Conseil municipal du 21 mai - suite
-
UN JEU DE « JE » EN SOI MAIS SANS « NOUS »
Les mots de ce support numérique l’ont déjà, maintes fois, souligné ; la forme rejoint le fond. Un directeur d’hebdomadaire expliquait : « l’art du journalisme consiste toujours à dire la même chose sous des formes différentes ». Pour lui ce n’était pas les journalistes qui manquaient d’imagination mais bien ceux qui créaient « l’évènement ».
Depuis, il faut le reconnaitre bien des journalistes ont été remplacés par des courtisans médiatiques. Des « fous du roi » tristes serviteurs d’une pensée unique, mais là n’est pas le propos.
Revenons-en au terrain. Lors du dernier conseil municipal, le Premier des conseillers interpellé par une question sur la démarche quasi monopoliste de la grande surface du coin (voir compte rendu du conseil municipal) donne une réponse en jeu de « je ». « Je suis, j’assume, j’ai souhaité, j’affirme, etc. ».
L’agacement source d’émergence du subconscient ? Peut être mais pas seulement.
Loin de contester le « moi » et le « surmoi » de chaque individu fut-il Premier magistrat, il convient d’éclairer le manque de « moi » du « sur nous ». En effet, le plus intéressant consiste à souligner plutôt l’absence d’un « nous » significatif que d’un « sur je » pour l’opération caddie drive et caddie déménagement.
Un « nous » tellement introverti qu’il en apparait gêné, bruyamment silencieux. Les têtes des « nous » se baissent, quelques sourires en coin semblent pointer, «Vous dites ? Quelqu’un a parlé ? ». Les chefs absents des « nous » de l’opposition conservatrice, n’auront pas à justifier leur position faute de présence. Des affiches publicitaires à coller sûrement !!!
Comment interpréter cette absence des « nous » au profit du « je ». Existe-t-il une règle du « jeu » ou (ù) le « je » reste t-il la règle ? Ce « jeu » porte-il uniquement sur ce dossier sensible ?
Fautes de réponses claires reste le relief en creux des non réponses ternes. Ainsi par déduction il demeure possible de cerner pour partie une situation. La déduction conduit à l’hypothèse sous le regard du présent conditionnel.
- Les dossiers quasi monopolistiques « drive et déménagement » seraient portés par un « je » unique au service du jeu actionnaire d’un « je » non cité mais ouvertement décisionnaire sur l’histoire en cour. Un tête à tête entre soi mais sans « nous » s’imposerait de fait.
- L’absence de réactions du « nous » signifierait-il une réaction à l’absence de discernement du « jeu » et / ou une adhésion un brin forcé ?
Loin de nier la nécessaire confidentialité d’une telle démarche ni la contradiction présente entre la « loi » du quasi monopole commercial et le maintien pérenne d’une activité de service sur le territoire, il se pose tout de même l’enjeu de l’intérêt des populations présentes.
Les enjeux de l’actionnaire principal sont-ils vraiment compatibles avec l’intérêt général ?
Sur de tels engagements, selon un regard d’expert, il faudrait que la surface commerciale en question augmente au moins de 40% son chiffre d’affaire. Une opération qui se compliquerait sûrement si un discount venait à s’y installer. Reste bien entendu la possibilité de (re)définir la notion de « discount ».
Chacun se prend à rêver. Avec un tel engagement du « JE » soutenu par un « nous » plus déterminé, le « jeu » de la « general Bakery » sur IAV en aurait été modifié. Il est vrai « qu’il n’est pas du ressort des collectivités d’intervenir dans les affaires du secteur privé ». Vous avez dit paradoxe ? Pas de réponse, le « nous » reste silencieux ; oubliant au passage le « ne dit mot consent ».
Certains « nous » en off viennent se plaindre ou informer dans un chuchotement qu’il aurait fallu telle démarche ou un nouveau appel d’offre pour ci pour cela, voire pour les travaux au coût doublé d’épuration des eaux.
Quand le « nous » se cache derrière le « Je », il devient aussi, voire plus responsable que le « Je » tout seul.
Devant une telle situation, le chrétien et l’homme de gauche s’interrogent humblement « A quand la fin d’un jeu aliénant de « JE (s)» sans NOUS ? » « A quand l’articulation, par construction mutuelle, du « je » et du « nous », au service de l’humain mis enfin au centre de la cité ? ». « Vous avez dit mettre l’humain au centre de la cité » sursaute le petit « nous » avant de se rendormir un peu gêné….
