ALAIN REFALO, ENSEIGNANT : LA FRAPPE AUTORITAIRE DU POUVOIR SUR UN ENFANT TERRIBLE
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Alain REFALO, enseignant à Colomiers, va faire les frais de l'autoritarisme étatique cet après-midi.
Et pour cause ! Il a fait preuve de désobéissance en refusant d'appliquer les directives de son ministère et va donc passer aujourd'hui devant le conseil de discipline à la demande de Xavier DARCOS dont la démarche est confirmée par le nouveau ministre de l'éducation nationale Luc CHATEL. Le représentant de l'état déclarait : « Il n'y a pas de raison de mettre fin à ces poursuites disciplinaires. Il ne s'agit pas de faire de M. REFALO un martyr, il s'agit de mettre en œuvre les procédures qui existent, ça me parait essentiel ».
Ils sont pourtant des milliers d'enseignants à refuser l'application des nouvelles mesures décidées par le ministère, largement soutenus par les parents d'élèves inquiets de la dérive de l'éducation. Les mesures contestées mettent en danger notre système éducatif en supprimant notamment les postes d'enseignants spécialisés (RASED) intervenant auprès des enfants en difficultés scolaires.
Aujourd'hui, la politique de l'état vise à former une « élite » formatée, une manne d'enfants « brillants », qui poursuivra avec succès des études dans les grandes écoles ou dans les universités « choisies » dont les frais d'inscription auront largement augmenté. Il ne s'agirait pas, en effet, qu'un étudiant n'appartenant pas « à une caste dominante » puisse accéder aux hautes études et viennent salir la société de ceux qui soi-disant réussissent. A travers des mesures toutes plus discriminatoires les unes que les autres (suppression de la première année de maternelle, suppression des RASED, augmentation des frais d'inscription dans les universités), le pouvoir vise à exclure le plus grand nombre d'une formation républicaine de qualité afin de former, dans une pensée unique, les futurs « leaders » de notre pays, ceux qui seront capable de diriger, de gagner, de régner sur une société en déliquescence sociale et culturelle.
S'agit-il vraiment de désobéissance quand on se rebelle et quand on défend les intérêts du plus grand nombre ? S'agit-il de désobéissance quand on s'inquiète d'une dérive totalitaire de notre gouvernement qui sanctionne à tour de bras à chaque fois qu'une voix s'élève contre lui ? S'agit-il de désobéissance quand des étudiants manifestent leurs craintes et qu'on rappelle gentiment aux présidents de facultés que, faute de retour à l'ordre, les crédits seront revus à la baisse ?
La main de fer de notre gouvernement écrase toute revendication, elle met en disgrâce chaque citoyen qui ose dire haut et fort ce qu'il pense, elle frappe sans détour les fonctionnaires qui sortent du rang, c'est la main du pouvoir qui s'abat sur notre pays et elle ne fera aucune concession.
Des anciens résistants tels que Stéphane HESSEL, Raymond AUBRAC et Walter BASSAN ont souhaité apporter leur soutien à Alain REFALO. Ils ne pensaient sûrement pas devoir se prononcer un jour pour rappeler « qu'il est divers moments dans une vie d'homme où assumer ses convictions et les faire partager à d'autres est une nécessité impérieuse ». Ils ont dû le faire eux-mêmes durant une des périodes les plus dramatiques de notre histoire.
L'autorité de Luc CHATEL, alors secrétaire d'état auprès du ministre de l'économie et de l'industrie, aurait pourtant été la bienvenue concernant le dossier MOLEX qu'il s'était engagé à défendre auprès des instances européennes. Son manquement a été cruel pour l'ensemble des salariés de l'entreprise villemurienne. Un homme qui s'attache autant à l'application des procédures ne devrait-il pas s'attacher à l'ensemble des procédures, sans distinction ?
Les choix nationaux sont clairs. On réglemente, on contrôle, on muselle la presse, on sanctionne les fonctionnaires récalcitrants, on fait taire l'opinion.
La république est malade, de ces maladies qui gangrènent jour après jour nos libertés, de ces maladies qui nous font redevenir des sujets plus que des citoyens, de ces maladies qui font qu'il y a « la cour » et « le petit peuple ». Cette maladie, on l'appelle « pouvoir absolu » ou « pouvoir totalitaire ».
Certains s'en sont libérés par la lutte, nous nous y condamnerions par le silence et l'inaction.
Catherine TIZON
