D'extrême gauche ?
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Par Jean Philippe Tizon
Sur le ton de la plaisanterie discriminatoire, le qualificatif d'extrême gauche me fut accolé tout comme à ceux qui entendent vivre debout et non soumis à une injustice de plus en plus criante.
Il est vrai avec la droitisation extrême de notre et de nos sociétés occidentales, les démarches humanistes et progressistes se retrouvent décalées de la gauche vers l'extrême gauche.
Prenons l'exemple de l'Italie. Notre grande sœur latine se trouve gérée par une coalition de «centre droit» qui de fait regroupe les anciens fascistes du MSI, la ligue lombarde ouvertement xénophobe et des crapules affairistes autour de son excellence Berlusconi.
Pour tout républicain, il y a de quoi avoir la berlue quand le centre se trouve à l'extrême droite.
Les juges, les journalistes, les républicains italiens (communistes, socialistes, démocrates et certains courants chrétiens) se retrouvent vilipendés tout les matins par le pouvoir en place.
Nous le savons, en France aussi, les démarches autoritaires et liberticides se présentent sous des formes relativement «soft».
Plus question de débarquer avec des groupes d'assaut (sauf en Corrèze) contre des militants de gauche et républicain. La démarche reste plus subtile, au sein de la droite extrême, les quelques intelligences présentes ont, elles aussi, tiré quelques enseignements de l'Histoire.
Aujourd'hui, contrôler les opinions passe par le contrôle financier de la presse, la précarisation pour ne pas dire la prolétarisation du métier de journaliste.
Elle passent aussi par la volonté de contrôler internet, de faire taire les opposants « intérieur » de la fonction publique. Magistrats, enseignants, policiers, soignants se sont vu menacés voire sanctionnés par leur hiérarchie pour avoir exprimé clairement les dangers de réformes en cours sur leurs sites et autres blogs.
A l'extrême droite en Italie, la France oppose une droite extrême. Il existe donc quelques nuances au «centre droit» !
DE GAULLE...
UN TROSKISTE ?
Même si ce n'est pas ma tasse de thé, il faut reconnaître que l'extrême gauche s'est souvent retrouvée à défendre les valeurs de la république et son idéal au contraire de l'Extrême Droite.
Je ne rentrerai pas ici dans les raisons Historiques.
Par contre, avec le recul historique et philologique, il demeure intéressant de constater par exemple que selon les critères d'appréciation actuels, le Général de Gaulle serait non pas un communiste mais un dangereux trotskiste.
Voici, un individu, qui rejette l'autorité de «l'Etat français», se rapproche de nos vieux alliés adversaires anglo-saxons et s'accoquine avec les soviétiques.
Non content de cela, un fois au pouvoir, il nationalise notamment le secteur bancaire et d'assurance pour permettre à notre nation de posséder des leviers d'intervention et de se protéger des attaques économiques de nos «alliés».
Le même, nous fît sortir du commandement intégré de l'OTAN et renvoya les troupes américaines chez elles.
Aujourd'hui, ses «héritiers» font littéralement le contraire. Il ne viendrait à l'idée de personne de traiter notre Grand Homme de révolutionnaire et pourtant....
LE DROITIER DES UNS ET …
LE GAUCHISTE DES AUTRES.
Il ne viendrait pas non plus à l'idée de considérer Benoît XVI comme «gauchiste», pourtant dans sa dernière encyclique sociale, il dénonce avec force de conviction le choix de l'argent au détriment de celui de l'humain.
Que dire de Matthieu : «Heureux les affamés et les assoiffés de justice car ils seront rassasiés», de Luc «Mais malheur à vous, les riches ! Car vous avez votre consolation», de Marie «Il a renversé les puissants de leur trône et élevé les humbles».
Ces disciples du Christ sont-ils des guévaristes incorrigibles ou soulignent-ils le décalage puissant entre la recherche du pouvoir, de l'argent et le respect de la dignité humaine ?
Ce n'est pas parce que le dieu dans notre monde ultra matérialiste est l'Argent (veaux d'or) que nous devons battre en retraite, bien au contraire.
Il nous faut fédérer dans le respect des différences toutes celles et tous ceux qui entendent mettre l'homme au centre de la vie et non le capital en isme avec ces dérives totalitaires. C'est seulement en quête de cette démarche que j'accepterai de devenir le gauchiste de quelqu'un et/ ou le droitier de quelqu'un d'autre.(CQFD)
