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Candide.

Les années ont passé et vous voila toujours le même. Vous persistez à croire que l’homme nait naturellement bon. Avec acharnement vous refoulez quelques paranoïas envahissantes et recherchez en l’autre le meilleur, niant un certain penchant pour le mal.

Quand accepterez-vous la réalité ?

Cessez d’introduire « le loup dans la bergerie », et de « croire au père noël ».

La méchanceté existe, vous l’avez subie, destructrice quand elle est gratuite, pernicieuse quand elle est calculée avec des buts concrets, déterminés d’avance.

Mais alors, si derrière tout bon sentiment, toute sympathie il faut deviner un quelconque intérêt, vous, avec vos investissements, votre gentillesse, votre volonté de bien faire même dans l’ombre, de rester ouvert aux autres évitant tout jugement hâtif, vous donc, êtes suspect.

Et oui, vous y pensez parfois, c’est évident, il y a tant de personnes bernées qui n’osent plus croire en l’autre.

Voila pourquoi le monde d’aujourd’hui existe avec la suspicion à l’ordre du jour, un monde où il est folie d’accorder spontanément sa confiance. Reste-t-il un seul domaine où l’on puisse avancer sans craindre le « croc en jambe » arriviste de l’ami qui vous voulait du bien.

Et pourtant, comment est-il possible de vivre sereinement dans la méfiance de tous les instants.

Faut-il rester reclus dans la crainte, renfermé sur soi-même pour être sur et certain de ne pas souffrir par l’autre.

Vous savez ne plus pouvoir changer, il est des âges où l’on ne se refait plus.

Le nombre de gifles reçues pour important qu’il soit n’a jamais pu modeler votre tempérament qui vous pousse à croire, croire en l’autre …

Toujours capable d’indignation, de révolte, vous savez que vous souffrirez encore, vous êtes juste un peu plus prudent, un peu plus fragilisé, mais vous gardez l’espoir.

L’espoir qui fait avancer, l’espoir un  jour de croiser un regard, d’entendre un discours sincère proche de vos idées, l’espoir de trouver cet autre digne de confiance et d’amitié.

Cet amitié complice, sûre, honnête sans ambigüité, sans jalousie, sans faille, cet amitié pour vous vitale qui vous confortera dans votre conviction et vous fera dire, « je le savais bien, l’homme nait naturellement bon, certains le restent ».

 

MG Gimenez

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