A PROPOS DES « MOLEX »
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Cher lecteur Inconnu
Nous avons décidé de publier votre courrier et nous en remercions.
Il se veut symptomatique d'un type d'esprit et de démarche qui vise à tirer le singulier hors de son contexte pour en faire une généralité. La finalité réelle ou supposée d'une telle approche ne consiste-t-elle pas souvent à porter le discrédit sur des éléments moteurs d'un conflit en cours afin de permettre une démotivation des acteurs, ici,, pour ce qui nous concerne, il s'agit de l'ensemble des villemuriens (nes), des habitants et des élus (es) de cette vallée en faveur des salariés (es) Molex ? Salariés qui rappelons-le n'ont jamais demandé à être dépossédés de leur travail, de leur savoir faire, de leurs brevets de grandes qualité.
Il ne faut pas se tromper d'adversaire. L'adversaire demeure une Compagnie Américaine qui a décidé, selon ses critères financiers et politiques, d'exproprier des salariés de leur raison d'être et de prendre le quasi contrôle de ce secteur – il existe encore une entreprise française- de la connectique en Europe mais sans les européens.
Quel est donc vôtre intérêt, dans un tel contexte, de critiquer le fait que tel ou tel syndicaliste ait touché, suite à un jugement, des indemnités à cause de la discrimination syndicale subie dans l'entreprise ? Par contre, ne trouvez-vous pas choquant d'entendre depuis des années les gouvernements successifs et le patronat porter devant les médias leur souci de dialogue social alors que la discrimination syndicale reste le lot quasi journalier de militants syndicaux, quelle que soit leur appartenance, dans nombre d'entreprises ? Ce qui m'émeut véritablement c'est la disparition de la démocratie sociale au profit du fait de quelques « princes » patronaux et non que ces derniers puissent payer, le cas échéant, le déni de démocratie et du droit du travail à quelques salariés possédant le courage de se lever.
Vouloir opposer les villemuriens au chômage ou vivant une véritable misère aux salariés de Molex risquant de perdre leur emploi revient à la vieille stratégie de catégoriser les « gueux » afin de mieux les diviser et régner sur eux. Mais qui a intérêt aujourd'hui de diviser les salariés entre eux et la population avec les dits salariés ? Pour faire régner quoi (la violence de l'argent au détriment de l'Homme ? ) par qui ? Poser les questions revient à y répondre
Toujours à propos des miséreux et des « nantis » de chez Molex pourquoi ne pas proposer et se mobiliser pour une meilleure répartition des richesses entre le travail et le capital ? L'exemple du Milliard d'Euros de dotation de la BNP pour 2 à 300 « traders » indique non seulement que l'argent existe mais qu'il est distribué de manière discriminatoire. Seule une véritable volonté, citoyenne et politique, devrait mettre un terme à de telles gabegies. Les véritables nantis ne se trouvent donc pas à Villemur et encore moins parmi les salariés de Molex (CQFD).
La critique reste aisée surtout lorsqu'elle concerne la création d'un comité de soutien au Molex et non un « comité pour l'emploi ». Si se rassembler autour des Molex ce n'est pas commencer à défendre l'emploi alors c'est quoi ? Quel est votre engagement réel, cher inconnu ?
Enfin, comment pouvez-vous écrire, sans signer de votre véritable patronyme ( à quoi sert votre « franc parler » ?), « car à défaut de sauver Molex sauvons Villemur » ? La ténacité de ces salariés, cadres y compris, reste exemplaire. Peut-être qu'elle joue aussi un rôle pondérateur sur d'autres directions d'entreprises du coin plus encline à vouloir délocaliser que, malgré leurs dires, à vouloir se développer sur place ? La lutte menée ici, avec ses imperfections humaines, démontre largement l'attachement et la volonté de ces femmes et de ces hommes à vouloir travailler et continuer à innover sur place. Une richesse pour des entreprises qui chercheraient des salariés motivés capable de prendre des initiatives et de les tenir.
Perdre cela revient à assassiner Villemur quoique vous en pensiez . A part que vous vouliez transformer notre pays en Zone Franche Asiatique, avec un salariat transformé en quasi esclavagisme et pourquoi pas combiné à une zone aéroportuaire ? J'avoue humblement, même si je discerne les complexités des situations – tous les dirigeants d'entreprises ne sont pas des voyous et tous les syndicalistes des anges – que nous ne possédons pas la même vision des choses pour des raisons politique, philosophique voire morale diamétralement opposées.
Je persiste et signe. Le combat des « Molex » est et reste un combat d'intérêt général dont dépendra le développement à moyen terme le devenir des collectivités locales, des commerçants, des écoles (etc.) de notre bassin. Il devient aussi un exemple pour celles et ceux qui à travers le pays commencent à dire non avec leurs mots, leurs tripes, à une désindustrialisation programmée de notre nation. Nous sommes ici loin d'une vision étriquée des choses vues par la lorgnette de la rancœur au mieux ou de la médisance stratégique, au pire.
Jean Philippe Tizon
PS : pour d'autres précisions vous pouvez aller rencontrer les salariés devant leur usine. Quant à vos appréciations sur la municipalité en place elles ne concernent nullement ce Blog citoyen et de gauche. Adressez-vous à qui de droit avec, je vous le conseille, votre véritable identité.
