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DANIELLE MITTERRAND S’EN EST ALLEE

Son esprit de résistance demeure.

Par Jean Philippe TIZON

Il existe des femmes qui, mine de rien, changent par leur indignation la face du monde. La fatalité, elles ne connaissent pas ;  leur credo mettre l’humain au centre des préoccupations politiques et économiques de ce monde. Elles ne peuvent se faire à l’idée de se  soumettre à quelques lobbys financiers et/ou de grands groupes multinationaux. En fonction des pays, elles paient la note par l’emprisonnement, par des menaces de mort et plus ordinaire par un savon homérique de leur mari président. Ainsi, l’indienne d’Amérique Latine Rigoberta Manchu, la Birmane Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix, connaissent, parmi d’autres, dans leur esprit, dans leur chair, les vicissitudes de leurs engagements humanistes.

Danielle Mitterrand avait gardé au plus profond d’elle cet idéal de la Résistance auquel elle avait adhéré à 17 ans. L’ex première Dame de France n’a jamais fait dans le faux semblant. Elle aurait mérité cent fois un prix Nobel de la Paix. Elle n’avait pas peur de s’engager y compris physiquement. Elle a risqué sa vie pour la cause  Kurde. D’ailleurs, les kurdes reconnaissants ont baptisé nombre de leurs infrastructures de son nom. Elle a pris fait et cause pour les sans- papiers, en faveur d’une politique de l’environnement au service de l’humain, etc. Elle n’avait pas peur de déranger le Parti Socialiste et ses ministres ou son mari au moment de sa présidence en prenant le contre-pied des positions élyséennes. Ombre au tableau, mais est-ce vraiment une ombre ? Comme toute mère, elle a défendu bec et ongles son fils impliqué dans les affaires opaques de la« Françafrique ». Comme épouse, elle fermera les yeux sur les travers de François Mitterrand.

Pour plus de détails, il suffira de lire les journaux et les déclarations dithyrambiques y compris de ceux qui l’ont combattue ouvertement ou sournoisement pour se faire une idée de son action. Quel drôle de pays faisons-nous ; à la fois capable de dénigrer une personne durant son vivant et de l’encenser lors de sa disparition. Reconnaitre la valeur d’un être humain semble rester un exercice difficile notamment pour les adeptes de droite comme de « gauche » de la pensée unique.

Durant toute sa vie, elle a su, parfois avec véhémence, défendre et porter les valeurs morales du socialisme, défendre les valeurs des droit de l’Homme y compris en s’opposant aux « arrangements » des pays Occidentaux. Ceux qui eurent la chance de la croiser se souviendront d’un regard malicieux rempli d’Amour, de détermination et d’humour caustique. Pour celles et ceux adeptes d’une gauche démocratique et de transformation sociale, elle restera non pas une icône, mais un de ces exemples à suivre. L’esprit de ses engagements demeure à jamais lié à l’image de cette France républicaine fondatrice des Droits de l’Homme.

Au moment où dans cette Ve République en fin de vie la conjointe de l’hôte de l’Elysée se voit reléguée à jouer les Barbies chantonnantes pour cause de bling-bling, nous pouvons sans trop nous tromper vous dire : Au revoir Madame la Présidente…

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