BATMAN CONTRE BADMAN…
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Nous avions déjà assisté il y a de cela plusieurs années à une soirée consacrée à l’écoute la nuit des chauves souris.
C’était à l’initiative d’une association environnementale qui avait constaté que nombre de ces mammifères vivaient sur les lieux de Brusson.
Cet été, nous avons renouvelé l’expérience via la maison de l’environnement de la forêt de Buzet.
C’était particulièrement enrichissant et nous avons pu constater l’engouement des chauves souris pour ces lieux privilégiés ou elles sont non seulement recensées mais surtout respectées. A l’aide d’un capteur notre savant accompagnateur nous a permis d’entendre des sons différenciés selon le type de chauve-souris et fourni de nombreuses explications et réponses aux questionnements des personnes présentes.
Savez-vous pourquoi la chauve-souris s'appelle comme ça ?
Contrairement à la souris, la chauve-souris n'est pas un rongeur. La confusion viendrait d'une mauvaise traduction à l'époque des Romains. La chauve-souris était autrefois appelée "cawa sorix", qui veut dire "chouette-souris", car l'animal ressemble à une souris qui vole la nuit. Mais le terme "cawa" a été transformé en "calva", qui signifie "chauve", d'où chauve-souris.
Ce mammifère est connu sous le nom de "chiroptère"(« chiro » main et « ptère » aile). Qui en grec signifie "vole avec les mains", ses mains sont « ailées ». A l'exception du pouce, les autres doigts sont particulièrement allongés et sous-tendent une fine membrane de peau, souple et élastique, assurant la portance, appelée le patagium.
Cette main ailée peut aussi servir de protection quand l'animal est au repos. Il s'en enveloppe alors telle une grande cape isolante. Les ailes agissent aussi comme un régulateur thermique. Les petits sont ainsi au chaud et protégés.
Brassant l'air nocturne, elles contribuent à abaisser la température de l'animal en vol. Les chauves-souris ne se contentent pas de voler, certaines se déplacent avec agilité sur le sol, dans les branches ou sur les voûtes des cavités.
Voir avec ses oreilles
Presque toutes les chauves-souris quittent leur gîte à la tombée de la nuit. L'essentiel des espèces s'oriente et chasse à l'aide de l'écholocalisation, un système comparable au sonar qui leur permet d'évoluer dans l'obscurité la plus totale. Elles font partie des rares animaux qui peuvent "voir avec leurs oreilles".
La vue, si elle est tout à fait fonctionnelle, constitue l'un des sens les moins performants, l'ouïe et l'odorat étant particulièrement développés.
Les Chauves-souris européennes sont des espèces « lucifuges », autrement dit, elles craignent et fuient la lumière.
Un monde à l'envers
Presque toutes les chauves-souris passent une grande partie de leur vie la tête en bas.
Les pieds des Chiroptères ont subi une rotation de 180° par rapport aux nôtres, adaptation qui s'avère idéale pour s'accrocher facilement aux branches, aux voûtes des cavités ou aux charpentes. Quand elles se suspendent, leur poids exerce une traction sur des tendons qui maintiennent les griffes en position d'accrochage. Elles ne dépensent donc aucune énergie, même pendues pendant de très longues périodes. La chauve-souris ne se pose jamais au sol mais se repose en se suspendant par les griffes des orteils à un support rugueux. Le fait d'être accrochée en l'air, il est plus facile pour elle de s'envoler pour chasser.
Seul mammifère capable de voler, la chauve-souris a opté pour cette technique afin d'échapper aux prédateurs. Cette position lui permet de s'envoler plus rapidement, sans avoir à prendre d'élan, car elle n'a qu'à se laisser tomber. Le corps s'est évidemment adapté afin d'éviter que le sang ne stagne dans le cerveau
Des insecticides naturels
En Europe, toutes les chauves-souris sont insectivores. En une nuit, une chauve-souris peut consommer près de la moitié de son poids en insectes variés tels que les moustiques et autres parasites de l'Homme, mais aussi des papillons de nuit dont beaucoup d'espèces se développent aux dépens des cultures, des arbres fruitiers… Les chauves-souris se comportent donc comme d'excellents insecticides naturels, et ceci sans empoisonner le sol et l'eau pour des dizaines d'années
Est-ce que les chauves-souris mangent les moustiques ?
Une chauve-souris peut manger des milliers d'insectes en une nuit (et notamment des moustiques !)
En moyenne, chaque nuit, la chauve-souris dévore l'équivalent en poids de 3 000 moustiques. De manière générale, la chauve-souris insectivore se nourrit quotidiennement d'un tiers de son poids en insectes. Mais certaines peuvent ingurgiter de bien plus grandes quantités, jusqu'à l'équivalent de leur poids total.
Un cycle biologique lié aux saisons
Les chauves-souris sont actives de mars à octobre, ce qui correspond à la période d’activité des insectes dont elles se nourrissent.
Au printemps, les femelles gestantes recherchent des abris calmes et sombres : arbres creux, ponts, combles… Les mâles vivent généralement en solitaire.
A partir du mois de mai les femelles se regroupent, mettent bas et élèvent leur unique petit de l’année. Les jeunes voleront et deviendront autonomes dès le mois d’août.
Durant l’automne, mâles et femelles se regroupent pour l’accouplement et constituent des réserves de graisse vitales pour affronter les mois de jeûne hivernal.
Dès les premiers froids de l’hiver, certaines chauves-souris gagnent des sites souterrains tranquilles offrant une température douce et constante et une hygrométrie élevée (grottes, mines, caves, fissures). Elles y séjourneront jusqu’au printemps en hibernation. D’autres passeront l’hiver dans des cavités d’arbres.
Espèces françaises de chauves-souris
Actuellement, on compte plus de 1400 espèces soit environ 20% des mammifères mondiaux, réparties dans 18 familles. 35 espèces sont reconnues pour la France métropolitaine. Grand rhinolophe Petit rhinolophe Grand murin Pipistrelle commune…
Elles jouent un rôle écologique essentiel et sont de véritables indicateurs de la bonne santé d’un écosystème
Malheureusement, pratiquement toutes les espèces de chauves-souris européennes ont régressé et de nouvelles menaces continuent d’apparaître...
Des peurs, des craintes…
Les chauves-souris ne sont pas des rongeurs, elles ne viendront pas ronger les câbles et l’isolation des bâtiments. Ce ne sont pas des animaux destructeurs, elles n'apportent aucun matériau au gîte, ne construisent pas de nid. Elles laissent uniquement leur guano sur place.
La légende est tenace mais jamais une chauve-souris ne se prendra dans vos cheveux. Son vol est très précis et son système de guidage par ultrasons (écholocalisation) permet de détecter des objets d’une grande finesse.
Les chauves-souris utilisent prioritairement leur vue pour se repérer. Elles peuvent d’ailleurs être éblouies ou perturbées par l'éclairage artificiel extérieur. L’écholocalisation est privilégiée lors de la chasse ou de déplacements en zone inconnue.
Relation entre les chauves-souris et les maladies infectieuses et virus
Quelle est la situation en France ?
En France, les chauves-souris peuvent être porteuses de trois espèces du virus Il faut savoir qu'il existe un risque de transmission du virus via la salive d'une chauve-souris contaminée. Cette dernière n’est généralement pas agressive mais souvent plutôt apathique car affaiblie. Elle ne mordra que si on tente de la manipuler. C’est pourquoi, par mesure de précaution, il est conseillé d'éviter tout contact avec une chauve-souris en détresse ou de porter des gants en cuir épais s'il y a nécessité de la manipuler.
A ce jour, en France, aucun cas de transmission à l’Homme n’a été référencé.
Ces données sont régulièrement mises à jour grâce à un programme d’épidémiosurveillance de la rage mis en place par le Laboratoire de la rage et de la faune sauvage de l’Ansès-Nancy en collaboration avec les chiroptérologues de la SFEPM.
En France, comme en Europe, le guano des chauves-souris ne représente aucun risque sanitaire. Le cas de maladies respiratoires telles que l’histoplasmose n’est rencontré que dans des régions tropicales où le champignon du genre Histoplasma possède les conditions d’humidité et de chaleur pour son développement. Par ailleurs, le guano représente un excellent engrais naturel.
Est-ce bien d'avoir des Chauves-souris ?
Les chauves-souris contrôlent les populations d'insectes nuisibles sans pour autant nuire à l'environnement (comme ce serait le cas avec des insecticides). Elles dispersent les graines et pollinisent les fleurs (environ 500 espèces de fleurs du monde entier dépendent des chauves-souris pour être pollinisées).
Qu'est-ce qui attire les Chauves-souris ?
Les haies de feuillus sont appréciées des chauves-souris. Privilégiez les espèces indigènes qui attirent plus d'insectes. Favorisez les fleurs riches en pollen, les espèces odorantes, les arbres fruitiers à haute tige, les plantes qui fleurissent la nuit comme l'ipomée blanche ou le phlox de nuit.
Si elles ont trouvé toutes les conditions nécessaires, les Chauves -souris peuvent se montrer fidèles à leur gîte et revenir année après année comme dans la forêt de Buzet.
Quelle est la durée de vie d'une Chauve-souris ?
Les chauves-souris ont une espérance de vie très longue pour un animal si petit (15 ans pour une pipistrelle commune). Elles peuvent voler jusqu'à 50 km/h (20 km/h en moyenne)
De multiples facteurs menacent leurs populations :
La disparition ou la modification des gîtes : rénovation des bâtiments ou des ponts, fermeture de l’entrée des gîtes de repos souterrains, de reproduction, abattage des arbres à cavités, l’éclairage des monuments
La transformation de leur domaine vital (routes de vol et terrains de chasse) : densification du réseau routier ,le trafic routier est, comme pour les oiseaux, reconnu pour causer la mort de nombreuses chauves-souris (entre 15 et 30 % de la mortalité totale , abandon du pâturage extensif, destruction des haies, disparition de zones humides, homogénéisation des boisements, artificialisation des cours d’eau, pollution lumineuse, travaux (défrichement, excavation, terrassement création de chemins d’accès, câblage….). Bien des travaux ne prenant pas en compte ces mammifères…
Les dérangements durant l’hibernation ou la reproduction,
L'utilisation de produits chimiques : traitement de charpentes, pesticides, antiparasitaires...
Mortalité directe : prédation par le chat domestique, les petits carnassiers comme la fouine Certaines araignées, Les rapaces dont les principaux sont la chouette, le hibou, la buse, l'épervier, Les serpents.
L’impact des éoliennes sur les chauves-souris a été révélé récemment. C’est la mortalité directe qui semble être l’impact prépondérant. Les chauves-souris entrent en collision avec les pales ou sont victimes de la surpression occasionnée par le passage des pales devant le mât.
Les connaissances actuelles montrent que, parmi les mammifères, les chauves-souris sont les plus sensibles à l’installation d’un parc éolien. Or ce sont aussi des espèces souvent mal connues, qui jouissent d’une protection totale au sein de l’Union Européenne.
Dans le cadre d’un nouveau projet éolien, l’étude d’impact sur l’environnement doit donc intégrer des investigations spécialisées, au même titre que pour les oiseaux. Ces investigations doivent être adaptées au cycle de vie complexe des chiroptères et à leurs sensibilités spécifiques vis-à-vis des éoliennes.
Les raisons pour lesquelles les chauves-souris heurtent les éoliennes ne sont pas encore clairement établies. Après avoir relevé de nombreux cas de mortalité sans blessure apparente, il a été démontré que le mouvement « rapide » des pales, en entraînant une variation de pression importante dans l’entourage des chauves-souris, pouvait entraîner une hémorragie interne fatale (barotraumatisme).
Pour l’ensemble des parcs éoliens étudiés, il semblerait que les causes de mortalité vis-à-vis des éoliennes relèvent à la fois des collisions directes avec les pales et des cas de barotraumatisme.
Quelles qu’en soient les réelles causes, l’analyse des mortalités permet de constater que les espèces les plus touchées sont celles qui chassent en vol dans un espace dégagé, ou qui entreprennent à un moment donné de grands déplacements (migrations).
Le taux de mortalité par collision / barotraumatisme est évalué entre 0 et 69 chauves-souris par éoliennes et par an. Les facteurs qui influencent ce taux ne sont pas encore bien connus.
Les comparaisons avec d’autres types d’aménagements ne sont pas aisées en raison du manque d’études sur le sujet.
Le pouvoir attractif des éoliennes sur les chauves souris est pressenti. Les hypothèses sont variées à ce propos. On peut évoquer la curiosité supposée des pipistrelles, la confusion possible des éoliennes avec les arbres, l’utilisation des éoliennes lors de comportements de reproduction, l’attraction indirecte par les insectes eux même attirés par la chaleur dégagée par la nacelle ou l’éclairage du site…
Voir aussi le site de la SFEPM https://www.sfepm.org/sites/default/files/inline-files/CP_Eolien-25mai2021-SFEPM_0.pdf
Extrait: Un plafond de verre pour les chauves-souris. Cette menace caractérisée, contre un groupe d’espèces protégées par la loi, s’installe dans un silence impressionnant et reste méconnu du grand public comme des médias. Le gouvernement souligne pourtant que la protection de la biodiversité est un enjeu identique à celui du dérèglement du climat.
L’exclusion de zones d’implantation de projets de parcs éoliens vis-à-vis d’enjeux aéronautiques, de l’armée ou la conservation des bâtiments classés semble une chose acquise, mais ces restrictions de zones de développement
conduisent les développeurs à se rabattre aujourd’hui sur les milieux plus délaissés et les plus sauvages, particulièrement favorables pour la faune volante.
Les chauves-souris sont régulièrement les sacrifiées de l’histoire et la nature reste toujours le parent pauvre des choix administratifs.
L’allègement des dossiers d’instruction est un autre très mauvais indicateur de la volonté de prise en compte du problème de la conservation des chiroptères.
Il est indispensable que la protection de la biodiversité soit réellement prise en compte de manière urgente et efficace dans le cadre des énergies renouvelables.
L’industrie éolienne, qui fauche également les oiseaux, est certes une énergie renouvelable, mais elle ne peut plus être qualifiée d’énergie verte, ni vertueuse dans l’état actuel des choses.
Que faire si on trouve une chauve-souris ?
Surtout ne pas la toucher à mains nues. Nous ne savions pas et l’avons appris lors de cette soirée à Buzet, qu’il était strictement interdit de toucher et transporter une chauve-souris.
Ca peut paraitre tellement bête quand on ne lui veut que du bien mais il en va ainsi.
Il y a des risques sanitaires et de plus ce mammifère est très protégé.
Il faut contacter la LPO la plus proche qui donnera les bons conseils.
Par ex : https://occitanie.lpo.fr/haute-garonne/
C’est réconfortant de penser que ce petit animal est si bien protégé !
De l’ironie ?
Oh, si peu.
Sources : https://www.sfepm.org/presentation-des-chauves-souris.html
https://chauve-souris.ca/tout-savoir-sur-les-chauves-souris https://www.geo.fr/environnement/les-5-choses-a-savoir-sur-la-chauve-souris-198488
