ROB : Le point sur les associations nous interpelle.
-
Des considérations bien réelles mais souvent galvaudées.
Oui, les associations constituent des piliers de la vie sociale et culturelle, elles développent des notions de solidarité, responsabilisent, favorisent l’autonomie des plus jeunes.
En travaillant à l’intérêt général, malgré quelques dérives avérées, elles luttent contre les inégalités, l’exclusion, travaillent à créer du lien.
Une réaction.
Nous reconnaissons à sa juste valeur le soutien municipal d’hier comme d’aujourd’hui et sommes conscients de l’investissement effectué au niveau du village associatif.
Difficile aujourd’hui de trouver l’expression juste pour décrire nos sentiments qui oscillent entre colère, désespérance, tristesse, questionnements…
Notre expérience.
Nous avons participé à plusieurs associations et notamment à des comités des fêtes qui avec peu de bénévoles sont arrivés à faire vivre d’heureux moments aux habitants de notre commune, à initier le Téléthon…
Des bénévoles n’ont pas eu besoin d’un manager de ville pour faire vivre la défunte foire de la ST Marc en consacrant des soirées et leurs téléphones personnels pour recruter des commerçants ambulants, pour trouver des animations peu onéreuses pour la satisfaction des gamins Des bénévoles n’ont pas compté leur temps, ont oublié leur fatigue, ont bravé le froid pour ouvrir une patinoire durant les vacances scolaires de Noël, se sont déplacés , à leurs frais, dans les vide greniers des alentours pour recruter des exposants…
Parce que respectueux des deniers publics, nous avons fait partie de ces bénévoles énervés en trouvant le chauffage mis à fond dans des salles communales désertées tout un week-end. Nous savons le coût engendré par les fluides.
Et ils sont nombreux les bénévoles respectueux…
Nous avons déploré la mort d’une association « Pouss les Murs « qui de novembre à juin animait par diverses manifestations notre commune et ne demandait que des locaux. Les sommes récoltées étaient remises aux écoles.
A force de dévouement, de diplomatie, de respect entre tous, des associations ont tissé des liens entre elles pour le bénéfice des habitants.
C’est formidable de construire une nouvelle école, c’est certainement essentiel mais il n’y a pas que l’école ou le milieu familial pour faire grandir nos enfants…
Le milieu associatif qu’il soit culturel ou sportif nous fait grandir humainement à tout âge. Etre bénévole c’est tout un programme qui ne se contente pas de mots gratifiants…
Nous pensons aussi à la survivante MJC, un ange passe…
Nous aurions tant à dire sur les associations,
Constat :
Nous avons compris qu’il fallait souvent donner du temps au temps pour que se réalisent certains projets municipaux,
Serait ce sensé de privilégier le résultat à court terme ?
Pourquoi serait ce différent pour les associations ?
Il faut du temps, de l’expérience, des tâtonnements et aussi des subventions pour que les associations puissent progresser, se pérenniser…
Et même parfois avec le temps et malgré la reconnaissance de leur travail et de leur valeur il est des associations qui ne pourront survivre sans l’apport de diverses subventions.
Peut-on privilégier une logique comptable quand il s’agit de culture, les associations ne sont-elles pas créatrices de valeurs ?
Nos élus n’apprécient pas quand des citoyens font référence à leurs indemnités,
C’est décourageant de toujours se voir opposé des coûts. D’être considérés comme des consommateurs de deniers publics alors que l’on donne tant de sa personne, que l’on met son intelligence, sa force de travail au service de l’intérêt général.
Il en va de même pour le milieu associatif.
Nous avons toujours quelques réactions épidermiques lorsque le sujet associatif est sur la sellette car son coût est très souvent mis en avant. C’est un peu énervant, c’est occulter l’investissement personnel des membres les plus actifs qui mettent la main à la pate au sens propre comme au sens figuré et ne rechignent pas à la mettre parfois au portefeuille.
Ne pourrait –on reconnaitre une réelle valeur au don du travail ?
Nous questionnons :
Bien des associations ayant dans leurs rangs peu d’adhérents font vivre notre ville, travaillent à créer du lien y compris intergénérationnel.
Le nombre d’adhérents d’une association est-il un critère de valeur ?
Est-ce avec un tel argument quantitatif que l’on pense développer la mutualisation des moyens humains, est ce raisonnable de faire croître une forme de compétition, de faire craindre la perte d’identité et de financements ?
Les inquiétudes :
Trop souvent les associations reposent sur un noyau dur, réduit et qui plus est âgé.
Il faut affronter le manque de disponibilité, la responsabilisation juridique, parfois, pourquoi l’occulter, les égos de dirigeants attachés à leur poste et nous n’évoquerons même pas les désaccords politiques.
Avec humour nous avouerons avoir connu l’ambiance des cours de récréation, je tarte ta gueule à la récrée…
En fait nous sommes tristes.
Trop souvent l’incompréhension, la division, des rivalités contrarient des projets porteurs pour l’intérêt général.
Un regard bienveillant, encourageant, une considération autre que comptable, ponctuelle er intéressée sont souhaitables, il faut donner l’envie…
Cette pandémie a prouvé que des élans de solidarité naissaient spontanément. Ils sont venus démentir ce repli sur soi, cet individualisme trop souvent évoqués.
En conclusion
Nous avons compris depuis longtemps que nous sommes tous confrontés aux mêmes enjeux, que nous portons tous des envies communes pour nos territoires même si les chemins sont parfois différents.
La reconnaissance du rôle de chacun, la reconnaissance de la complémentarité permettraient de conduire des projets constructifs et de pérenniser l’envie de s’investir.
A force d’idéalisme, de bon sentiments, et ce n’est pas péjoratif, on pourrait basculer dans l’excès tout aussi préjudiciable que le découragement qui nous atteint…
Mais peut-être en vérité, n’avons-nous rien compris ?
.
