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BUDGET DE LA COMMUNAUTE DE COMMUNES : +6,5% D'AUGMENTATION

  • Un Oeil Sur Villemur
  • Politique

A couteaux tirés  sur le grisbi.

 

Par Jean Philippe TIZON

 

Nous nous serions crus à une parodie des « tontons flingueurs »  la prose imagée de Michel Audiard en moins. Le directeur des services, dans le rôle du  second couteau,  joue, avec valse hésitation, au partage du pèze du contribuable sous les yeux revolvers de nombre d’élus de la communauté de communes, notamment de ceux des villemuriens présents. Il ne manquait plus que la réplique de Francis Blanche: « touche pas au grisbi, salope ! », pour illustrer la scène. Bref, l’explication tient plus de l’implicite que de l’explicite. Impression imagée d’ensemble  à propos d’une augmentation d’impôts.

 

                                                             I                                                                     

Il en va  des conseils de communauté de communes, ouvert au public faut-il le rappeler, comme des conseils d’administration de grandes entreprises ; les propos clairs deviennent sibyllins lorsque le citoyen assiste à la séance publique ou quand les petits actionnaires et les représentants du personnel siègent au CA. Si les propos tendent vers d’énigmatiques phrasés, reste tout de même les attitudes pour essayer de tendre vers un début de compréhension des enjeux en cours.

Cette séance, tenue sur les terres d’Eric Oget, demeurera un moment crucial dans la vie de la communauté de commune. Les choix de répartition budgétaire et de la pression fiscale définissent des choix politiques du vivre ensemble. Et le vivre ensemble reste a priori difficile sur ce territoire.

Pour cet exercice délicat, quatre adjoints villemuriens  brillaient par leurs absences. Exit de Mesdames de Vecchi, Terrancle (qui n’a pas donné de procuration), Wolf et de Monsieur Bragagnolo. Sans crier au loup, se dessinerait-il un désaccord de fond sur la politique fiscale à suivre ?  Lors d’un des derniers conseils municipaux, Jean-Claude Boudet  soulignait la nécessité,  selon lui, d’augmenter la pression fiscale pour la communauté

Oui mais pourquoi réellement ?...

Retournons dans la salle de Mirepoix.

 L’ambiance est lourde. Lourde d’insinuations, lourde dans les regards, lourde dans le malaise du directeur de service.  Ce dernier se voit alors attribuer le plus mauvais rôle : celui de « partageux » de la cagnotte fiscale augmentée de 6.5%. Cet aspect hautement politique aurait dû revenir de droit à un élu et non à un fonctionnaire aussi compétent soit-il. Voilà un serviteur de l’intérêt général réduit à se trouver fagocité dans des habits ringards d’un second couteau, le colt tremblant, les joues rougissantes, la voix mal assurée.

Ainsi, après une rapide et à la fois longue litanie de chiffres structurant le budget principal et les budgets annexes, (Décidément, existerait-il le syndrome du BGV, budget à grande vitesse notamment quand les contribuables s’invitent aux séances publics..  A méditer !) Quelques trop rares représentants (es) de différentes communes osent prendre la parole. Certains(es) remarquent, tel un leitmotiv, la récurrence d’un propos : « nous complèterons le financement par l’appel à l’emprunt ». « Ha bon » s’en étonnent-ils.

                                                                       **********

II

Recadrons le contexte vrai en version « audiardienne »

Un homme lève la tête comme sortant de son sommeil,  l’œil hagard, le cheveu hirsute, la voix enroué et lente :

-         « dit petit, comment tu passes de 20% d’augmentation  à 6,50 %.  A qui tu tords le cou ? Où il est le passe-passe ? »

Le Gamin, un brin rougissant, la voix chevrotante prend la parole en regardant les deux frères ennemis, pas très rassuré.

-         « c’est une histoire de grand équilibre entre le fonctionnement et l’investissement d’une part. Et d’autre part, il demeure possible, au vu du contexte actuel et des choix préconisés, d’étaler dans le temps nombre d’investissements prévus. Tout comme, nous avons réduit certains équipements prévus dans le fonctionnement, d’autres ont été transférés dans l’investissement. Par des jeux subtils d’écritures, je vous assure, il est possible de gagner sur la TVA et certains types de subventions. Quant aux emprunts,  ils permettent de compenser les manques pour clôturer un financement équilibré »

L’homme se retourne, et sa face rabougrie lâche :

-         « me prends pour une pipe ? Tu noies le requin  avec le vilebrequin. Mon fessier n’a pas scié le banc de la turne, mais un rond c’est un rond. Et là ça ne tourne pas carré ».

Le Gamin, déconfit regarde le boss, Mac Erique. Ce dernier agacé toise l’interlocuteur :

-         Ecoute Paulo, d’accord un biffeton reste un biffeton et un rond un rond. I’faut que j’te rappelle qu’un biffeton c’est carré. Continue comme cela ton fessier, il ne scie pas les bancs, mais mes burettes. Capitche !

Le fameux Paulo grogne et rengaine sa verbe.

-         Mémé burette ? qui  c’est celle-là ? marmonne-t-il.

Une voix féminine  émerge, timide.

-         Le Christmas market …

 

-         Oui … quoi ? gronde Mac Erique.

 

La voix fluette s’est transformée en boulevard poissonnière.

-         Le Christmas market, c’est l’ardoise. 8 plaques que nous crachons au bassinet. On  dégorge des boyaux sans une pigne en retour.

 

-         Comment pas une pigne ?  s’énerve  Danielé du clan des Ben Jissébé.  Les pigeons étaient là.  J’en ai vu partout, all days. Sans parler des moules en salade avec lesquelles les tenanciers ont fait du beurre.  

La poissonnière, le nez retroussé poursuit.

-         Le grisby OK.  Alors  pourquoi 2 plaques de taf pour le market à l’alsacienne ? C’est confondre le foie gras avec la choucroute.

Le Boss, mi-agacé mi-enjoleur

-         Le Chrismats super Market, c’est bon pour l’image.

-Ouais, mais  une image ça nourrit pas son lardon. Elle est où la bectance ?, lance-elle.

Le Gamin, les yeux plongés dans les dossiers et Mac Erique avec un charmant sourire,  mais bouillant de l’intérieur, concluent :

-         Pas d’autres remarques, toutes les familles sont d’accord sur le taux d’augmentation et la répartition du grisbi. A l’unanimité, moins une abstention.

                                                                         ***********

                                                          III                    

 


Chères lectrices et chers lecteurs, vous avez du mal à suivre, vous ne percevez que des contours difformes de cette réunion budgétaire, rassurez vous nous aussi.  Restent au moins deux questions en suspens :

1) quelles sont les causes réelles d’une telle augmentation ?

2) Comment passons-nous  de 20 à 6.5 % d’augmentation ?

Des rumeurs entretenues avec ténacité voudraient nous laisser croire que certains dossiers de demandes de subventions pour investissements  auraient été mal ficelés dans une certaine commune. Pourquoi un tel manque de transparence ?

Quoi qu’il en soit, il vous revient à vous citoyens (nes) et contribuables de demander des comptes. Les élus (es) ne sont pas à leur propre service mais juste délégataires de la volonté du peuple. Loin, loin des rumeurs et autres chicanes improductives, le vivre ensemble passe surtout par notre capacité individuelle et collective à pratiquer des ingérences constructives. Cela s’appelle : la démocratie (la voix du peuple).

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