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Ali, Baba ! Mais combien de voleurs ?

Monsieur Sarkozy déplore ne pas avoir appréhendé le malaise tunisien, se demande-t-il si le parfum du jasmin qui réveille déjà les pays proches atteindra nos narines françaises ?

Jeunesse sans avenir, chômage en hausse, riches de plus en plus riches, président décrié, drapé dans une cape d’humilité et de repentir peu crédible … ça ne vous rappelle rien ?

Le peuple est fatigué de subir ce que la puissance financière autorise à quelques uns, le pouvoir d’imposer leurs décisions à l’ensemble de leurs compatriotes.

Faudra-t-il attendre de ressentir la faim pour oser hurler contre les inégalités ?

Le cœur du problème pourrait résider dans notre impuissance à penser collectif.

Nous devrions nous intéresser à autre chose que notre petite personne, notre cercle proche, cela ne signifie pas nier l’individu mais avoir le courage de réfléchir à un projet politique fort afin de ne pas laisser l’avenir aux mains de quelques uns qui ont perdu depuis longtemps la notion de l’intérêt commun.

C’est à nous d’opposer une intelligence collective à la poignée d’individus qui ignorent la volonté du peuple, même quand elle est exprimée par les urnes.

La puissance de ceux qui gouvernent réside dans la facilité qu’on leur abandonne à diviser le peuple, hommes de couleur contre « bons français », privés contre fonctionnaires, ruraux contre citadins, jeunes contre vieux, travailleurs contre chômeurs…

Tout est bon pour interdire la cohésion sociale, un peuple réunifié est bien trop dangereux.

Pourtant nous avons tous des raisons de nous rassembler, nous éprouvons la même colère en constatant que s’il y a trente ans un grand patron gagnait entre 30 et 40 fois plus qu’un ouvrier, aujourd’hui il a multiplié par 300 le SMIC.

Avant, il était possible par la volonté, les études, le travail de grimper les échelons de la société.

Aujourd’hui, la méritocratie est héréditaire, fils de, fille de.

Faudra-t-il que la démocratie de la rue s’impose aux politiques.

L’exemplarité des élus semble du domaine du fantasme, il faudra plus que des mots pour redonner la confiance aux  peuples dans une époque ou le sud et le nord s’opposent, où la conscience écologique pointe bien des travers.

Le peuple n’aura jamais le pouvoir mais il doit défendre avec intelligence ce qui reste de démocratie.

Arrêtons de nous cacher derrière des incapacités que nous savons pouvoir dépasser car rien n’est pire que l’inaction face à l’injustice.

Le suicide en hausse des adolescents pointe le désespoir de nos enfants, ce n’est pas une fatalité pas plus que ne le sont l’évolution du taux d’échec scolaire, ou toutes les attaques contre l’éducation nationale.

Nous ne pouvons être un peuple prompt à se contenter de matchs de foot, à se gaver d’émissions télévisées stéréotypées, pour rester gentils.

Ah ça ira ça ira ça ira…

 

 En attendant la réforme fiscale, vous reprendrez bien un peu de brioche…

 

M-G GIMENEZ

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