La Campagne Européenne s'invite à Villemur-sur-Tarn
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Nombre de militants, de citoyens (nes) à Villemur n'ont pas assisté « à », mais écouté décrire un miracle comme seuls sont
capables de réaliser les Partis socialistes, sociaux-démocrates et travaillistes Européens.
Même les députés socialistes français du grand Sud-Ouest présents à Villemur en demeurent encore bouche bée.
La nébuleuse PSE (Parti socialiste européen) possède dorénavant son « Manifeste » signé à l'unanimité par l'ensemble des organisations politiques qu'elle fédère.
Ses élus(es) et candidats(es), campagne oblige, sont venus non seulement porter la bonne nouvelle mais aussi écouter sérieusement le terrain revendicatif, une nouveauté non négligeable.
Le Parti socialiste français, du moins certains de ses dirigeants nous avaient habitué à une certaine arrogance sur les questions européennes. Il n'y avait qu'une seule vérité en la matière : la
leur. La messe était dite. Les réserves, les critiques sur les dérives ultra-libérales, de l'Union Européenne venues des rangs du PS et des autres partis de gauche étaient balayées du revers de
la main et emballées dans un concept « d'euro sceptique ». Définition ne reflétant nullement la complexité avec laquelle ces courants abordaient la question de l'Europe. Pour cause, il
fallait alors fustiger, par campagne médiatique interposée, afin d'imposer une vision unique, au nom du PRAGMATISME. Un concept cache sexe de l'abdication philosophique et politique d'une grande
partie du PSE face à la domination idéologique de l'ultra-droite libérale déguisées en centre droit.
Après quelques déboires électoraux pénalisant l'ensemble des formations de la gauche de gouvernement, un rejet massif de gauche de la constitution européenne, des mobilisations de plus en plus
imposantes des salariés du public comme du privé, des étudiants et des professeurs d'université contre la crise du système capitaliste national et mondial
ré-émerge à nouveau le PS.
Il semble qu'il retrouve, du moins dans le verbe, les vertus de la lutte de classe et de ses racines jaurésiennes.
Absoudre ses erreurs ...
Villemur avec « SA » lutte des « Molex », dans le contexte ambiant, ne peut que devenir une station incontournable
pour tous ceux qui, à gauche, entendent absoudre nombre d'erreurs ou de reniements. D'ailleurs, les choix des mots, des expressions, de l'écoute, de l'humilité ne trompent pas. Quelque chose
bouge indéniablement sur la planète socialiste.
Extraits ...
Devant une centaine de personne, le secrétaire de la section locale, Daniel Régis, le secrétaire fédéral, Sébastien Denard, Kader Arif et ses colistiers (es) à l'élection européenne soulignent
d'abord leur rencontre avec les Molex et le scandale économique, et humain que représente la décision de l'entreprise américaine. « Leur combat est le notre » souligne
Daniel Régis en sous entendant un « nous sommes tous des « Molex ». Derrière les mots, pointe un vrai souci de l'avis des travailleurs en lutte. Chacun y va de sa dénonciation de
la dérive du modèle ultra libéral à travers le monde et à travers l'Europe. D'ailleurs, font-ils remarquer, une telle politique met à mal la vie d'un ou de territoires entiers.
Le Parti socialiste demande depuis peu l'interdiction des licenciements boursiers. Quant au dumping social, ils constatent l'existence d'une réduction de l'opposition entre l'Ouest et l'Est de
l'Europe, comme tenterait le prouver la politique de fermeture des sites Molex en Slovaquie et en Allemagne.
Bien entendu la circonscription Sud-Ouest vit actuellement à l'heure de grandes restructurations boursières. Chaque département connait des situations dramatiques et les candidats à la députation
de citer des exemples aussi scandaleux les uns et les autres mettant à mal la notion de territoires industrialisés.
Quels rapports avec l'élection au parlement de Strasbourg ? « Si les socialistes avec leurs alliés deviennent majoritaires alors cela aidera à commencer à changer les choses en
France, » commentent-ils.
Dans le programme proposé, la démarche symbolique de remercier une fois pour toute l'actuel président de la commission européenne, le très libéral et inconsistant Barrosso tient le pavé de
l'imaginaire de toute la gauche.
Même s'il y a un certain plaisir, le déboulonnage d'un homme lige fût-il la voix de ses maîtres n'annonce pas pour autant la mise à mal des dits maitres.
Plus concrètement, les socialistes français entendent promouvoir et défendre la notion de services publics.
Une position d'autant plus innovante, qu'au nom de l'Europe libérale, des ministres de gauche ont contribué à la privatisation de ces derniers. Ainsi, au niveau du Grand Sud-Ouest faut-il
rappeler le rôle de Paul Quiles (PS) dans la privatisation de « France-Télécom » ou celui de Jean Claude Gayssot (PCF) dans celui d'Air France ?
Et même si un ministre doit la fermer, il peut encore démissionner.
Les candidats entendent aussi favoriser le développement d'une Europe des Citoyens ; comprenant enfin l'écart gigantesque qui existe entre les peuples et des institutions usines à gaz et
opaques.
Reste à trouver un équilibre entre une intervention citoyenne européenne innovante et la sensibilité des nations au travers de leurs identités culturelles et historiques propres.
Hommes et convictions
Demeure des hommes et leurs convictions non feintes.
Kader Arif fait partie de cette espèce trop rare. Un vibrato dans la voix, il parle de ses idées socialistes ancrées dans la pensée de Jean Jaurès. Le combat de classe reste, pour lui le tarnais,
toujours d'actualité Son combat pour l'Europe, il l'inscrit dans l'internationalisme, la laïcité, le pacifisme développés par le fondateur de « L'Humanité ». Mais qu'en est-il des
logiques de l'appareil ?
Interrogé, par nos soins, sur pourquoi les socialistes européens feraient aujourd'hui ce qu'ils n'ont pas réalisé hier, quand nombre de gouvernements* affichaient la même couleur rose ou rouge
pâle, le député européen reconnaît tranquillement : « il y a six mois avant la propagation de la crise financière et capitalistique, les partis socialistes n'auraient pas pu se mettre
d'accord sur le « Manifeste ». Entre temps, le système capitaliste s'est écroulé et les thèses défendues par les socialistes français ont retrouvé de leur aura et de leur
modernité ».
Seule la capacité des français et des européens à transformer leur mécontentement de rue en projet politique décidera du sort de ces élections.
Le soir des européennes avant de regarder le score de chaque formation en lisse seul le taux de participation annoncera nettement le rapport des peuples à l'enjeu européen.
En ce temps de Pâques, la résurrection d'une Europe sociale, culturelle, de coopération devient l'affaire de tous, et en premier des travailleurs(ses) fragilisés (es) par la loi de l'argent
fou.
Jean Philippe Tizon
*François Hollande jeune Premier secrétaire du PS dans une série d'interviews, accordés à la presse écrite dont « Témoignage Chrétien », annonçait son espoir de voir mettre en œuvre une gouvernance économique à l'échelle de l'Europe pour contrer en outre la BCE. Aujourd'hui malgré l'existence du « manifeste » nous pouvons nous demander ce qui rassemble le PS français et le SPD allemand engoncé qu'il est dans une collaboration de classe et de gouvernement avec la CDU.
Pour en savoir plus :
http://elections2009.pes.org/files/u1/ManifestoBook_FR_Online_0.pdf
