ne se situent pas uniquement à la périphérie des grandes villes.
Le gouvernement, notre gouvernement, au temps des « gilets jaunes » se voulait le « héraut » de la démocratie du bas vers le haut, il initiait de grands débats nationaux et disait écouter ceux qui sont devenus des « procureurs ».
Nous avons compris depuis longtemps que pour notre président les paroles n’ont de valeur qu’en fonction de qui les prononce.
Celles des intellectuels semblent plus recevables, Il ya d’ailleurs une forme de mépris à mettre certains sur un piédestal.
Notre président de la République à été un temps l’assistant de Paul Ricœur et il aime à conter cette anecdote
A un étudiant audacieux qui l’interpelait ainsi « D’où parlez vous, d’où vient votre autorité ? » monsieur Ricœur répondit « mon autorité vient de ce que j’ai lu plus de livres »
Pour bien lire il faut avoir la chance d’avoir reçu un bon enseignement.
Cela est cohérent. Alors il faut donner à nos écoles publiques des moyens en cohérence avec les objectifs à atteindre qui consistent à tendre vers toujours plus d’égalité dans l’acquisition des savoirs. Après…
Marie-Gabrielle Gimenez
