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La démocratie du colibri

  • Un Oeil Sur Villemur
  • Politique

La démocratie voudrait que le peuple souverain détienne le pouvoir. Le pluralisme des opinions, le droit de vote sont-ils gages de démocratie ?

Combien d’entre nous pensent que les élus en général n’ont que faire des électeurs hors des périodes cruciales ?

Combien ne votent plus, désespérés d’influer si peu  la vie publique du pays ?

Combien taxent nos politiques d’opportunistes ?

 

Réducteur le vote ?

Une démocratie ne peut se réduire au droit de vote d’autant qu’à chaque scrutin on s’interroge sur le désintérêt des citoyens.

Combien de non inscrits dans nos villes et campagnes ? Rejettent-ils le principe démocratique ou sa portée ?

Combien de non inscrits involontaires, SDF privés de leurs droits civiques dans cette société de plus en plus inégalitaire.

Des citoyens se déplacent jusqu’aux bureaux de vote pour glisser dans l’urne un bulletin rayé, deux différents …

Ce vote nul mais exprimé  se veut contestataire, c’est un moyen anonyme de montrer son désaccord.

D’autres votent blanc, on voudrait d’ailleurs le comptabiliser parmi les exprimés ce vote blanc. Exprimés pour accroître le taux de participation, exprimés en courant le risque d’acter la défiance du peuple, exprimés pour détourner les électeurs de ces petits candidats qui prétendent rivaliser dans la cour des grands ?

Ainsi, l’élection se vide peu à peu de son essence démocratique.

 

Face à l’attractivité des « petits » partis on a découvert le vote utile pour tenter de nous culpabiliser, de nous faire croire que nous étions irresponsables de ne pas faire confiance à ces élus aux indéniables compétences, ces élus prêts en périodes électorales à prendre conscience de la nécessité de certaines réformes, prêts à faire ce qu’ils n’ont jamais fait en étant au pouvoir et qu’ils ne feront d’ailleurs pas quand on le leur aura à nouveau consenti.

Soyons surs que le vote utile c’est avant tout celui qui correspond à nos aspirations, ne nous renions pas, c’est cela faire vivre la démocratie.

 

Egalité ?

C’est donner à tous la possibilité de s’exprimer et d’être représentés.

Pour arriver à siéger dans des instances élues il faut généralement appartenir à un parti politique représentatif, tout le monde n’accepte pas cette tutelle, source parfois du reniement de convictions personnelles...

Une campagne politique c’est un investissement financier important qui ne sera pas à la portée du modeste citoyen.

Au niveau professionnel il faut bénéficier d’une liberté de présence certaine.

Le statut de l’élu a certes dernièrement évolué mais il est encore loin de permettre l’accès à un mandat au petit employé, à l’ouvrier, au fonctionnaire de base, au petit artisan ou au petit agriculteur…

Il reste beaucoup de travail pour assurer une réelle représentation du peuple dans nos instances dirigeantes, il reste du travail et une volonté active…

http://www.amf.asso.fr/document/fichier.asp?FTP=AMF_statut_elu_local.pdf&ID_DOC=7828&DOT_N_ID=35

Imagination, innovation, vécus et expériences de terrain pourraient bousculer, redynamiser un univers d’experts ancré dans ses certitudes.

 

 

Partipative ?

Les citoyens se sentent tellement éloignés des prises de décision qu’ils ne rêvent même plus à cette démocratie participative tant mise en avant, tant prônée, inscrite dans les textes et si peu vivante.

A croire que la rendre effective fait peur aux élus, qu’ils craignent qu’elle n’empiète sur leurs prérogatives, qu’elle soit une concurrence à cette démocratie représentative qu’on leur accorde par un mandat qu’ils privatisent de fait.

Comment peuvent-ils s’arroger le droit de tout décider en faisant bien souvent fi de l’intérêt général.

L’intérêt général, quel est son poids face aux intérêts particuliers, aux intérêts privés.

La finance

Les puissances économiques dominent nos idéaux.

Les marchés financiers mettent la démocratie sous  tutelle.

L’argent n’est plus un moyen mais une fin, un objectif qui permet d’avoir une emprise sur tout.

Les états sont débordés par la financiarisation, quelques élus tentent partout de gérer les dégâts sociaux, les inégalités croissantes dans les domaines de la santé, du travail, de l’éducation, de la justice …

Quelques élus tentent, pendant que d’autres, s’abritant derrière une situation internationale compliquée veulent faire croire à leur impuissance. Une unité de pensées et d’actions mettrait à mal bien des diktats financiers et des idéologies devenues dominantes.

Travailler collectif localement relève de l’utopie alors oser penser que ce serait possible nationalement et plus encore…

 

Le réveil

Nous devons cesser d’être des consommateurs de décision prises pour nous.

Le partage du pouvoir devient une exigence.

Jaurès disait « On ne parle que de droit ! Si l’on parlait de devoir ? »

Nous pourrions être parfois tentés d’inverser la phrase,  on nous parle sans cesse de nos devoirs, qu’en est il de nos droits ?

Droit de proposer, de questionner, de participer, de s’opposer.

 

Nous n’avons pas tous des facilités d’expression, d’ailleurs il en va de même avec ceux qui se croient experts. Nous avons des difficultés pour transcrire avec émotion nos sentiments, les idées qui nous sont chères. De leur côté, nombre de notables paient avec l’argent public, des « nègres » pour leur écrire des discours dont la profondeur leur échappe parfois.

Refusons l’instrumentalisation qui prétend dans nos sociétés que ce qui est valable vient d’en haut.

 

Le fatalisme nous rend impuissant.

 

Nous avons, nous, une force, celle de ne pas être imbu de soi-même, nous sommes prêts à discuter,  à confronter nos idées, à nous impliquer socialement, cette sociabilité fait tomber bien des frontières, bien des clivages, bien des craintes.

Bien sur, nous sommes encore en démocratie, mais va-t-il falloir entrer en résistance parce que l’indignation ne suffit plus.

 

Parce que l’indignation ne suffit plus à endiguer les exclusions économiques, parce qu’il ne peut y avoir dans une société démocratique des « exclus » et des « insérés », insérés par le seul pouvoir de l’argent.

L’argent devient indispensable même pour se présenter à un scrutin dans un pays démocratique. Il faut dès à présent savoir : la souveraineté vient-elle du peuple ou de l’argent ?

 

Réfléchissons, refusons d’être stigmatisés parce que nous osons poser des questions.

 

Ne nous décourageons pas, songeons à l’histoire du colibri …

Ce si joli petit oiseau porte de l’eau dans son bec pour éteindre un immense feu de forêt. Le tatou l’observe et lui demande dubitatif : « - Mais que fais tu, tu ne vois pas que cela ne sert à rien ?

- Peut être répond le colibri, mais je fais ma part … »

Que se multiplient les colibris !

 

Marie-Gabrielle Gimenez

 

 

 

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L'actualité ne dément pas vos propos même si les médias classiques sont très embêtés car les dossiers sont trop "lourds" pour ne pas être évoqués. J'invite les colibris a surfer sur le net et<br /> notamment sur les sites d'information indépendants qui eux n'ont pas peur de se mouiller. A l'image de cet article publié sur Médiapart qui donne tout son sens à la Démocratie:<br /> http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/040413/pour-un-choc-local-de-confiance-et-de-transparence<br /> <br /> Ingrid Terrancle, élue, serviteur intègre de votre commune.
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