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OSONS LIBERER LA PAROLE



Ce blog commence à faire parler. Tant mieux, puisqu'un de ses objectifs est de permettre la reprise de l'expression politique par les principaux acteurs (trices) que demeurent à jamais les citoyennes et les citoyens de ce « pays ».

Il s'inscrit pleinement dans les mouvements sociaux en cours avec les Molex, la mobilisation des parents et des enseignants pour construire une école équitable et républicaine ainsi que dans la dynamique populaire de gauche (PS, PCF, citoyens (nes) non encartés) enclenchée durant les deux campagnes cantonales. Une dynamique à l'opposé d'une conception sociale, politique et démocratique étriquée que porte en lui l'esprit de potentat, à l'instar du pouvoir national.

Pourtant, cet esprit hante encore quelques âmes locales : « si vous créez un tel blog c'est que vous pensez à la mairie ». Cette « question-affirmation » surprenante reste assez symptomatique d'un mode de penser. Celui-ci revient à « négativer » toute démarche fût-elle constructive au nom d'un risque supposé potentiel d'un partage de pouvoir. Une conception démocratique inique qui transforme les élections et les élus en défenseurs d'un potentat local ou national et les électrices et électeurs en vassaux ou autres serviteurs entre deux échéances électorales. A l'opposé de ce subside de féodalisme démocratique, l'unique prétention de ce support médiatique aspire à rendre vivant le concept d'éducation populaire en amenant petit à petit les individus à s'exprimer. Bref, à libérer une parole trop longtemps confisquée.

Oui, nous tenons à conforter notre interlocuteur que tous les matins en nous rasant (par galanterie, je parle ici pour les hommes) nous pensons en effet à l'Hôtel de Ville. Voilà, du SCOOP local ! Plus sérieusement, en effet nous pensons à l'ensemble des collectivités locales, plus particulièrement celles de proximité, non pas en terme de finalité mais en terme de moyens au service des citoyens(nes) pour en faire, avec les élus en place, du moins ceux qui en percevront la nécessité républicaine et sociale, des outils de résistance efficients à la politique nationale et internationale actuelle.

De la libération de la parole à l'action libérée, il n'existe qu'un pas. Ce pas demande à redonner du sens aux mots et aux engagements. Mots et engagements largement dévoyés par une partie d'une « élite  de gôche » passée à droite toute, ou en train de transhumer plus délicatement, qualités de courtisans obligent. Dévoyés également par l'ultra droite UMP, dont une des forces, jusqu'à récemment, était de prendre des mots de gauche à l'instar de réforme, populaire, démocratie, sécurité sociale (etc.) pour mieux les vider de leur sens afin de les malaxer à la sauce ultra libérale ou capitalistique. Socialiste, Anarchiste, Communiste, Alternatif, demeurent des mots au sens prononcé parce qu'ils font appel à ce qu'il y a de meilleur en l'Homme : la Fraternité.

La Fraternité fait peur. Elle a toujours fait peur aux puissants de tous temps. De Moïse à Jésus, de Louise Michel à Jean Jaurès, de Marcel Cachin à Jacques Duclos, de Léon Blum à Charles de Gaulle, de Martin Luther King à Gandhi, comme des milliers de femmes et d'hommes connus ou inconnus, ils ont osé, en France ou dans le monde, défier l'ordre établi en appelant les plus petits à s'unir et à se mettre debout. Leur seule et unique force.

Je regardais récemment un reportage télévisé sur notre pauvreté. Nous y découvrons, des êtres humains rendus à l'état quasi bestial pour se défendre, ou se voler entre eux, une maigre pitance issue des poubelles d'un supermarché. Quel est donc ce système qui ose transformer l'homme en animal sauvage désocialisé ?

Partout, à travers le territoire de notre nation, les gens souffrent de plus en plus

Villemur et ses environs n'y échappent pas. Va se poser avec urgence notre capacité à innover, à inventer des réponses afin, dans un premier temps, de maintenir un semblant de dignité humaine, de cohésion et d'espérance sociale. La mutualisation des intelligences, des savoirs-faire doit s'imposer. Résister commence par la volonté de mettre l'autre debout en lui reconnaissant, au quotidien, sa dignité d'humain.

Réflexions et actions vont de pair. Certains parleront dédaigneusement de démarche utopique au sens d'irréaliste. De fait, le réalisme n'est-il pas d'abord la bonne conscience de toutes celles et ceux, y compris à gauche, qui ont renoncé à changer quoi que ce soit ?

N'est-il pas le cache misère d'une pensée affadie par la loi, l'idéologie du marché ?

La fonction la plus positive de l'utopie est, pour Paul Ricœur, l'exploration du possible. Apportons les uns et les autres, comme l'espérait le philosophe, de l'utopie dans la rigidité des idéologies et de leurs institutions et la guérison de l'utopie avec ce qu'il y a de sain dans l'idéologie.

Alors, n'ayons pas peur, le possible reste à explorer surtout en pays villemurien : libérez votre parole...


Jean Philippe Tizon


Paul Ricoeur : idéologie et utopie. éditions Le Seuil 1997

En savoir plus sur Paul Ricoeur

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ricoeur















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