Chrétiens de gauche (…) : Pourquoi Villemur ?
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Toute élaboration d’une réflexion « socio-philosophique » (1) constructive part du particulier au général, du singulier vers le pluriel des situations et/ou l’inverse. Mon parcours militants, citoyen et intellectuel, veuillez bien m’en excuser je vais parler un peu de ma personne, s’inscrit pleinement dans ce parcours de chrétien en milieu populaire auquel je ne renierai en rien la moindre virgule avec son lot de réussites, d’erreurs et parfois d’échecs. Grâce à ce parcours, je peux m’autoriser, comme d’autres, une pensée sur la présente place de ce nous appelons les « chrétiens de gauche » ou l’ultra droite de façon péjorative les « Christo-marxistes ». Le choix prioritaire des pauvres se veut à la fois un ancrage spirituel et un ancrage temporel inscrit en droite ligne dans la pensée et les actes du Christ. Quant-au marxisme, il reste un outil d’analyse appréciable et non une fin en soi.
Ces précisions posées, il reste l’objet Villemur. Cette bourgade s’est réveillée de sa léthargie sociale avec la lutte exemplaire des Molex. Cette lutte a permis un temps de mettre chaque individu, élu(e), croyant (chrétien ou non) face à ses propres convictions, contradictions. Ce conflit a été soutenu par le Père Philippe Bachet, l’Action catholique Ouvrière et certains (es) chrétiens qui au nom des enseignements bibliques et de la doctrine sociale de l’Eglise se sont retrouvés aux côtés de ceux qui subissaient une injustice flagrante. Bien entendu, pour faire simple, de l’autre côté se retrouvent certains élus (es) de droite ou chrétiens conservateurs, piliers de la messe dominicale et de ses rituels. Ces personnes confrontées aux hiatus entre enseignements christiques et leurs croyances sociales ont naturellement préféré leurs croyances sociales et leurs certitudes rituelles. Le syndrome « du jeune homme riche » (2) poussèrent quelques uns(es) à des attaques sournoises et perfides. Deux milles ans après, les catholiques ressemblent comme deux gouttes d’eau à leurs frères juifs de l’époque partagés entre le texte et l’esprit du texte (3). Entre ceux pour qui l’Eglise, à l’instar de Sanhédrin, doit être un instrument pour perpétrer un schéma de reproduction sociale et ceux pour qui l’enseignement christique demeure une démarche d’émancipation humaine. Reste à savoir si ces chrétiens conservateurs ont pu se désaxer de leur nombril pour appréhender dans sa complexité le texte sur Ces chrétiens de gauche qui dérangent tant et s’interroger à toute fin utile. Le Christ nous enseigne que l’Amour de son prochain est un combat (contre soi-même, les représentations sociales, un ordre social figé, l’Argent, les vérités dogmatiques, etc.). Mettre l’Homme au centre de la vie demeurera une lutte constante n’en déplaisent à ceux qui préfèrent paraître à être, le rite à l’Esprit.
J.Ph.T
1) Le terme est impropre parce qu’il recoupe bien d’autres dimensions mais situe néanmoins une dynamique de pensées.
2) Matthieu 19-16 à 19-22
3) Lire « Le texte et l’action » de Paul Ricœur où l’approche complexe des textes sacrés permet de mieux appréhender l’herméneutique (l’interprétation) de ces textes.
